Charlie Hebdo : le prix de la censure | Atlantico.fr
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Manifestation après l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo.
Manifestation après l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo.
©Reuters

Chroniques du pot aux roses

Charlie Hebdo : le prix de la censure

Alors que la rédaction de Charlie Hebdo a été la cible d'une attaque à la kalachnikov, en 2012, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet certains médias et une partie de la gauche avaient lourdement condamné le journal.

Google et Yahoo, internet

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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1 - Charlie-Hebdo : le prix de la censure

Quand des députés, des ministres, des associations lourdement subventionnées, des médias et une gauche dite "morale" légitiment le licenciement et donc la censure d'un polémiste, faut-il s'étonner que des tarés prennent les armes pour tuer ceux qui leur déplaisent ?

Désormais, les "belles âmes éclairées" vont comprendre qu'on ne joue plus.

On se souvient notamment de Daniel Cohn-Bendit qui au moment de l'affaire des caricatures de Mahomet en septembre 2012 avaient estimé que les responsables de Charlie Hebdo étaient "cons" et "masos".

Toujours en 2012, Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères avait pour sa part déclaré : "La liberté d’expression existe, mais je suis absolument hostile à toute provocation. [... Je ne vois pas du tout l’utilité quelconque d’une provocation et même je la condamne d’une façon très nette et en même temps je respecte la liberté d’expression."

 

2 - Offensive gauchiste dans l'université : comment Hollande risque de capituler

Depuis des années, les sciences en général et celles dites humaines en particulier, au nombre desquelles il faut ranger l'économie, sont l'objet d'une véritable offensive d'une pensée d'extrême gauche d'autant plus intolérante et virulente que son impact intellectuel est faible. En résumé, la science économique serait, selon elle, tombée entre les mains des soutiers du grand capital et autres valets des banquiers qui, sous prétexte d'utiliser des outils de pensée formalisés, essentiellement les mathématiques, négligeraient l'"humain". On est prié d'avoir la larme à l'oeil et des trémolos dans la voix en évoquant cet humanisme menacé par le grand méchant loup néolibéral.

Cette singulière conception des choses est aussi naïve qu'elle est fausse et ridicule. S'il y a bien une manière humaine d'élaborer des concepts et d'utiliser des langages et si elle se distingue de celle des autres animaux, c'est précisément par le chemin toujours plus exigeant vers la formalisation abstraite, la rigueur et l'expression mathématique. L'humain ce sont d'abord et avant tout les sciences dites "dures". Les solidarités instinctives qui font soupirer d'aise et de nostalgie ces humanistes de paille se rencontrent autant si ce n'est plus chez l'ours ou le macaque que chez l’homme. Elles sont d'ailleurs largement fantasmatiques : homo homini lupus, n'est-il pas ?

Cette précision intellectuelle et méthodologique apportée, venons en aux faits qui nous préoccupent cette semaine et qui, pour anecdotiques qu'ils puissent paraître, sont en réalité passablement inquiétants.

Hollande frétille devant la perspective de la maigre croissance que le début de baisse de l'euro, celle beaucoup plus forte des taux d'intérêt et celle du prix de l'énergie sont censées apporter à la France. Youpi ! Il va pouvoir, en bon socialiste, recommencer à faire la seule chose qu’il sache faire : distribuer l’argent des autres. Il a déjà annoncé le gel de toute réformette de type macronien et entamé une difficile reconquête de l'électorat de gauche qu'il avait berné en 2012. On voit de ci de là réapparaître quelques mesures catégorielles à destination du monde enseignant, celui où le nombre de cocufiés par kilomètres carrés de bureau et salles de cours est sans doute le plus élevé. Les recteurs vont bénéficier ainsi de primes substantiellement augmentées.

Parmi ces sucreries figure le projet de réforme du mode de recrutement des enseignants d'économie à l'université. A l'heure actuelle le "Conseil National des Universités" (CNU) en est la cheville ouvrière. S'agissant de l'enseignement de l'économie, il est l'objet depuis quelques temps d'une offensive en règle.

Quelques rares professeurs et une large majorité de maîtres de conférences, aigris par leur insuccès académique et enragés de n'être jamais publiés dans les revues internationales qui comptent, se sont réfugiés en effet dans le confort ouaté du discours sur l'humanisme qui serait malmené par d’affreux libéraux.

