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espoir crise du Covid-19 relance de l'activité entreprises dettes
©Pieter STAM DE JONGE / ANP / AFP

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Crise, Covid, activistes, emploi : les 7 vraies raisons d’être optimistes

Des politiques aux experts de la médecine, le débat continue d’être confisqué par le pessimisme. Pas de place pour l’espoir d’en sortir. Tout se passe comme si la mauvaise nouvelle chassait la bonne. Tout va mal. Et pourtant, il existe des vraies raisons d’entrevoir un avenir plus rassurant.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Dans le concert de pleurs et l’inflation de critiques quant à la façon dont est gérée la crise, il existe pourtant des facteurs de reprise et des raisons d’y voir plus clair. Notamment depuis un mois. Les perspectives ont changé. Alors, ce qui manque cruellement, c’est un agenda et personne ne peut dire exactement quand on sortira de ce climat glauque et qu’on reviendra à une vie normale. Une vie sociale, professionnelle et personnelle.  

Que les membres du gouvernement aient fait toutes les erreurs possibles quant à l’analyse de la pandémie, ses origines, son évolution et sa gravité, c’est une évidence. Que les médecins et tous les experts scientifiques aient passé plus de temps à prouver qu’ils avaient raison les uns contre les autres n’a pas amélioré le climat, c’est aussi évident.

Qui, dans le monde, est capable de dire qu‘il ne s’est pas trompé ? Quel pays peut présenter un bilan de sa gestion meilleur qu’un autre ? Objectivement, aucun n’aura été meilleur que les autres et si on souhaite établir un bilan, il faudra attendre la fin et compter les morts tout en évaluant les dégâts collatéraux.

Ce qui est étonnant, c’est qu‘il existe des tendances lourdes, des faits et des chiffres, des situations qui permettraient de penser que la fin de crise n’est pas une utopie ou un fantasme.

Les médecins sont incapables de dire si le confinement est utile ou pas, mais ils savent que si on bloque la mobilité des humains et qu’on les isole, on bloque la circulation du virus. Et un virus qui ne circule pas est un virus qui ne se reproduit pas, donc il disparaît.

Les chefs d’entreprise ne connaissent ni le bout du tunnel,  ni ce que va décider le gouvernement lui-même tributaire du virus, mais les chefs d’entreprise sont étonnement adaptables et réactifs aux situations rencontrées.

Les boursiers, les financiers, les investisseurs ont en général une capacité d’anticipation extrêmement pointue et anticipent la crise et son évolution pour se mettre à l’abri. Ce qui est étonnant dans la crise actuelle, c’est que le monde de la finance n’a pas paniqué. Au contraire, tout le monde a toujours affirmé que la crise allait bien s’arrêter un jour et qu’il fallait s’y préparer. Depuis le début de cette année 2021, les boursiers ne sont pas euphoriques mais tous préparent aujourd'hui la sortie de crise et la majorité prévoit même une fin d’année historique.

Il faut dire que les conditions dévolution et les perspectives ont changé. À commencer par le président de la République qui s’est affranchi de l’anxiété distillée par son comité d’experts.

Il existe aujourd’hui de vraies raisons d’être optimiste. Au nombre de 7.

La première raison : le vaccin. Il y a encore trois mois, personne dans le monde n’imaginait sérieusement disposer d’un vaccin avant plusieurs années. Or, dès le mois de novembre, le premier vaccin est arrivé, suivi par d’autres en décembre, comme un cadeau de Noël. Alors bien sûr, ils ne sont pas disponibles en grand nombre, ils ne sont pas acheminés, ils comportent tous une légère inquiétude, mais des problèmes de logistiques et de pénurie sont gérables et ils seront gérés. L’important, c’est que les vaccins existent et on sait tous que c’est la seule solution pour retrouver une vie normale, y compris dans les secteurs les plus affectés comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, les musées ou les théâtres. C’est une question de temps pour que le nombre de personnes vaccinées soit suffisamment important et que l’on considère que l’immunité collective soit installée. La perspective réelle de traitements ajoute de l’assurance à ce que nous apporte le vaccin.

