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L'explosion de la crise de la dette est-elle inéluctable ?
L'explosion de la crise de la dette est-elle inéluctable ?
©Reuters

C'est la crise finale !

Y a-t-il vraiment des mesures qui pourraient nous sauver de l'explosion finale de la crise de la dette ?

La crise de la dette n'en finit pas de contaminer les pays et les banques. Alors que les mesures précédentes, "sommets de la dernière chance" et autres pactes de stabilisé n'ont fait que retarder l'inéluctable,

Bruno Bertez

Bruno Bertez

Bruno Bertez est un des anciens propriétaires de l'Agefi France (l'Agence économique et financière), repris en 1987 par le groupe Expansion sous la houlette de Jean-Louis Servan-Schreiber.

Il est un participant actif du Blog a Lupus, pour lequel il rédige de nombreux articles en économie et finance.

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Le fléau tomba un jour en 1347 en Italie. De là, il passa en France, en Angleterre, en Allemagne et jusque dans les pays du Nord… En 1347, Mars et Jupiter évaporèrent une grande quantité de molécules, les matières terreuses n’étant plus soutenues, des vents violents répandent avec eux l’infection mortelle… On peut connaitre par quels signes s’annonce l’épidémie. L’hiver trop chaud, l’été trop froid, les pluies de grenouilles, les tremblements de terre.

-  Document de la Faculté de Paris sur la Grande Peste de 1348.

Les perspectives sont terrifiantes. Mais nous l'avons appris entre l’été 2006, 2007 et l’été 2008, quand la terrible mécanique de la crise s’est enclenchée.

Ce que nous listons ci-dessus ce sont les trois dates clés de révélations, d’émergence de la crise. De cette crise qui a débuté sous la forme, la manifestation, le symptôme d’une crise dite des Subprimes. De cette crise dont l’inénarrable Bernanke a dit qu’elle était contenue. De cette crise soit disant maîtrisée, ce dont le G8 peu de temps après s’est glorifié. « We saved the world from disaster », ont-ils eu le culot d’annoncer !

De cette crise dont, en France, Sarkozy a affirmé qu’il avait sauvé les Français en décembre dernier… De cette crise… dont Hollande prétend avoir la clé en créant encore plus de dettes… De cette crise nous arrêtons l’énumération car nous pensons que vous avez enfin compris qu’elle était là pour durer, s’amplifier, muter, s’aggraver.

De cette crise dont on n’a jamais osé vous faire le diagnostic car si le diagnostic en était fait tous les remèdes tomberaient à l’eau et avec cela tout le pouvoir des charlatans qui s’autoproclament responsables à la faveur de scrutins démocratiques tronqués.

La vérité est que le diagnostic est simple, lumineux ; la crise est une crise d’excès de crédit, de surendettement généralisé, d’insolvabilité généralisée. Une crise globale. Globale car le système bancaire et financier mondial est totalement imbriqué, les soi-disant actifs des unes sont les dettes des autres ! Une crise générationnelle qui comme l’amitié de Chirac et Balladur date de 30 ans.

Une crise dont Lawrence Summers, conseiller d’Obama, a dit que nous avons fait trop de tout : trop de crédit, trop de confiance mais il n’y a qu’une solution, en faire encore plus !

Une crise qui, comme la petite bête, monte, monte ou mieux comme les taupes creuse ses galeries, mine tout jusqu’à l’effondrement final.

Tout à débuté par une crise du crédit, nous disons bien une. La crise du crédit immobilier. Puis il y a eu la crise du crédit du refinancement bancaire. Puis il y a eu la crise du crédit souverain, le crédit des états périphériques européens, puis il y a la crise des états souverains voisins des périphériques, crise de ceux qui viennent en aide aux pestiférés.

Ce n’est que le début : Pourquoi en sommes nous sûrs ? Parce que sur le chemin suivi il n’ y a pas de marche arrière dès lors que l’on commet sans cesse les mêmes erreurs : augmenter l’endettement global.

La mécanique infernale est lancée : l’endettement ne cesse de croître, il est un obstacle à la croissance , la production de richesse croit moins vite que l’endettement global par conséquent le système devient de jour en jour de moins solvable.

Dette extérieure (publique et privée)

On a fait sauver le marché hypothécaire et les banques par les gouvernements, on est en train de tenter de sauver les gouvernements par les banques centrales et quand on aura fait le tour, quand le dernier rempart, le crédit des banques centrales sera épuisé, démystifié, alors ce sera la fin de la phase actuelle, l’enfoncement de la dernière ligne de défense.

