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La conférence de presse est le passage obligé du président
La conférence de presse est le passage obligé du président
©Reuters

Du neuf ?

Conférence de presse de François Hollande : petites prédictions sur ce que le président va nous dire (et comment il va le faire)

François Hollande va donner sa première grande conférence de presse depuis les attentats de Paris. Un moment délicat pour un Président qui annonce rarement des décisions chocs et inattendues lors de ce genre d'événement. Les grandes orientations ont en effet déjà été révélées lors de ses précédentes sorties, ou même par ses ministres.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Arnaud Mercier

Arnaud Mercier

Arnaud Mercier est professeur en sciences de l'information et de la communication à l'Institut Français de Presse, à l'université Paris-Panthéon-Assas. Responsable de la Licence information communication de l'IFP et chercheur au CARISM, il est aussi président du site d'information The Conversation France.

Il est l'auteur de La communication politique (CNRS Editions, 2008) et Le journalisme(CNRS Editions, 2009), Médias et opinion publique (CNRS éditions, 2012).

Le journalisme, Arnaud Mercier

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Atlantico : François Hollande détonne par rapport à son prédécesseur par des conférences de presse avec peu d'annonces vraiment inattendues, et de nombreuses communications via la presse ou ses ministres. Que dire de la "méthode Hollande" ? Comment le président de la République fonctionne-t-il ?

Arnaud Mercier : François Hollande n'est pas dans l'annonce choc. Il a annoncé qu'il ne serait pas comme Nicolas Sarkozy et qu'il respecterait mieux les logiques de la Ve République. Il ne prétend pas annoncer des choses concrètes systématiquement, il essaie plutôt – sans trop de succès – de vouloir fixer un cap. Il ne rentre pas trop dans la matérialité de "l'action" gouvernementale. Cela pourrait être payant s'il y avait vraiment l'idée d'une direction claire, avec un Président portant une figure "surplombante". Mais avec le quinquennat les choses ont beaucoup changé. De facto le programme du président est le programme législatif. Cependant, une partie des Français garde cette nostalgie, c'est pour cela que l'on a considéré que Nicolas Sarkozy en avait "trop fait" (y compris dans son propre électorat). Mais François Hollande donne trop un sentiment de flottement, et la latitude qu'il laisse à ses ministres pour s'exprimer a généré de nombreux "couacs" assez préjudiciables.

Pour la conférence de presse d'aujourd'hui va chercher à surfer sur la vague du 11 janvier et va orchestrer l'action de l'exécutif à la fois autour de ce qui apparaît comme les réponses nécessaires à la crise vécue, mais aussi en amenant un état d'esprit de consensus peu marqué politiquement. Il entend faire le point sur la séquence dramatique qui se clôt et qui justifie la mise en œuvre de mesures et d'objectifs donnés dans les ministères. Il veut montrer ce fameux "cap" et afficher une cohérence dans son action.

Il s'agit de la cinquième grande conférence de presse depuis le début du quinquennant. Quelle image renvoie-t-il jusque-là lors de ces moments-clef de la communication présidentielle ?

Arnaud Mercier : Il y a une forme de "présidence normale" bien réelle. Il affirme aussi son leadership sur l'ensemble de l'exécutif en parlant avec tous les ministres à ses côtés et distribuant les satisfecit. Il met cela d'autant plus symboliquement en scène qu'on lui a reproché les petites phrases et les erreurs de certains ministres. Et enfin, il est dans une logique de complicité avec les journalistes, il ne donne jamais le sentiment de s'énerver même face à une question gênante. C'est flagrant dans ses conférences de presse.

Quelles techniques utilise-t-il lors de ces conférences très médiatisées pour éviter d'être clair sur un sujet qui le met en difficulté ? 

Arnaud Mercier : François Hollande adore les conférences de presse et se sent très à l'aise avec les journalistes. Il est très doué pour s'en sortir grâce à l'ironie, voire l'autodérision, ce qui n'est pas fréquent chez les hommes politiques. Il veut déminer les oppositions par des pirouettes humoristiques, faisant semblant de s'auto-flageller… tout en ne répondant pas à la question. De plus, l'exercice de la conférence de presse élyséenne lui permet d'éviter un traitement trop rude de la part des journalistes, car il n'y a pas de dialogue ou de droit de suite, comme sur un plateau de télévision. Et c'est lui qui distribue la parole, dans un contexte maîtrisé. 

Comment François Hollande se positionne-t-il quand il doit justifier dans une conférence de presse un renoncement à l'une de ses promesses de campagne, qui lui sont fréquemment rappelées ?

