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Jours sombres

Crise grecque : nos comptes en banque sont-ils en danger ?

Le Premier ministre grec, George Papandreou, a annoncé ce mercredi qu'il serait prêt à démissionner pour former un gouvernement d'union afin de sauver le plan d'austérité. La crise grecque pourrait devenir le déclencheur d'une faillite en cascade de certains Etats européens. Pour Philippe Herlin, le moment est venu de se poser la question de la solidité de nos banques.

Philippe Herlin

Philippe Herlin

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.

Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012) et de La révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires : une solution pour échapper au système bancaire et à l'euro ? chez Atlantico Editions.

Il tient le site www.philippeherlin.com

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La Grèce ce n’est rien. Juste un symptôme de la crise de l’endettement que nous sommes en train de vivre. L’endettement public, qui a explosé dans le monde depuis 2008, comme l’endettement privé, qui reste contaminé par l’explosion de la bulle immobilière. Et toutes ces créances se trouvent dans les bilans des banques, européennes et américaines. La Grèce n’est pas la cause de la crise qui menace, juste un déclencheur, toute comme Lehman Brothers était le déclencheur de la crise des subprimes.

Peut être, sans doute, arrivera-t-on à sauver temporairement la Grèce, mais derrière il y a l’Irlande et le Portugal, guère en meilleure posture. Et pour ces deux pays le risque systémique est encore plus grand : le système financier irlandais est très interconnecté à celui du Royaume-Uni, pour des raisons historiques et culturelles, de même que celui du Portugal à l’Espagne, conséquence : si l’Irlande saute, le Royaume-Uni plonge, si le Portugal saute, l’Espagne plonge. Et là ça devient ingérable. D’ailleurs l’Espagne sautera-t-elle peut être toute seule à cause de sa gigantesque bulle immobilière. Peut-être le déclencheur sera-t-il la faillite de banques de ces pays (les banques grecques sont désormais notées CCC, quel esprit sensé y laisserait encore ses économies ?).

Trois banques françaises sont menacées de dégradation par Moody’s du fait de leurs engagements en Grèce. Qu’en sera-t-il si d’autres pays européens connaissent des difficultés ? Et derrière, en ligne de mire, il y a le AAA de la France…

La Grèce n’est pas la cause de la crise qui menace, juste un déclencheur

Aux Etats-Unis, le débat au Congrès pour relever le plafond d’endettement s’embourbe, tandis que personne ne sait qui achètera de la dette US si la Fed stoppe son quantitative easing en juin comme prévu, ou quelles en seraient les conséquences délétères si elle le prolongeait (hyperinflation ? encore plus de bulles sur les matières premières et le marché action ?). Depuis l'automne dernier la Fed a épongé 70 % à 80 % des emprunts émis par l'État fédéral pour financer son déficit. Voici le niveau des enjeux…

Pour la Grèce, des plans sont sans cesse annoncés puis repoussés à une date ultérieure : les dirigeants des grands pays européens semblent perdre la main, paniquer peut être. Aux Etats-Unis la situation semble également bloquée. Normalement des solutions seront trouvées, on devrait passer l’été. Ceci dit, un conseil, si vous partez loin en vacances, emmenez du cash, ça peut servir. Le livre « La jour où la France a fait faillite » de Philippe Jaffré et Philippe Riès, paru chez Grasset en 2006, commence comme cela, un Français veut payer ses vacances dans un hôtel de Pékin mais sa carte est refusée, les banques locales viennent de stopper les paiements avec les banques françaises suite à un début de défaut de Paris sur sa dette publique.

Il faut désormais penser à la sécurité de ses propres économies.

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