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 "Marine Le Pen droguée aux faits divers" ? Ceux qui les vivent ont apprécié... Petit retour sur les chiffres
©Reuters

Toxico

"Marine Le Pen droguée aux faits divers" ? Ceux qui les vivent ont apprécié... Petit retour sur les chiffres

Benoît Hamon à Marine Le Pen : "Je me disais, que vous soyez une droguée aux pages faits divers c’est une chose, mais vous êtes candidate à la présidence de la République. Et je trouve que ce n’est pas très sérieux​."

Xavier Raufer

Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Dernier en date:  La criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans. Il est directeur d'études, pôle sécurité-défense-criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers. 

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Atlantico : Au cours du débat opposant les principaux candidats à la présidentielle, Benoit Hamon a pu accuser Marine Le Pen d'être "droguée aux faits divers ". Quelle est la réalité des chiffres de la délinquance au cours de ces dernières années ? 

Xavier Raufer : Voici les chiffres (officiels) fin 2016 : 

  • Homicides (hors attentats) : + 11% sur 2015,
  • Violences physiques (coups, blessures, empoignades, etc.) : 214 800 victimes connues l'an passé. Sur les trois dernières années : 2014, + 2% ; 2015, + 2% ; 2016, + 1%. En réalité, pour l'enquête annuelle de "victimation" Cadre de vie et sécurité, il y a en France, ces dernières années, 1,1 million de victimes de telles violences physiques, 3 000 par jour.
  • Cambriolages (souvent, des clans criminels nomades), des "bandes organisées qui pillent des dizaines de domiciles et s'évanouissent dans la nature". 243 500 cambriolages connus en 2016, + 4% sur 2015. Un cambriolage en France toutes les deux minutes.  D'usage, 4 sur 5 de ces cambriolages restent impunis... 80 chances sur 100 de cambrioler sans risque ! 

Cependant, pour M. Hamon et consorts, le peuple français est une triste plèbe, dont les tourments au quotidien - braquages de proximité, agressions dans les transports, pillage des campagnes, attaques à domicile - sont d'anodins faits-divers, à taire et nier. Voyez d'ailleurs la mesure-phare du programme "sécuritaire" de M. Hamon : persécuter les policiers en interdisant les soi-disant "contrôles au faciès". Parlons clair : M. Hamon président, dans les banlieues, la police ne pourrait plus contrôler que des (derniers) Blancs !

S'il est possible de pointer les excès de généralisation de Marine Le Pen, n'est il pas hasardeux de présenter une forme de mépris à toutes celles et ceux qui sont les victimes de ces faits divers ?

Jadis parti populaire, le PS trouve désormais ses ultimes partisans dans les médias-des-milliardaires, dans le showbiz, l'art subventionné et dans l'hyper-classe gavée de centaines de milliers d'euros l'an - à commencer par la propre compagne de M. Hamon, propagandiste de l'entreprise de luxe du milliardaire français N°1. Gauche jadis, gauche-caviar aujourd'hui - avec comme détestation majeure ces damnés "faits divers" qui l'empêchent de rêver entre soi d'un monde-bisounours dans lequel de mignons Théo et Mehdi sont des victimes "de l'exclusion et du racisme" ; et le peuple français, voué aux pillages concoctés par les satrapes de Bruxelles ou de Wall street.

Comment expliquer un tel décalage entre la réalité des chiffres et une telle attitude, d'ailleurs régulièrement dénoncée à l'égard des "élites" ?

A l'approche de sa fin, le PS - jadis, parti de Léon Blum - pourrit sur pied. Ses ultimes dirigeants sont un Cambadelis que même M. Montebourg traite de filou et un Julien Dray, icône de l'antiracisme-monochrome aux embrouilles type Sentier, l'homme qui initia notre monde politique aux us et coutumes des pirates à la taxe-carbone. 

Les présentes idoles du PS sont Mehdi Meklat et ses vomissures-Internet (vraiment) racistes et la fratrie de la victime (ou pas) Théo, elle et ses 900 000 euros piqués aux idiots ou cyniques de la "Politique de la ville".

Cette horreur "socialiste" du réel criminel et ce mépris de caste sont une constante : naguère, Mme N. Vallaud-Belkacem tempêtait aussi contre la "tyrannie des faits-divers". Or cette caste de bourgeois-gavés suscite désormais un rejet - un dégoût - tels que même leurs anciens complices s'en détournent.

Voici, M. Brice Couturier, chroniqueur, producteur et journaliste, pilier de France-Culture et du "parti des médias". Dans Le Figaro, en août 2016, il dénonce "Ces personnages arrogants quoiqu'incultes, d'autant plus pérorant qu'ils méprisent les faits, les chiffres, la réalité... Ils prétendent déconstruire ce qu'ils n'ont jamais cessé d'ignorer". Reconnaissez-vous le portrait ? C'est (entre autres) celui de M. Hamon. De la gauche-caviar au socialisme-LVMH.

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