Arnaud Mercier : Honnêtement, le procès fait à Hollande est assez injustifié. Il revient assez peu frontalement sur des promesses, il y en a seulement qu'il ne fait pas. Mais dans un certain nombre de cas, il joue sur la durée restant de son quinquennat, et ne prétend pas qu'il ne tiendra jamais telle ou telle promesse. Finalement, à part la posture symbolique du "mon ennemi c'est la finance", il n'y a pas vraiment de renoncement frontal ou de changement d'avis annoncé, il est dans le "plus tard".

Au-delà de sa communication, et dans l'anticipation des mesures qu'il va annoncer dans sa conférence de presse, quelle est finalement la colonne vertébrale idéologique de François Hollande ? Comment peut-on le définir politiquement, et économiquement ?

Nicolas Goetzmann : En ne considérant que ses actes, et non pas ses discours, la dimension sociale-démocrate de François Hollande ressort pleinement. Il s’agit d’une version socialiste née du tournant de la rigueur de 1983 et qui a accouché du traité de Maastricht. Entre rigueur monétaire et "sérieux" budgétaire, cette approche économique domine l’Europe d’aujourd’hui, et s’exprime pleinement dans le pacte budgétaire européen. C’est l’Europe de la compétitivité. Les pères fondateurs, en France, sont Jacques Delors, Jean Claude Trichet, Pascal Lamy, et François Hollande en est l’héritier. François Hollande est donc, effectivement bien plus proche d’Angela Merkel que d’Alexis Tsipras.

Pourtant, la validité économique de cette approche a été balayée par les faits depuis 2008, et le marasme européen n’en est que le résultat. Pour simplifier les choses, il suffit de constater que les règles européennes issues de cette doctrine ont été inopérantes pour répondre à une crise de cette ampleur. Il ne s’agit donc pas d’en faire plus dans le même sens, mais de changer ces règles. En profondeur.

Eric Verhaeghe : Avec l'arrivée de Valls puis avec la loi Macron, Hollande a achevé la transformation radicale-socialiste de la gauche majoritaire. Alors qu'il a fait campagne sur de vieux thèmes plutôt post-marxistes (la lutte contre la finance, la pression fiscale sur les riches, la relance des emplois publics dans l'éducation, notamment), il assume enfin un virage très proche de celui enclenché par la gauche radicale au début du vingtième siècle : les Clemenceau et consors se retrouveraient en lui. Le programme radical-socialiste reposait d'ailleurs sur les mêmes principes que la doctrine Hollande actuelle: un libéralisme relatif, et en tout cas, une forme de bienveillance vis-à-vis du marché, une tolérance morale pour les revendications des élites mêlée à un rigorisme social pour les plus pauvres. Quand Najat Vallaud-Belkacem en appelle à une forme de rigidité dans les cours d'école sur la question de la laïcité, on retrouve bien les thèmes de la IIIè République, pour qui la laïcité était d'abord un instrument d'édification des foules. On peut juste estimer que la gauche actuelle a repris les mêmes outils, mais qu'il lui manque souvent le mode d'emploi pour en faire bon usage.

Les points sur lesquels François Hollande devrait s'exprimer

- Le service civique

François Hollande doit annoncer une extension probable du service civique. Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Patrick Kanner veut privilégier leur accès aux jeunes de banlieue. Le dispositif ne devrait cependant pas devenir obligatoire.

Eric Verhaeghe : Face au naufrage de la morale laïque en France, et face à la rupture dans la chaîne de transmission des valeurs, le Président de la République devrait assumer une sortie sans surprise sur la nécessaire éducation civique dans les banlieues par le truchement d'un service civique extérieure à l'école. Cette solution permet de faire l'impasse sur l'état de l'école laïque en France, qui est un gouffre financier et qui prend l'eau de toutes parts. Il est assez impressionnant de voir la tendance à l'oeuvre depuis plus de vingt ans en France: plus le temps passe, et plus les missions qui lui étaient confiées sont externalisées: l'éducation nationale n'assume plus ni l'équipement informatique (qui revient aux régions), ni la restauration des élèves, ni les activités péri-scolaires (que la réforme des rythmes a confiées aux communes). Malgré cela, et à budget inchangé, le niveau baisse, le taux de scolarisation aussi, et le nombre de décrocheurs ne diminue pas. Le bon sens serait de commencer par un diagnostic : pour les hussards de la République ne livrent-ils plus bataille pour transmettre les valeurs sur la base desquelles ils ont été recrutés?

- L'éducation

Dans le cadre du projet de lutte contre les inégalités scolaires porté par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, l'évaluation des capacités de lecture et d'écriture sera plus poussée au primaire et pourra entraîner une hausse du soutien scolaire en français. François Hollande avait rencontré jeudi 29 janvier plusieurs chefs d'établissement pour préparer son projet.

