Covid : Patronat et syndicats inquiets des mesures qui seront proposées par le conseil de sécurité sanitaire... | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Le président Emmanuel Macron préside un Conseil de défense sanitaire au Fort de Brégançon avec Olivier Véran, le 11 août 2021.
Le président Emmanuel Macron préside un Conseil de défense sanitaire au Fort de Brégançon avec Olivier Véran, le 11 août 2021.
©ERIC GAILLARD / POOL / AFP

Atlantico Business

Covid : Patronat et syndicats inquiets des mesures qui seront proposées par le conseil de sécurité sanitaire...

Conseil de sécurité et conseil des ministres sous haute pression. Alors que le nombre des contaminations dépasse déjà les 100 000 cas par jour, le patronat et les syndicats s’attendent à un durcissement des conditions.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio »

Le patronat et les syndicats ont été consultés discrètement par lexécutif sur les mesures quil va falloir prendre pour freiner laugmentation des contaminations au variant Delta et à larrivée très rapide de son successeur, le variant Omicron.

Le conseil de sécurité sanitaire va examiner aujourd’hui en détail, la situation sanitaire telle quelle se présente en cette fin dannée et qui est très différente de ce quelle était au début du mois de décembre. Les termes de l’équation sont finalement très simples :

1e : le nombre de contaminations augmente très, très vite. Plus de 100 000 actuellement par jour, sans doute 200 000 début janvier, 2 millions par jour vers le 15 janvier.  

2e : ces contaminations massives nentrainent des cas graves que pour les sujets à risque ( personnes âgées et comorbidité) et les non-vaccinés. Pour la grande majorité des autres cas, la contamination est asymptomatique ou alors provoque une simple fièvre et des indispositions du même type que celles dune grippe assez classique. Dans ces conditions, normalement il ny a pas de risque dencombrement dans les hôpitaux pour cause de Covid.  Si les hôpitaux sont gênés, cest à cause du manque de personnel. Et pour cause...

3e : le protocole mis en place par les services de santé, et repris par le conseil de sécurité sanitaire, préconise un isolement total de 14 jours pour les cas positifs et de 7 jours pour les cas contacts de cas positifs.

L’état des lieux est donc très facile à établir. Mais la situation va devenir insupportable à la vie sociale et économique.  Parce que si ce protocole est appliqué à la lettre, il conduit tout droit à une désorganisation de la société. Comment imaginer le fonctionnement normal des entreprises et des services publics dans un pays ou plus de 20 millions de sujets seraient « cas-contact » et par conséquent, placés à lisolement ?

À Lire Aussi

La Covid a ouvert la porte aux arnaques financières et les Français sont tombés dans le panneau

De nombreux secteurs dactivité sont dores et déjà perturbés par le manque de personnel et par labsentéisme croissant pour cause de Covid. Qu’en sera-t-il si les entreprises sont obligées de ralentir pour cause dabsentéisme? Le télétravail, ça passe dans certains cas mais avec en plus, le risque dune vague darrêts de travail, ça ne passera plus. Cest le cas dans le transport où les conducteurs de bus ou de train viennent à manquer. Idem dans le bâtiment et surtout dans la restauration et lhôtellerie.  

Les organisations patronales sont très prudentes parce quelles craignent des blocages et nosent pas le dire trop pour ne pas paniquer les clients. Quant aux syndicats très présents dans les services publics, ils restent très discrets sur la situation des personnels. Labsentéisme est déjà une maladie chronique de ladministration française. Lexécutif a donc beaucoup consulté pour prendre la fièvre et se retrouve assez désemparé.  

Depuis deux mois, il avait tout misé sur la vaccination en menaçant les non-vaccinés de les mettre en confinement de fait. Le passage du pass sanitaire au pass vaccinal, qui sera juridiquement acté par le Parlement début janvier, vise à rendre la vaccination obligatoire et rendant la vie des non-vaccinés insupportable.

Ça permettait de faire avancer la couverture vaccinale sans être obligé de rendre la vaccination obligatoire (ce qui sera le cas, dans les faits avec le pass vaccinal) mais surtout d’éviter d’appliquer des sanctions à ceux qui ne respecteraient pas lobligation. Ils se les appliquent eux-mêmes.

L’arrivée du variant Omicron, conjuguée à la vague Delta, a changé les règles du jeu en décuplant les cas positifs non graves, mais contagieux, et les cas contacts. Le résultat de cette nouvelle donne est davoir à assumer une situation qui confère au blocage.

À Lire Aussi

Le variant Omicron commence à s’attaquer à l’économie

Face au conseil de sécurité, lexécutif va devoir trancher entre deux stratégies.

Ou bien, il décide un confinement strict.

Ou bien il assouplit le protocole visant les cas contacts pour se concentrer sur les cas positifs.   

On peut aussi imaginer un compromis entre ces deux solutions extrêmes. Un compromis qui aurait le soutien des chefs dentreprise et qui reviendrait à accepter, dun côté un confinement de certaines activités très publiques (spectacles, réunions larges) et de lautre, un allègement de la contrainte disolement pour les cas contacts qui ne pourraient n’être astreints quà une obligation de testing quotidien pendant 7 jours.

Dans ce cas-là, seuls les cas positifs seraient soumis à lisolement ou une quarantaine de 14 jours.

À Lire Aussi

Pas de confinement mais la Covid pourrait entraîner 20 millions d’arrêts de travail en janvier

Le sujet vous intéresse ?

Mots-Clés

Thématiques

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !