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 Peut-on attraper le coronavirus en touchant la barre du métro ou tout autre objet infecté par un porteur ?
©BERTRAND GUAY / AFP

12 questions sur le coronavirus 4/12

Peut-on attraper le coronavirus en touchant la barre du métro ou tout autre objet infecté par un porteur ?

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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 Peut-on attraper le coronavirus en touchant la barre du métro ou tout autre objet infecté par un porteur ? Si oui, combien de temps l’objet reste-t-il infectieux ?

 

Lorsqu'une personne malade tousse frontalement à 50 cm du visage d'une autre personne, le risque de contamination est de 90 % environ. Si cette personne malade tousse à 50 cm d'une barre de métro ou de tout autre objet dur et lisse, l'individu qui touche dans les minutes qui suivent, ce vecteur contaminé (tout élément permettant une transmission indirecte entre deux êtres humains), a un risque de contamination d'environ 35 %. Ce risque s'atténue donc avec les relais ; et il s'atténue aussi avec le temps, car le coronavirus est fragile sur le plan physique. Naturellement, il faut que les doigts ayant été ainsi contaminés soient portés sur l'une des muqueuses du visage : yeux, narines, lèvres et bouche. Ainsi, comme on l'a compris, le risque de contamination est maximal directement entre deux individus et il s'atténue au fur et à mesure que les virions sont déplacés de support en support (de relais en relais). En somme, la vraie mesure efficace de prévention est de se tenir à distance les uns des autres (1,5 mètre) et de fuir sur le champ les personnes qui toussent. L'autre mesure efficace consiste à parler le moins possible. La friction hydroalcoolique des mains toutes les heures n'est pas logique : vous faites une friction à 9 heures, à 10 heures et à 11 heures ; à 11 heures 20, vous touchez dans un transport en commun une barre contaminée et vous mettez dans la foulée une pastille dans votre bouche ; à 12 heures, vous faites une friction hydroalcoolique qui arrive trop tard, bien sûr : l'hygiène microbienne n'est pas un ensemble d'automatismes, c'est une discipline réflexive ayant pour objet la prévention de la contamination. Il faut préciser que les produits hydroalcooliques n'ont pas d'effet rémanent : le fait d'effectuer une friction alcoolique ne les protège pas pendant une heure.

On estime que la persistance virale sous forme infectieuse dans l'environnement n'excède pas 3 heures. Le risque est alors devenu faible à ce terme. Mais cela ne concerne que les virus respiratoires enveloppés, dont le coronavirus.

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