Eric Verhaeghe : Evidemment, c'est du blabla. Rappelons là encore que les évaluations en primaire ont été supprimées l'année dernière à la demande des enseignants. Faire et défaire... Nous avons un sujet de fond, qui est vrai: l'école fabrique des inégalités, confirme celles qui existent, et fige l'ensemble jusqu'à la fin de la vie. Cette réalité ne cesse d'empirer depuis 30 ans. Imaginer que la tendance peut être inversée par une mesurette improvisée en quelques jours est non seulement grotesque, mais inquiétant: cela montre que le personnel politique n'a pas envie de porter une réforme salvatrice de l'école. C'est vrai que c'est un sujet difficile, qui suppose d'affronter les forteresses syndicales et de se rendre impopulaire en rappelant aux enseignants que l'école n'a pas été inventée pour occuper des intellectuels désoeuvrés, mais que les enseignants ont été inventés pour rendre un service à la nation, celui d'éveiller les consciences, de transmettre les valeurs de la République et de permettre l'accès au savoir. Bref, il faudrait que l'Etat employeur fasse son job de remise à plat du service public de l'éducation.

- Les valeurs républicaines

Le thème a été annoncé comme un point central de l'intervention du président de la République. Les "valeurs républicaines" ont également été au centre du plan porté par Najat Vallaud-Belkacem. L'école s'annonce donc comme le principal objectif, avec en ligne de mire. En classe,  les rites républicains - hymne national, drapeau, devise - seront "expliqués" et "valorisés" afin de "rétablir l'autorité des maîtres".

Eric Verhaeghe : Là encore, on passe à côté du sujet, me semble-t-il, et on se complaît dans l'illusion que l'autorité des maîtres est une simple affaire de démonstration de force auprès des enfants issus de l'immigration. Or, si l'école est contestée dans les quartiers, c'est d'abord parce qu'elle n'est pas porteuse d'avenir. S'il suffisait de connaître la Marseillaise pour réussir dans la vie, ça se saurait, et le problème du décrochage scolaire serait réglé depuis longtemps. On préférerait que la ministre de l'Education Nationale travaille sur les vrais sujets qui explique la "désorientation" de l'école: les retards dans les apprentissages fondamentaux dès le plus jeune âge, qui s'achève par le décrochage scolaire par la faute duquel 150.000 jeunes se retrouvent chaque année à zoner dans les rues sans aucun diplôme. La DARES vient d'annoncer que le nombre d'entrées en apprentissage chutait dangereusement. Pourquoi ne pas annoncer un grand plan de relance de l'apprentissage, avec l'obligation pour chaque jeune de décrocher un diplôme par cette voie et une prise en charge gratuite de son salaire par l'Etat durant le temps de sa formation?

- La banlieue

François Hollande a consulté plusieurs élus de banlieue, parmi lesquels le communiste Philippe Rio, maire de Grigny (Essonne) et François Pupponi, député-maire PS de Sarcelles (Val-d'Oise). Il va faire des déclarations dans le cadre d'un thème "égalité des territoires entre villes et banlieues". François Hollande voudra ainsi rebondir "l'apartheid territorial, social et ethnique" évoqué par son Premier ministre Manuel Valls.

Eric Verhaeghe : Oui, la grosse blague de la banlieue va revenir, et bien entendu va faire l'objet d'un pipeautage habituel sur la politique de la Ville, la revitalisation urbaine, etc. Si l'on regarde le problème avec un peu de recul, on peut pourtant admettre que les banlieues sont nées de l'exode rural qui s'est massifié dans les années 50 et 60. En réalité, ce sont des extensions des villes, mais la géographie administrative n'ayant jamais été revue... on a créé des communes dortoirs à côté de nos villes centres historiques, dotées de moins de moyens et régulièrement conçues comme des ghettos. Il faudrait faire un jour l'histoire de l'habitat dans les banlieues communistes pour mesurer les ravages de l'idéologie marxiste dans l'apartheid français. Combien de maires communistes n'ont-ils pas construit de cités qui tournaient le dos aux autres villes, aux villes centres, pour être sûrs de garder leurs électeurs avec eux? Sur la question des banlieues, une seule mesure peut être prise: la fusion des communes, qui obligera à penser les banlieues en harmonie avec les centres autour desquels elles gravitent. Mais cela suppose, bien entendu, de supprimer des postes d'élus. Alors, consulter des élus communaux pour savoir s'il faut supprimer des communes... c'est évidemment se tirer une balle dans chaque pied. 