La deuxième raison, c’est la politique de testing, puis de traçage et d’isolement beaucoup plus stricte et plus systématique qui semble être mise en place. Parce qu’en attendant la campagne de vaccination qui prendra du temps, la reconnaissance des cas positifs, la mise à l’isolement des cas contaminés et des cas contact permettra de laisser en liberté les hommes, les femmes et les enfants qui ne sont pas porteurs du virus. Si on met à l’isolement les humains qui sont malades et surtout ceux qui sont positifs asymptomatiques, on pourra redémarrer la vie sociale avec ceux qui sont inoffensifs. Tout cela veut dire qu’avec le vaccin et les tests, on pourrait rouvrir les musées, les restaurants, les théâtres et les cinémas.

La troisième raison porte sur la situation économique dont on va découvrir qu‘elle est moins catastrophique que certains l’expliquent. D’abord, parce que le système n’a pas été abimé. Il peut repartir très vite et très fort, dès que la confiance sera revenue. A noter qu’en 2020, le PIB a perdu 9% de richesses. Mais actuellement, le système de production tourne à 95% de sa capacité. Ça n’est pas négligeable. D’autant que le pouvoir d’achat n’a pas été hypothéqué et les emplois ont été protégés grâce à l’assurance chômage. Alors certains secteurs sont très sévèrement atteints, il va donc falloir les soutenir et les accompagner. Certains secteurs sont pratiquement coulés parce que les entreprises étaient déjà malades avant. Il va falloir décider si ces entreprises sont sauvables ou pas, parce que la crise les a fracassées sur le mur des réalités auxquelles elles ne s’étaient pas préparées.

La quatrième raison de ne pas craindre l‘avenir se cache dans le stock d’épargne constitué par les consommateurs et par les entreprises. Les particuliers ont, en moyenne, sauvé leur pouvoir d’achat mais ont cessé de dépenser, donc ils ont épargné. Sur les seuls livrets A, ils ont entassé plus de 200 milliards d’euros. De l’épargne liquide et disponible, sans compter l’assurance vie et les comptes courants. L’épargne disponible en France est considérable. Cette épargne peut aller en dépenses de consommation à rattraper et en investissements, si on sait l’attirer vers le risque de l’entreprise.

La cinquième raison, c’est l’appartenance à l’Union européenne. Malgré ses disfonctionnements, ses lourdeurs, l’Union européenne et surtout l’euro existent et réassurent les modèles nationaux. L’Union européenne sert de porte-avion pour naviguer sur les marchés mondialisés, sert de force de frappe ou d’intimidation dans le duel avec les pays les plus riches du monde (Usa et Chine). L’Europe sert de caisse de garantie pour chaque Etat membre. A noter, mais c’est un détail, près de 80% du commerce extérieur pour chacun des pays membres se fait en euros à l’intérieur de la zone euro.

La sixième raison, c’est l’incroyable résilience des entreprises françaises dont la plupart ont réussi à s’adapter à la situation et s’engager très vite dans les mutations digitales ou écologiques. La crise a formidablement accéléré le mouvement. D’où la difficulté de toutes les entreprises qui étaient tres en retard et qui vont se retrouver rejetées hors du jeu.  

La septième raison, c’est qu’il n’y aura pas de crise de la dette, pas plus que d’augmentation d’impôts ou d’annulation de dette, comme le pensent déjà certains politiques.

La France, comme beaucoup de pays occidentaux, s’est considérablement endettée (120% du Pib). Il faudra rembourser cette dette parce que toute annulation de dette publique est impossible à imaginer. Pas seulement parce que la règle européenne nous l’interdit, comme le dit Mme Lagarde, la présidente de la BCE, mais parce que nous perdrions toute crédibilité et toute possibilité de s’endetter ultérieurement. Ajoutons que l’annulation de la dette en euros reviendrait à faire exploser l’euro.

Il faudra donc la rembourser et ça ne se fera pas en augmentant les impôts parce que le système économique tomberait dans le coma. Comme en Grèce quand on s’est entêté pour lui faire régler ses vieilles factures.

En réalité, la persistance des taux zéro vont, après le Covid, jouer le même rôle que l’inflation après la guerre quand il s’est agi de payer les emprunts qui ont servi à financer la reconstruction. Les taux zéro ou négatifs ont l’immense vertu d’alléger nos charges financières alors qu’on s’endette. Mais ça n’est pas tout, les taux zéro ou négatifs nous permettront de rembourser moins de capital qu’on en a emprunté. Bref, avec un peu de croissance et une modération des dépenses publiques, on doit pouvoir, grâce aux taux négatifs, raboter mécaniquement notre stock de dette.

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