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 Sécurité :  ces mesures concrètes qui pourraient faire une différence quasi instantanée
©Thomas SAMSON / AFP

Bon sens

Sécurité : ces mesures concrètes qui pourraient faire une différence quasi instantanée

Lors d'une intervention à Champigny-sur-Marne à cause d'une rixe dans la soirée du 31 décembre, deux fonctionnaires de police - un homme et une femme - ont été gravement molestés et roués de coups par un groupe au sein duquel deux individus auraient été identifiés et placés en garde à vue.

Philippe Bilger

Philippe Bilger

Philippe Bilger est président de l'Institut de la parole. Il a exercé pendant plus de vingt ans la fonction d'avocat général à la Cour d'assises de Paris, et est aujourd'hui magistrat honoraire. Il a été amené à requérir dans des grandes affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire et politique (Le Pen, Duverger-Pétain, René Bousquet, Bob Denard, le gang des Barbares, Hélène Castel, etc.), mais aussi dans les grands scandales financiers des années 1990 (affaire Carrefour du développement, Pasqua). Il est l'auteur de La France en miettes (éditions Fayard), Ordre et Désordre (éditions Le Passeur, 2015). En 2017, il a publié La parole, rien qu'elle et Moi, Emmanuel Macron, je me dis que..., tous les deux aux Editions Le Cerf.

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Article initialement publié sur le blog Justice au Singulier

A Aulnay-sous-Bois, le 1er janvier, deux policiers contrôlent le conducteur d'un scooter volé et l'un d'eux est frappé.

2018 commence comme 2017 n'a pas cessé de se gangrener : la police trop souvent attaquée avec malheureusement une présomption de culpabilité qui systématiquement pèse sur elle et le concours, pour tel ou tel motif, de telle ou telle personnalité, de tel artiste qui jugent d'une parfaite élégance de l'insulter par un tweet.

Sans oublier des sites d'information qui semblent plus détester les policiers que ceux qu'ils sont contraints d'interpeller.

Pour Champigny, le président de la République a dénoncé "un lynchage lâche".

Il y aurait "une vague d'indignations" après cette odieuse péripétie (Le Point).

Je crains, si nous ne restaurons pas les grands moyens légaux qui ont été supprimés au fil du temps par une gauche dogmatique - prête à tout pour contester l'enseignement d'un réel qui avait le front de ne pas correspondre à ses principes -, que nous soyons condamnés à perpétuité à ressasser, agression après agression, notre révolte puis notre impuissance, en espérant de l'autorité judiciaire la fermeté et la répression qui conviendraient, la culpabilité établie.

Ce serait déjà ne pas mesurer le gouffre qui sépare la police d'une partie politisée de la magistrature. Et par conséquent l'obstination de certains magistrats à incriminer la police... alors qu'ils ne seraient sans doute pas capables d'affronter les épreuves que ces policiers doivent surmonter et les défis que sans cesse ils ont à relever.

A partir du moment où le président de la République a construit sa fulgurante victoire et nourri ses huit premiers mois par le dépassement de la droite et de la gauche (puis heureusement par une influence prépondérante de la droite !), on peut se permettre de suggérer à Emmanuel Macron des avancées positives faciles à accomplir, parce qu'il s'agirait de bienfaisants retours en arrière. Le progrès, en effet, peut être derrière nous. Il y aurait un paradoxe à ce que le passé ait été plus corseté et vigoureux pour se protéger, alors que la situation l'exigeait moins, que le présent confronté à des réalités beaucoup plus habituellement périlleuses.

J'approuve le syndicat Alliance qui aspire au rétablissement des peines planchers. Je les ai toujours soutenues, contre le corporatisme judiciaire préférant son amour-propre à l'efficacité des lois, et la gauche qui a supprimé sans vergogne ce que Nicolas Sarkozy avait inspiré et qui était une arme pour la Justice et au bénéfice de la société. Il n'y avait pas tant à applaudir sous son quinquennat pour qu'on puisse ainsi se priver de sa très heureuse initiative législative. Et l'USM ose qualifier cette restauration nécessaire de "faux débat" !

Retournons encore plus en arrière.

Il convient également de faire revenir, du fond de l'opprobre où la gauche idéaliste l'avait fait tomber, la loi anti-casseurs. En effet, alors que la police est de plus en plus confrontée à des groupes violents et anonymes dans la concrétisation de leur haine, il n'est plus possible de se satisfaire d'une procédure qui ne parvient pas à individualiser les responsabilités. Avec l'extrême difficulté d'identifications rendues quasiment impossibles par un conglomérat massif et fuyant. Trop de transgresseurs échappent à la répression, protégés par les modalités d'une enquête qui devrait les accabler.

La loi anti-casseurs serait parfaitement adaptée à ces multitudes disparates, improvisées ou organisées, insaisissables grâce à leur nombre, animées par le seul objectif de "casser du flic", voire de tuer ces flics que le citoyen n'apprécie et ne remercie que lorsqu'il a besoin d'eux.

Pour que l'année 2018 ne soit pas seulement la continuation d'une autorité et d'une allure présidentielles mais la restauration ferme, persévérante et jamais honteuse d'une autorité de l'Etat, la police devra être au premier plan des préoccupations.

Dans un registre extra-ordinaire, l'état de droit s'est armé contre le terrorisme. Sur un plan ordinaire, il ne serait pas inutile de le renforcer notamment au bénéfice de la police et de sa sauvegarde.

Pour savoir si on peut la lyncher impunément ou si c'est un devoir et un honneur de la soutenir.

 

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