- Politique étrangère

Grande première : les sujets internationaux seront les premiers abordés lors de la conférence de presse, qui se tient au lendemain de la rencontre avec le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras. Sur les questions ukrainiennes, et surtout sur la lutte contre l'islamisme, le Président est sur la lancée du forum de Davos où il insistait sur le rôle de la France qualifié "d'avant-garde" et "d'utile au monde"

Eric Verhaeghe : C'est d'ailleurs assez fascinant! à une époque, la France se jugeait utile au monde parce qu'elle partait à sa conquête. Aujourd'hui, son utilité se mesure aux coups qu'elle prend. Dans tous les cas, la France, sauf en Afrique de l'Ouest, est suiveuse. En Ukraine, elle ne parvient pas à calmer l'Allemagne qui souffre sur les braises du conflit avec la Russie. En Grèce, elle ne parvient pas à prendre position ou à peser face à l'Allemagne pour encourager à l'investissement public. Au Moyen-Orient, la France a ruiné ses positions dans le monde arabe qui nous soutenait et n'est plus que le énième supplétif de l'armée américaine. Quel changement par rapport à l'époque de Villepin qui repositionnait la France dans sa grande tradition méditerranéenne en refusant de suivre les Etats-Unis dans une guerre en Irak qui a depuis longtemps prouvé son ineptie. Quelle catastrophe d'avoir affaibli le régime syrien alors que l'Etat islamique n'attendait plus que cela pour émerger ! Quelle est la vision stratégique de la France aujourd'hui, à part une obéissance aveugle à Angela Merkel? La France est devenue un satellite de la Prusse.

Nicolas Goetzmann : Alexis Tsipras en a plus fait en 10 jours pour "changer l’Europe" que François Hollande en près de 3 ans. Il suffit de mesurer le traitement médiatique réservé à Tsipras, et ce, au niveau mondial, pour s’en rendre compte. Jamais la crispation n’avait été aussi intense envers un dirigeant européen. Et le match attendu n’est pas Merkel – Hollande mais Merkel-Tsipras. La France n’a qu’un rôle mineur à jouer ici, ce qui met en exergue la situation politique actuelle au sein de la zone euro. L’Allemagne et les autres. Le Président Français a été immédiatement neutralisé par Angela Merkel, et ce, dès son élection. C’est le vide laissé par François Hollande depuis 3 ans qui produit ce résultat. Tout ce que peut faire François Hollande au cours de cette conférence de presse, c’est tenter de jouer sur les deux tableaux ; la fermeté vis-à-vis des règles d’un côté, et un soutien modéré à Syriza de l’autre. Etant donné qu’il ne maîtrise pas le résultat final … il va donc devoir jouer sur les deux tableaux pour essayer d’en capter les effets.

- Economie et banque centrale européenne

Se positionnant comme ayant inspiré la décision de la BCE sur le "quantitative easing", le Président garde cependant une distance avec la banque centrale pour laisser la lattitude à des réformes structurelles. Selon lui, les récentes décisions de la BCE "ne doivent pas nous empêcher de faire nos réformes" Il sera également attendu sur le chômage, où l'année 2014 a été pire que 2013. Le ministre du Travail, François Rebsamen, dévoilera d'ailleurs le 9 février un plan pour les chômeurs de longue durée.

Nicolas Goetzmann : Désormais, le jeu de François Hollande va consister à indiquer que le plan de relance monétaire mis en place par Mario Draghi est d’inspiration "progressiste". Et qu’il en est, au moins en partie, l’inspirateur. Mais il est important pour lui de ne pas trop insister pour une raison simple ; lorsque les conditions économiques commenceront à se rétablir, François Hollande va vouloir en bénéficier à plein. Il est donc primordial pour lui de pouvoir revendiquer la responsabilité de l’amélioration. Il pourra alors brandir le pacte de responsabilité, la loi Macron, ou n’importe quelle autre réforme. Peu importe finalement. Lorsque ce temps sera arrivé, il ne sera plus temps de féliciter Mario Draghi, mais de revendiquer. Si la croissance repart, si le chômage baisse etc…ce ne sera pas "grâce" à l’action de la banque centrale, mais en raison des "réformes structurelles" qui avaient été menées auparavant par le pays. Ainsi, il me semble que le Président ne devrait pas trop insister sur l’assouplissement quantitatif de la Banque centrale, simplement s’en féliciter, pour justement se réserver le bénéfice de ses effets, pour plus tard.

Eric Verhaeghe : Tout l'enjeu est de savoir si les réformes qu'il appelle de ses voeux relèvent de la cosmétique ou sont porteuses d'avenir. Par exemple, sur la réforme du marché du travail, que l'Allemagne exige de nous, je serais curieux de savoir ce qui est en préparation. Il était question de permettre aux entreprises de déroger négativement à la loi. Où en sommes-nous? La négociation interprofessionnelle qui devait le permettre a capoté à cause de l'opposition patronale à la contrepartie inévitable à cette possibilité nouvelle: le développement du syndicalisme dans les petites entreprises, pour négocier des accords défavorables. Dans ces conditions, on voit mal comment de grandes réformes pourraient intervenir: elles n'auront pas la légitimité suffisante pour passer.

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