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Salon du livre : et au fait, pour ceux qui lisent sur tablette, comment choisir ?
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Salon du livre : et au fait, pour ceux qui lisent sur tablette, comment choisir ?

Le salon du livre qui se tient à Paris du 16 au 19 mars est l'occasion de revenir sur un acteur technologique majeur, le e-book.

Nicolas Gary

Nicolas Gary

Nicolas Gary est directeur de la publication du magazine ActuaLitté. Après un cursus universitaire dans le bordelais et les langues anciennes, il entre dans le webjournalisme, avant de fonder ActuaLitté en février 2008.

Il est Intéressé par le monde de l’Open source et des licences Creative Commons, et tout ce qui permet la démocratisation des savoirs.

 

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Atlantico : Où en est le marché de la liseuse électronique en France ? Comment a-t-il évolué et où se place-t-il sur le marché du livre aujourd'hui ?

Nicolas Gary : La première réponse est simple, on en est à un marché débutant pour ce qui est des maisons d'édition traditionnelles. Les éditeurs ne font finalement que peu d'argent avec la vente des livres numériques. La question est de savoir si la vente des appareils de lectures se développe peu à cause d'un manque d'une offre suffisamment intéressante ou plutôt parce que les lecteurs se fournissent en piratant les livres.

Ou nous situons nous ? Eh bien, il y a une véritable résistance au livre numérique en France. Nous considérons en fait qu'il n'est qu'une transformation du livre papier. Rien de plus. Et comme le prix de vente est en moyenne de 25% moins cher, il n'y a aucun intérêt pour les consommateurs de se lancer dans l'achat d'un livre numérique. En revanche, il y a une énorme communauté de piratage qui existe. Il faut comprendre que pirater un livre est simple et très rapide (un livre ne pèse qu'1ou 2 mégas quand un album de musique en pèse 48). Et il est possible de transférer un livre numérique par sms, via messenger etc….

La liseuse a-t-elle remplacé le livre classique aujourd'hui ?

C'est toujours une question qui revient, car il y a cette angoisse d'être dépossédé de l'objet physique. La réponse est non. Jamais de la vie l'un ne remplacera l'autre ou l'autre disparaîtrait au profit de l'un. Le commerce du livre ne peut fonctionner que par le papier. Toutes les maisons d'édition vivent parce que l'on produit des livres, qu'on les imprime et que l'on en distribue dans des librairies. La chaîne du livre est intimement liée au livre papier.

La disparation du livre papier aurait d'ailleurs des répercussions extrêmement fortes pour l'ensemble du monde de l'édition. Au mieux, il y aura une véritable cohabitation des deux outils. Au pire, il y aura une légère diminution des livres papiers, car les maisons d'édition imprimeront moins.

Autre remarque, une liseuse électronique ne lit qu'en noir et blanc. Ce qui signifie qu'il n'y a aucune possibilité d'y intégrer autre chose que des romans. Mangas, bande dessinée, comics… Rien de tout cela ne peut fonctionner. Les appareils eux-mêmes sont aujourd'hui soit trop insuffisants, soit insatisfaisants. Et face à cela, seule une petite partie de la population ne peut être intéressée. Mais une fois équipée, celle-ci ne renouvelle son appareil qu'une fois tous les deux ans. Ce qui explique en partie les chiffres peu satisfaisants.

Enfin, il y a une espèce de "revival" sensuel de l'ouvrage papier. Quand le livre numérique est arrivé, il y a eu une forte résistance de la part de personnes qui disaient avoir besoin de toucher le livre. Comme si nous avions tout d'un coup une relation charnelle avec l'ouvrage. Relation à laquelle nous n'avions jamais prêté attention auparavant.

Quels sont les avantages d'une liseuse électronique par rapport aux livres papiers ? Quels sont vos conseils pour bien la choisir sa liseuse ?

Les appareils électroniques ont certes des atouts technologiques véritables : facilité du transport, visibilité accrue même au soleil, grossissement des caractères… En revanche, ils sont encore très chers. S'il faut dépenser une centaine d'euros pour s'en procurer un, je vous laisse imaginer le nombre de livres qu'il faut acheter pour rentabiliser l'appareil et se dire que l'on en a assez profité. Car ces machines, comme toutes les machines technologiques, ont une fragilité itinérante. Comme un téléphone. Quand un livre tombe lui, il ne se casse pas.

Là où il y a une réalité, c'est que le livre numérique n'existe pas. On achète un livre papier. Une fois acheté, on le possède, on peut le prêter, le revendre… Lorsque l'on achète un livre numérique, on achète une licence d'accès. Cet accès peut m'être supprimé à tout moment par l'opérateur. On m'accorde la possibilité de lire le livre numérique, mais il ne m'appartient pas vraiment.

Moralité, aujourd'hui nous sommes plus libres en achetant un livre papier un livre numérique.

Quels sont les profils des lecteurs d'e-books ? Lecteurs assidus ? Curieux ou occasionnels ?

On a dans tous les cas affaire à des gens qui, lorsqu'ils possèdent une liseuse, n'arrêtent pas pour autant de lire des livres papiers. Il y a toujours l'envie de pouvoir y accéder.

Les études sont assez variées sur le public à proprement parlé. Il semblerait que l'on est affaire à une population allant de 50 à 70 ans. Cela s'explique : à cet âge, la vue peu diminuer et  l'on peut augmenter la taille des caractères, lire au soleil et moins se fatiguer les yeux.

Le public trentenaire lui peut avoir eu l'envie d'essayer, mais ne devient que rarement un utilisateur régulier.

La jeune génération, quant à elle, est totalement détachée de tout cela. Après tout, une liseuse n'a pas accès à internet et ne fait qu'afficher du texte. C'est un outil inintéressant pour eux. À partir de là, les jeunes générations de 16 ans ne peuvent qu'avoir une réaction, "c'est quand même plutôt pour mes parents". Ils sont plus tentés par le livre imprimé que les méthodes dématérialisées pour lire des livres.

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