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Il faut augmenter la poche "monétaire" dans vos portefeuilles.
Il faut augmenter la poche "monétaire" dans vos portefeuilles.
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Trop d’incertitudes dans le marché : pourquoi il faut augmenter le monétaire dans les portefeuilles

Les incertitudes sur les marchés incitent à une plus grande prudence. Il faut donc augmenter la poche "monétaire" dans vos portefeuilles en attendant que la phase de doute sur la politique monétaire américaine soit passée.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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La situation sur les marchés nous incite désormais à une plus grande prudence, en particulier sur les marchés américains.

Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, la dynamique est le moteur des marchés financiers : un ralentissement après une forte croissance d’une entreprise ou d’un secteur peut être sévèrement sanctionné par les marchés financiers par exemple.

Les incertitudes, devenues trop nombreuses dans l’économie, nous font adopter, au moins tactiquement, une attitude plus prudente.

Evidemment la Chine, en dévaluant sa devise au mois d’août, a renforcé les craintes : cela traduit en effet les doutes de la Chine sur sa propre croissance. Les investisseurs s’inquiètent de l’impact de cette décision sur la croissance des pays émergents. Or ceux-ci sont souvent des fournisseurs de la Chine, en particulier pour les matières premières, et sont depuis un moment déjà en difficulté, comme la Russie ou le Brésil.

D’autres pays comme le Japon seraient également touchés par un fort ralentissement en Chine. En effet, 18% des exportations japonaises sont à destination de la Chine ! Or le Japon, malgré les injections de liquidités de la Banque centrale, peine déjà à sortir d’une croissance très faible.

Cette semaine, Mario Draghi a, de son coté, une nouvelle fois voulu rassurer les investisseurs sur la présence de la BCE : il a déclaré que les interventions actuelles seraient prolongées et augmentées autant que de besoin… mais il a aussi révisé à la baisse les prévisions de croissance pour la zone euro. La dynamique de croissance est donc plus faible que ce que nous pensions il y a encore quelques semaines.

Aux Etats-Unis aussi, la situation devient plus incertaine et toute évolution aura nécessairement des répercussions un peu partout dans le monde.

Les autorités monétaires américaines répètent depuis plusieurs mois qu’elles souhaitent "normaliser" leur politique : des taux à 0 sont clairement vécus comme une situation anormale.

Les chiffres récents de croissance voire les chiffres de créations d’emplois de vendredi dernier militent pour que la FED monte enfin ses taux, mais...

 

Certains éléments incitent là aussi à la prudence :

  • L’économie américaine n’est pas totalement insensible à ce qui se passe ailleurs dans le monde : le ralentissement au Canada au Brésil ou en Chine commence à peser sur l’économie américaine.
  • La bonne tenue du dollar a été à plusieurs reprises citée ces dernières semaines comme un facteur explicatif de résultats ou de perspectives moins bonnes pour les entreprises américaines.
  • L’inflation, certes affectée par le niveau de cours des matières premières, reste très en dessous de l’objectif fixée par la FED et fait douter de la vigueur de l’économie américaine.

 

Or une hausse des taux de la FED aurait plusieurs conséquences immédiates :

  • Hausse du dollar.
  • Baisse de l’inflation.
  • Ralentissement de la dynamique de croissance.

 

Tout ceci aurait bien sûr des conséquences chez tous les partenaires économiques des américains, pays émergents en tête.

On comprend donc les hésitations de Janet Yellen avant de s’engager dans un processus de "normalisation" de sa politique monétaire.

A ces éléments très macro-économiques, il faut ajouter des aspects directement liés aux dynamiques du marché américain : le marché américain des actions a connu une forte hausse depuis plusieurs années et oscillait depuis début 2015 sur des niveaux proches de ses records historiques. Or les actions américaines sont sorties par le bas de cette phase d’attentisme. Pour qu’il en soit différemment, il aurait fallu un vrai signal de croissance des résultats des entreprises américaines, ce qui est impossible pour le moment du fait de la vigueur du dollar et des doutes sur la croissance un peu partout dans le monde.

Nous avons donc augmenté la poche "monétaire" dans nos portefeuilles en attendant que la phase de doute sur la politique monétaire américaine soit passée. Une fois cet épisode derrière nous, la croissance même modérée en zone euro permettra de revenir, dans de meilleures conditions sur les marchés actions.

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