On tient encore sur le mythe du risk-off c’est à dire sur l’idée que face au risque généralisé il y a un refuge, un sanctuaire c’est le papier, la monnaie émise par les banques centrales FED, BCE, et le papier des govies dont on ne craint pas la faillite, les Etats-Unis et l’Allemagne.


Bilan comptable en pourcentage du PIB

Inflation et taux d'intérêt en Allemagne

L’enjeu de la phase actuelle est terrible, en particulier en Europe. L’enjeu c’est le sanctuaire Allemand. Les pestiférés n’ont rien à perdre, apres eux le déluge, ce qu’ils veulent c’est entrainer l’Allemagne dans leur chute. L’Allemagne sous la pression conjointe des pestiférés, des états en bascule comme la France, sous la pression des gauches sociales démocrates, sous la pression des anglo-saxons doit céder, elle doit rallier le grand mouvement général de dérive, de softening.

Elle doit accepter ce que l’on présente comme une politique de croissance et qui n’est en réalité qu’une politique de fuite en avant dans la dette et l’avilissement monètaire.

La BCE est déjà plus en leverage que Lehman Bros, qu’importe il faut aller plus loin, augmenter le bilan de la BCE , faire baisser l’euro, trop allemand, trop fort, le mettre la ou les inflationnistes le veulent, au niveau du franc français, puis de la lire italienne etc etc . L’Allemagne doit contracter la peste voila l’enjeu des soi-disant affrontements européens.

Plafonds de dette aux Etats-Unis depuis 1981

Pour nous il y a peu de doute, les inflationnistes vont gagner, les pestiférés et les « en attente d’être pestiférés » vont l’emporter. Pourquoi ? Parce que le ver est dans le fruit, le cheval de Troyes conjoint des Gauches sociales démocrates, des fausses droites et des banques que l’on appelle improprement d’investissement et que l’on devrait appeler banques de spéculation, ce cheval de Troyes à trois pattes est en place. La prise du dernier bastion, le bastion allemand n’est qu’une question de mois, 12 mois, 18 mois peut être !

Paul Krugman :

"Il faut une inflation à 4% en zone euro”

En adoptant une discipline raisonnable et en acceptant une inflation modérée pour la zone euro, ce serait la voie de sortie” souligne-t-il. Il insiste sur la collaboration de l’Allemagne. “On a vu que les positions du pays sur la question sont en train d’infléchir, suite aux récentes discussions” précise-t-il. Selon l’économiste, l’Allemagne doit accepter une inflation à 4,5% pour 4% dans la zone euro dans son ensemble. C’est la seule manière selon lui de restaurer la compétitivité des pays de la périphérie, perdue depuis la création de l’euro il y a dix ans.

La situation n’est guère plus enviable aux États-Unis. Là-bas on est sur le petit nuage électoral de l’apparence d’une embellie conjoncturelle provoquée par le crédit d’état, crédit étudiant et crédit auto subventionné, avec des chiffres totalement faux, faits à la main sur l’emploi et l’inflation.

L’heure de vérité, aux Etats-Unis, viendra début 2013 quand le fiscal va se dérober sous les pieds de la conjoncture. Les rabais fiscaux et sociaux expirent, les taxes augmentent, on va prélever au moins 2% du PIB ! Bien entendu le politique va vouloir aller plus loin dans le laxisme, il va tenter tous les subterfuges, les compromissions et les compromis pour éviter la falaise fiscale.

Alors le choix sera simple, binaire :

  • Ou la falaise fiscale reste une vraie falaise et c’est la récession qui aggrave l’insolvabilité du système bancaire et financier et fait chuter les bourses bullaires.
  • Ou la Fed se dévoue et refait un round de mesures dites non conventionnelles c’est-à-dire de dégradation de son bilan.

Dans les deux cas, on se rapproche de l’échéance, on franchit une nouvelle étape sur le long chemin de la destruction, de cette destruction que l’on a refusé en 2008 et qui sera inéluctable mais aggravée au centuple d’ici quelques années.

Sur le chemin emprunté, il n’ y a pas de retour . Pas de marche arrière, dès 2008, nous l’avons écrit : “Le monde global a brulé ses vaisseaux.”

Rassurez-vous. Car comme nous le disons souvent le seul Pouvoir de ceux qui prétendent exercer le Pouvoir n’est que de retarder l’inéluctable. C’est déjà cela.

Ne rêvez pas de gagner, de vous enrichir, de même de défendre vos biens, vos économies, ne rêvez même pas de maintenir le pouvoir d’achat de vos retraites, ils ne laisseront rien derrière eux , ils iront jusqu’au bout de vos ressources.

En 2008 nous avons connu une crise du Crédit, ce qu’ils nous préparent, c’est la crise du Crédit au sens fort, vrai sens, la crise de Confiance.

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