Peu d'entre eux , avec ce prêchi-prêcha pour seul viatique, parviennent à franchir le cap de l'agrégation de sciences dite de l'enseignement supérieur.

Qu'à cela ne tienne ! Ils ont créé un lobby, l'Association française d'économie politique (AFEP) et sont parvenus à faire geler pour une période transitoire (?!) de quatre ans le concours d’agrégation. Dans ces conditions, la qualification pour devenir professeur accordée par le CNU est devenue un point de passage obligé pour tout candidat au professorat et le principe républicain du concours est écarté au profit d'une procédure tordue de cooptation.

Mais cela ne leur suffit pas. L’AFEP manoeuvre désormais pour obtenir la création, à côté de la section 05 "sciences économiques", d’une nouvelle section "économie et société". Ainsi, les gauchistes se recruteraient entre eux, arguant de la défense de l'identité de la science économique française, rempart contre la mondialisation intellectuelle aux ordres du grand Kaaapital.

Sous couvert de défense et promotion du pluralisme, c'est la médiocrité intellectuelle au service du corporatisme et de l'endogamie mentale. L'inénarrable Vallaud-Belkacem leur a prêté une oreille attentive au moment même où Jean Tirole, symbole de tout ce qu'ils exècrent parce qu'il les domine intellectuellement et académiquement, recevait le prix Nobel. On est d'ailleurs amusé de noter, qu'à chaque fois qu'il est question du Nobel d'économie, ces penseurs marxo-franchouillards rappellent comme un mantra qu'il s'agit du prix décerné par la banque centrale de Suède en mémoire d'Alfred Nobel et non d'un Nobel comme les autres. Cela en réduit-il pour autant la valeur ? Le gauchisme universitaire français mobilise en tout cas ses dernières et maigres forces pour se créer une sorte de réserve indienne où le vent mauvais de la production internationale ne soufflera pas. Et il trépigne de s'inscrire dans la longue liste des bénéficiaires des petits renoncements du "hollandisme".

Le sort réservé à ce soi-disant projet de réforme dans les semaines qui viennent sera donc à observer avec attention.

3 - Bougitude

Ségolène ne peut faire autrement que se rappeler périodiquement à notre amusé souvenir. Alors que son ministère a soutenu la hausse du prix du billet de train, parfaitement scandaleuse cela dit et due avant tout aux pesanteurs syndicales qui plombent les comptes de la SNCF, voilà soudain la ministre qui la condamne ! Ce n’est pas un dédoublement de personnalité mais ça y ressemble. Ségolène s’est souvenue que la règle d’or du politicien est de toujours surprendre et surpasser l’administration par sa démagogie. C’est ce à quoi on reconnaît l’élu, pense-t-elle.

4 - Alternativ für Griechenland und Frankreich

Comme il est cocasse de constater que tous ceux qui, depuis des décennies, s’évertuaient à démontrer que la surévaluation du franc puis de l’euro n’avait aucune conséquence nocive pour notre économie s’enthousiasment désormais pour les bienfaits que la baisse du taux de change de la monnaie européenne aura pour la France ! Mais il ne faut pas demander trop de cohérence aux adorateurs d’un dogme.

La brutale immixtion des zélateurs de l’Euroland dans les affaires grecques, aura pour effet inverse, espérons le, de convaincre les Grecs qu’ils leur faut imposer la renégociation d’accords absurdes qui rendent impossible le rétablissement durable de leur économie. Le pragmatisme, dans cette affaire, n’est pas du côté de l’oligarchie. Un sursaut grec aurait pour effet de contraindre Bruxelles, Berlin et Francfort d’accepter une renégociation des missions de la BCE qui devrait avoir aussi pour obligation d’oeuvrer contre un cours exagéré de la monnaie européenne. A la condition que la France appuie la volonté grecque plutôt que de bêtement y faire obstacle, la chose est désormais possible. Seule une parité maximum d’un euro pour un dollar est à même de lever un des obstacles à la croissance et de rendre politiquement supportable les réformes indispensables de l’Etat providence. Nous en sommes encore loin mais les Grecs vont peut-être ouvrir le chemin.

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