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Comment réagir en cas de vol à main armée ?
Comment réagir en cas de vol à main armée ?
©Reuters

Bonnes feuilles

Comment réagir en cas de vol à main armée

Nicolas Kaci, policier de terrain, détaille dans ce guide tous les types de délits ainsi que les modes opératoires. Fort de son expérience, il nous prodigue ses conseils de "pro" pour se sortir des situations les plus délicates. Extrait de "Guide de prévention contre les arnaques, vols et agressions", publié chez Albin Michel (1/2).

Nicolas  Kaci

Nicolas Kaci

Nicolas Kaci, policier, a travaillé pendant plusieurs années en Police-Secours, effectué de nombreux stages en brigade anti-criminalité (BAC) avant de s'orienter vers un service ciblé dans la lutte contre la délinquance et l'anti-criminalité.

 

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Vol commis avec usage ou sous la menace d’une arme, soit par une personne porteuse d’une arme soumise à autorisation ou dont le port est prohibé. Aussi appelé braquage ou hold-up, le VMA est un crime, donc jugé par la cour d’assises.

Un traumatisme

Nous attaquons (c’est le cas de le dire) un chapitre très important de ce guide. La définition donnée ci-dessus mérite que l’on s’attarde sur quelques précisions. Tout d’abord, qu’entend-on par arme ?

Cependant, il faut que les voyous le sachent, braquer quelqu’un avec un pistolet, même en plastique, est considéré comme un vol à main armée car les personnes agressées ne sont pas censées savoir que le pistolet est faux et parce que le traumatisme subi est exactement le même qu’avec une véritable arme à feu. Un représentant de l’ordre, un bijoutier ou quiconque se fait braquer avec un « flingue » n’a pas le temps de se demander si c’est un jouet ou non ! Et, si vous prenez le temps de vous demander ce que vous feriez à sa place, il devient difficile de lui reprocher de tirer sur des criminels qui le menacent. À bon entendeur... Pour plus d’informations, voir le chapitre sur la légitime défense (p. 217).

Les cibles de ces criminels sont la plupart du temps des commerces de proximité comme des pharmacies, des boulangeries, des stations essence, des supérettes, des bijouteries de centres commerciaux, etc. Beaucoup plus faciles à braquer que les banques qui, elles, sont dotées de sas de sécurité, ces commerces sont quelquefois situés à proximité de « leur » quartier, ainsi la fuite en est plus aisée : trois pas et je suis chez moi.

La cible peut également être une personne, un gérant de commerce sur le chemin de sa banque pour déposer son « cash » par exemple. Les voyous opèrent souvent en binôme et montés sur des scooters ou des motos de grosses cylindrées volés ou maquillés (le Yamaha T-Max est fort prisé). Idéal pour se faufiler rapidement dans la circulation et semer les véhicules de police ou de gendarmerie.

Les chiffres

Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), les vols à main armée (sans arme blanche) enregistrés par les services de police et de gendarmerie en France métropolitaine, en 2013, sont au nombre de 5 234 faits. Ce qui nous donne environ 436 par mois, 101 par semaine, 14 vols à main armée par jour (sans arme blanche). Les vols avec arme blanche représentent, eux, 8 776 faits, soit 24 vols avec arme blanche par jour. L’ensemble de ces faits pourraient être regroupés dans une seule catégorie, mais les statistiques en ont décidé autrement.

Mes conseils

• Si vous êtes commerçant, pour limiter les préjudices, évitez de garder la recette trop longtemps dans votre caisse. Passez plus souvent à votre banque pour déposer de petites sommes.

• Quand vous en prenez le chemin, assurez-vous que vous n’êtes pas suivi et variez les jours et les heures, en empruntant des itinéraires différents à chaque fois.

Si cela vous arrive

• Voir « En cas de vol : les bons réflexes », p. 74.

• Ne jouez pas au héros. Les criminels qui commettent ce genre de forfaits sont en état de stress avancé, et la situation peut très vite dégénérer. Oui, mais l’arme à feu utilisée vous semble fausse ?! Et si vous vous trompiez... C’est votre vie qui est en jeu. Les services de police et de gendarmerie spécialisés dans la traque de ces criminels le savent très bien et n’interviennent jamais à chaud, c’est-à-dire en plein VMA Il est beaucoup plus facile et moins risqué de cueillir les bandits à froid chez eux, à 6 heures, dans la brume du petit matin. Quant aux services de sécurité des centres commerciaux, ils ont pour consigne de « faciliter » la sortie des voleurs : c’est-à-dire d’éviter qu’un client ne reçoive une balle perdue ou fasse l’objet d’une prise d’otage.

• Si vous êtes témoin, ne prenez donc aucun risque. Appelez le 17 si vous le pouvez, essayez de relever toutes les informations pouvant être utiles à la police ou à la gendarmerie : description du ou des criminels, tenue vestimentaire, signes particuliers, direction de fuite, à pied ou en véhicule... (voir p. 220), signalement du véhicule (voir p. 224).

• Bien sûr, portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie.

• Les conséquences des VMA sont bien souvent dramatiques pour les victimes : peur de retourner au travail, stress permanent, insomnie, etc. Chaque personne réagit différemment à la situation à laquelle elle a été confrontée : certaines en sortent indemnes, d’autres resteront traumatisées pendant des années. Même si, le jour de l’événement, vous ne ressentez rien de particulier et aucune appréhension à reprendre le travail, le lendemain vous pourrez être en totale panique à l’idée de retourner sur les « lieux du drame ». N’hésitez pas à parler de votre ressenti aux forces de l’ordre qui vous orienteront vers des médecins, des psychologues, des associations d’aide aux victimes. Parlez-en avec votre conjoint, vos collègues, votre meilleur(e) ami(e)... Le temps atténuera petit à petit (je l’espère pour vous) cette mésaventure.

Extrait de "Guide de prévention contre les arnaques, vols et agressions", de Nicolas Kaci, publié chez Albin Michel, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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