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Chavez : son cancer,
une arme politique ?
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Succession

Chavez : son cancer, une arme politique ?

Atteint d'un cancer, le président du Venezuela se soigne à Cuba. Il a délégué certains de ses pouvoirs pendant sa chimiothérapie. Peu préoccupé par sa propre succession, le leader charismatique pourrait retarder l'annonce de sa récupération complète pour éliminer toute concurrence crédible dans l'élection présidentielle de 2012.

Olivier  Dabène

Olivier Dabène

Olivier Dabène est professeur à Science-Po Paris, spécialiste, entre autres, de l’état de la démocratie en Amérique latine.

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Atlantico : Pourquoi Hugo Chavez a-t-il eu du mal à déléguer une partie de ses pouvoirs au vice-président Elias Jaua et au ministre des Finances et de la planification, Jorge Giordani ? Et pourquoi ce dernier, d'ailleurs ?

Hugo Chavez est un hyper-président qui s'estime investi d'une mission (mener à bien la révolution bolivarienne) et ne délègue aucune capacité de prise de décision.

Conscient que son traitement va l'empêcher d'être en mesure de gouverner à plein temps, il a enfin accepté certaines délégations de signature dans le domaine économique et financier. Déléguer à son vice-président est conforme à la constitution. Ajouter son ministre des finances est plus une reconnaissance de l'efficacité du ministre.

Hugo Chavez est-il réellement populaire ? Pourquoi ? 

Oui, le président Chavez jouit encore d'une grande popularité, principalement dans les quartiers populaires où ses politiques sociales (ses missions) ont amélioré le cadre de vie des Vénézuéliens (santé, éducation, logement, etc). Ce sont les revenus tirés des exportations de pétrole qui permettent de financer ces "missions". 


Qu'en est-il du gouvernement ?

Si Hugo Chavez reste populaire en raison d'une personnalité charismatique, les soutiens au gouvernement sont atteints par la hausse de l'inflation, la montée de l'insécurité et la crise du secteur énergétique (avec de régulières coupures d'électricité), qui touchent principalement les catégories modestes de la population, donc l'électorat privilégié du président Chavez.


Qu'est-il prévu en cas de départ trop long du président ? Et en cas de décès brutal ? Que se passera-t-il à votre avis ?

La Constitution prévoit qu'en cas d'incapacité, c’est son vice-président qui lui succède. Néanmoins, on voit mal l'Assemblée, dominée par les partisans de Chavez, le déclarer en incapacité physique de gouverner.

En cas de décès, il y aurait dans le pays un grand vide politique, car Chavez ne s'est pas du tout préoccupé de sa succession.

Les « chavistes » devraient alors rapidement se trouver un candidat pour les élections de 2012, ce qui peut s'avérer difficile et provoquer des divisions.

Cela dit, l'opposition n'est pas non plus en très bonne position, aucun leader ne s’est imposé jusqu'à maintenant.


Pensez-vous qu'il puisse rester candidat à sa réélection en 2012 en dépit de sa maladie "médiatisée" ?

Si sa santé s'améliore, il se présentera aux élections avec un capital de sympathie accru, ce qui augmentera ses chances de gagner. 

Il n'est pas facile pour l'opposition de faire campagne contre un président malade ou convalescent. S'il est en mesure de le faire, Chavez risque de retarder sa récupération complète jusqu'aux élections.

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