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"Adieu mademoiselle" : pourquoi les périls qui menacent vraiment les femmes d’aujourd’hui sont ignorés (quand ils ne sont pas promus) par un néo-féminisme devenu orwellien
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Bonnes feuilles

"Adieu mademoiselle" : pourquoi les périls qui menacent vraiment les femmes d’aujourd’hui sont ignorés (quand ils ne sont pas promus) par un néo-féminisme devenu orwellien

Abolir la prostitution, mais autoriser la GPA. Supprimer la différence des genres, mais exiger l’égalité des fonctions. Réclamer l’abolition de la maternité, mais accepter l’imposition du voile. Se proclamer progressiste, mais enchaîner la condition féminine au Marché… Soixante-dix ans après Simone de Beauvoir, Eugénie Bastié dévoile ici la misère du néoféminisme contemporain. Extrait de "Adieu mademoiselle", publié aux éditions du Cerf (1/2).

Eugénie Bastié

Eugénie Bastié

Eugénie Bastié est journaliste au Figaro et essayiste. Elle est l'auteur de deux ouvrages, Adieu mademoiselleLa défaite des femmes (Cerf, 2016) et Le Porc émissaire. Terreur ou contre-révolution (Cerf, 2018).

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Le ventre toujours fécond du patriarcat

Les militantes historiques des anneés 1970 déplorent que les jeunes filles d’aujourd’hui ne soient plus féministes. La lassitude toute légitime que nous éprouvons devant des combats aussi vains que le changement des règles de grammaire sexistes ou la féminisation des noms de métiers leur semble de l’ingratitude. Elles perçoivent notre réticence comme un piège tendu par les forces obscures pour endormir notre attention. Comme le retour de la bête immonde est toujours possible, le ventre du patriarcat est toujours fécond et réclame que nous restions éveillées. Relâcher notre vigilance une seule seconde, ce serait prendre le risque de voir revenir les heures les plus sombres du machisme. Pourtant, toutes concentrées qu’elles sont à militer désespérément pour un monde déjà advenu, nos grandes aînées se montrent aveugles aux nouveaux dangers qui menacent la femme et la féminité.

>>> A lire aussi : Eugénie Bastié : “On doit proposer des alternatives concrètes à l’avortement, comme l’ouverture de centres d’aides à la grossesse”

«Ce qui caractérise l’esprit de notre temps, c’est l’ardeur avec laquelle il se mobilise contre des ennemis qu’il a vaincus », résume Alain Finkielkraut. Devant les pâles fantômes du monde d’hier, les féministes redoublent de fureur. Les Femen s’acharnent avec hystérie à profaner des églises vides. Les vigies d’Osez le féminisme tempêtent pour l’égalité des salaires, oubliant que ceux-ci sont toujours plus bas pour tous, et que le chômage est la priorité absolue des femmes comme des hommes. Les gardiennes de Macholand traquent obstinément la moindre formule qu’elles jugent sexiste dans les journaux ou sur les écrans au point d’en perdre de vue que l’esprit de la langue lui-méme dépérit sous l’effet de réformes arbitraires.

Pourtant, jamais le féminin n’a été aussi en danger. L’idéal d’égalité hommes-femmes, la mixité des sexes à la française sont menacés par le puritanisme de l’idéologie du genre et le paradigme de l’indifférenciation. Le privilège féminin de la maternité est préempté par la technique et le marché. Le ventre des femmes est le cheval de Troie du transhumanisme. Et leur visage, la proie de l’islamisme mondialisé. Or, tous ces périls sont ignorés, quand ils ne sont pas promus, par les tenantes de ce qu’il faut appeler un féminisme orwellien. Un néoféminisme qui n’a plus pour seul objectif que d’éradiquer les structures sociales et de préparer l’avènement d’une humanité nouvelle, générique, unique, où les différences ne sont plus reçues et acceptées mais testées et choisies sur catalogue.

Extrait de "Adieu mademoiselle", de Eugénie Bastié, publié aux éditions du Cerf, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

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