Sommes-nous entraînés vers un suicide collectif par ceux qui bénéficient de la crise de la dette ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Les élections en cours en France, c’est le grand bal des Gribouille.
Les élections en cours en France, c’est le grand bal des Gribouille.
©Bernadett Szabo / Reuters

Bal des gribouilles

Sommes-nous entraînés vers un suicide collectif par ceux qui bénéficient de la crise de la dette ?

Les élections en cours en France, c’est le grand bal des Gribouille. Bal des Gribouille dans lequel l’un veut prendre la place de l’autre, lui chiper sa cavalière pour faire la même chose que lui. Austérité hier, croissance aujourd'hui, les mots passent, la réalité de la dette demeure. Mais qui sont ceux qui en profitent ?

Bruno Bertez

Bruno Bertez

Bruno Bertez est un des anciens propriétaires de l'Agefi France (l'Agence économique et financière), repris en 1987 par le groupe Expansion sous la houlette de Jean-Louis Servan-Schreiber.

Il est un participant actif du Blog a Lupus, pour lequel il rédige de nombreux articles en économie et finance.

Voir la bio »

Ce n’est pas le bal des pompiers où ce sont toujours les mêmes qui dansent, c’est le bal des Gribouille. Gribouille c’est l’idiot qui se jetait à l’eau pour ne pas être mouillé, vous connaissez ? Bref, c’est celui qui sous une apparente logique, celle de l’évidence superficielle, fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire.

Les élections en cours en France, c’est le grand bal des Gribouille. Bal des Gribouille dans lequel l’un veut prendre la place de l’autre, lui chiper sa cavalière pour faire la même chose que lui. Hélas ce qui se passe en France se généralise à toute l’Europe.

Les chefs d’orchestre sont cachés dans la fosse, l’orchestre qui fait danser les Gribouille c’est la communauté des plouto-kleptocrates. Les instruments, ce sont les marchés, lieux de confrontation non pas des préférences des individus, mais champs de bataille de la communauté spéculative manipulante.

Et nos Gribouille qui dansent, qui dansent espérant nous entrainer dans leur folle valse.. des milliards et des trillions. Nos Gribouille qui font semblant de s’invectiver pour mieux nous tromper, nous enfermer dans les fausses alternatives de la soi disant croissance et de la vraie régression.

Et nos responsables non élus, prédateurs de droit, sinon de naissance, qui hurlent avec les loups ; même si c’est en fuyant, à l’image de ce Draghi qui, il y a quelques jours encore, défendait l’austérité pour tous comme seule solution et qui, cette semaine retourne sa veste et ses convictions et défend maintenant l’idée d’un pacte de croissance.

Le regain de crise sur les marchés, disait il, il y a quelques jours, c’est parce que les marchés doutent de la détermination des gouvernements à mettre en oeuvre les programmes de remise en ordre budgétaire.

Que s’est il passé qui a balayé les convictions de Draghi ? Il s’est passé que les chiffres espagnols sont affreux, que la situation grecque est pré-révolutionnaire ou pré-putschiste, que la popularité du nommé-non élu Monti a chuté, que les Pays Bas ont perdu leur gouvernement et que Sarkozy s’est effondré et que par conséquent toute la construction européenne de carton-pâte érigée en trompe l’oeil et trompe l’intelligence en fin d’année 2011 est tombée à l’eau. Et que comme Gribouille les élites se jettent à l’eau avec elle pour ne pas être mouillés.

Le constructivisme, le dirigisme, le socialisme cela consiste à hurler avec les loups pour devenir finalement le maitre de la horde et la domestiquer. Ce n’est pas un choix politique c’est un choix de carrière, un moyen d’assouvir sa petite volonté de puissance, en revendiquant le droit de conduire les hommes, d’intervenir dans tous les domaines. C’est une fièvre d’énergie qui se moque bien des moyens de la dépenser, du moment qu’ils conduisent au sommet d ‘ou il sera possible d’être le grand manipulateur, l’opérateur du miroir aux alouettes.

L’ennemi pour les constructivistes, dirigistes, socialistes, jacobins et autres Robespierre aux petits pieds et grandes ambitions, l’ennemi c’est l’individu qui choisit, ce sont les lois de l’économie, les lois de la nature. L’ennemi c’est la régulation naturelle propre à tout système. L’ennemi ce sont les peuples empêcheurs de rembourser les dettes en rond c’est-à-dire en Ponzi de fausse monnaie et de vrais impôts.

Pour garder les leviers de commande ils sont prêts à tout, même et surtout à se renier. Leur action a conduit les pays à la faillite ? Qu’importe voilà une occasion de miser sur la peur, de se présenter comme détenteurs des solutions, même si au fond, ils, constituent, eux, le problème! Les constructivistes ont ruiné 30 ans de progrès techniques, gaspillé 30 années d’innovations, annulé 30 ans de maigre progression des niveaux de vie, et alors ? Cela ne leur suffit pas, il faut encore reprendre le peu qui a été gagné, ratisser les dernières miettes de prospérité et de progrès social.

Face à la crise qui est une crise de trop de dettes et pas assez de revenus ils proposent d’augmenter les dettes et de réduire encore les revenus !

Ils refusent le seul vrai remède, le jubilé des dettes, la restructuration, l’euthanasie partielle, la baisse du stock de dettes et la hausse des revenus nets réels qui seuls permettraient des les assumer et autoriserait une vraie relance. Avec de l’argent propre, de l’argent gagné, pas de l’argent tombé du ciel qui humilie et pervertit.

Le jubilé des dettes ils n’en veulent pas, car derrière la destruction des dettes, il y a, se profile l’appauvrissement de leurs mandants, les klepto-ploutocrates.

La hausse des revenus pour augmenter le pouvoir d’achat net, alimenter la demande, relancer la croissance, l’investissement créateur d’emplois, non ils n’en veulent pas, ce qu’ils veulent c’est une croissance artificielle par les dépenses publiques. Ils veulent l’augmentation des déficits et bien sur la hausse des impôts. Tout, aussi bien l’austérité que la fausse relance doit être prétexte, occasion d’augmenter leurs pouvoirs.

Ils ne veulent que ce qui augmente leur pouvoir et ceux de leurs alliés de la classe bureaucratique.

Ils entretiennent la déflation pour mieux se présenter comme boucliers contre elle. Ils imposent des taux d’intérêt nuls, la destruction de l’épargne, des fonds de retraites, le découragement des producteurs et des actifs par la taxation et la réglementation.

Accrochés comme des singes au coffre- fort de la classe moyenne, ils détournent les yeux des richesses scandaleuses qui ne leur servent qu’à trouver des arguments pour taxer les moins favorisés.

Ils soufflent dans les marchés financiers en leur donnant de la monnaie gratuite pour spéculer, pour créer de faux effets de richesses contre lesquels, ensuite, ils prétendent lutter. Ils renforcent eux même la contrainte de profit du capital pour se présenter contre le capital et ses bénéfices. En cohérence ? Pas tout à fait car ce n’est pas le même capital que l’on dénonce et les mêmes profits que l’on stigmatise. Il s’agit d’exciter l’envie et de designer les ennemis, mais on sait pour le peuple, l’ennemi c’est le voisin, celui qu’il côtoie, celui qui lui est proche, ce n’est pas l’inconnu qui là- bas vit dans un autre monde.

Gribouille dans ses oeuvres, Gribouille à plein régime. Les constructivistes, dirigistes, socialistes de tous poils ont réussi le miracle de faire croire aux peuples que la voie du salut, la clé de l’adaptation c’est de marcher sur la tète : demander au lieu d’offrir, consommer au lieu d’investir, répartir au lieu de produire.

Quand un individu prend le portefeuille dans la poche de son voisin, c’est un voleur, quand il opère en bande, sous couvert de gouvernement, c’est un prince, ou un chef d’Etat. Quand cet individu vous donne un reçu, c’est un banquier. Quand il vous rembourse en monnaie de singe, c’est un banquier central.

La fausse finance, la finance de l’argent tombé du ciel, crée à partir de rien par les Banques Centrales n’a qu’un seul véritable objectif, prendre la Bastille du vrai capital, celui de la production, de l’épargne et de l’investissement ; la fausse finance aidée par les gouvernements constructivistes, dirigistes, socialistes s’est fixée une mission révolutionnaire : balayer les couches sociales traditionnelles, les spécificités, les identités nationales, l’histoire.

Récompenser les erreurs et les échecs de ceux qui sont incapables de réussir, punir, taxer ceux qui sont les plus aptes à faire progresser la société, tel est le principe de destruction qui sous tend leur action. Punir ceux qui gagnent pour récompenser ceux qui échouent tel est le crédo de gouvernement des Gribouille. Voilà la recette du Pouvoir. Voilà la recette de l’avilissement et de l’abaissement.

Exciter l’envie, la haine pour en tirer un supplément de pouvoir ne confère aucune légitimité. C’est pourtant celle que recherchent nos jacobins.

Une société vit sur la gratitude à l’égard de ceux qui l’ont précédé et fait progresser, pas sur leur dénigrement.

Ouvrir les perspectives, regarder en haut, glorifier ceux qui montrent le chemin, récompenser les perfectionnements , encourager l’efficacité , tout cela ne vaut il pas mieux que le suicide en troupeau ?

Cette contribution a initialement été publiée sur le blog à Lupus

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !