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Quand les aiguilles se décentrent et quand les couleurs se concentrent : c’est l’actualité des montres quand vient l’automne
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Quand les aiguilles se décentrent et quand les couleurs se concentrent : c’est l’actualité des montres quand vient l’automne

Mais aussi des lumières d’arc-en-ciel pour Noël, des sportives chic inspirées par des icônes, une manufacture "éthique" convertie à l’énergie solaire, une montre pour sauver un automate et un carrefour pour les artistes du temps…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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LOUIS ÉRARD : Des heures, des minutes et des secondes excentrées…

Le « régulateur » est un type d’affichage de l’heure qui sépare clairement la lecture des secondes, des minutes et des heures : ces cadrans étaient très utilisés autrement par des horloges « scientifiques » qui permettaient de mesurer avec minutie le temps qui passe ou de régler avec la plus grande précision les pendules et les montres. La maison Louis Érard, qui se relance cet automne, a choisi ce style « régulateur » pour ses nouvelles collections : la version 2019 a été redessinée par le designer star Éric Giroud, qui a repensé le « régulateur » dans un goût minimaliste et qui a épuré cet triple affichage excentré, qui devient vite très intuitif pour celui qui porte cette montre au poignet. Le cadran de régulateur Excellence Swiss Made existe en bleu, mais aussi en noir ou dans un blanc ivoiré de toute beauté. Même le prix a été revu en mode minimaliste, autour des 2 500 euros (boîtier en acier de 42 mm, mouvement automatique suisse)…

PAUL EDWARD : Des souvenirs d’un grand passé iconique…

Une nouvelle marque « accessible » dans les vitrines : si le design est italien, il est aussi très inspiré par ce « style Gérald Genta » qui a élevé au rang d’icônes bon nombre des modèles lancés dans les années 1970. Style rétro-iconique qui tente à présent les nouvelles marques qui se lancent sur le marché. Inutile de faire remarquer aux créateurs de Paul Edward que leurs montres ressemblent à celles d’Audemars Piguet ou de Patek Philippe : ils assument, en drapant ces références dans un hommage graphique à quelques monuments de l’architecture contemporaine ! Pourquoi leur jeter la pierre : ancrées dans le « sport chic », les montres de la série des Razor, des Work ou des Walkie-Talkie sont élégantes (boîtier acier de 40 mm), précises (mouvement électroniques), correctement finies, urbaines quoique tout-terrain (bracelet métallique, étanchéité à 50 m) et surtout gentiment tarifées (autour des 160 euros)…

SWATCH : Des lignes et des couleurs en hommage au Bauhaus…

Fondée en Allemagneen 1919 par Walter Gropius, l’école d’architecture et d’arts appliqués Bauhaus s’est vite muée en courant artistique très influent dans le design, l’architecture et l’art contemporain. Un siècle plus tard, les principes posés par le Bauhaus ont gardé toute leur force. Il était inévitable que la marque Swatch, qui procède de la même approche (un élan ludique et artistique dans une dynamique d’innovation technique), rende hommage au Bauhaus, mouvement artistique le plus influent du XXe siècle. La collection automne-hiver 2019 de la marque célèbre ici de façon originale, dans les lignes comme dans les couleurs, la rencontre des arts horlogers et de l’esthétique Bauhaus : les élèves de Walter Gropius en auraient rêvé, Swatch l’a fait…

MONDAINE : Des bonnes intentions éco-horlogères…

« Plus vert que moi, tu meurs ! » : les manufactures suissesont enfin compris qu’elles n’échapperaient plus très longtemps aux interrogations sur leur « empreinte carbone » et leur éthique environnementale. Le groupe Mondaine, qui commercialise notamment les montres au cadrans dérivés des fameuses horloges ferroviaires suisses, vient ainsi de prendre quelques longueurs d’avance en se convertissant à l’énergie solaire (pour la majeure partie de sa production) et en adoptant une posture d’attention systématique à la lutte contre le gaspillage et au recyclage des matériaux utilisés pour la fabrication et la commercialisation de ses montres. Témoin de cette « green attitude », qui n’est pas une nouveauté pour le groupe Mondaine : la nouvelle collection Essence (ci-dessous et en haut de la page), dont le boîtier est composé à 70 % de matières premières recyclables (huile de ricin et fibres de verre), le bracelet étant réalisé à partir de matériaux composites recyclés ou recyclables (ricin, bouteilles PET, liège). Attention globale portée à la planète, légèreté physique de la montre au poignet, élégance de l’allure, intelligence du prix (autour de 180 euros) : la voie de la vertu pour une horlogerie suisse rétive au changement ?

ZENITH : Des lumières d’arc-en-ciel pour illuminer Noël…

Autant vous y prendre à l’avance pour fêter Noël avec le faste qui convient : aucune femme au monde ne saurait résister au sertissage « arc-en-ciel » [quarante-huit saphirs de couleur en taille baguette disposés sur la lunette en prisme coloré] de cette Zenith Defy Classic en titane (pour la légèreté), ce boîtier d’une ligne très contemporaine dans son inspiration rétro étant lui-même serti de 288 diamants blancs, qui portent le « caratage » de cette montre scintillante à 4,55 carats – on est donc dans la haute joaillerie. Le mouvement automatique Elite permet de maintenir l’épaisseur de la montre sous les quatre millimètres, ce qui ajoute encore à l’élégance de cette Defy Classic « Rainbow »…

C’EST TOUJOURS BON À SAVOIR : Des infos pour les initiés…

••• Un nouveau site d’informations horlogères, cette fois au carrefour de deux univers plus connectés qu’on l’imagine : l’art et la montre. Le monde des beaux-arts, notamment de la création contemporaine, et le monde des objets du temps, qui relèvent de l’artisanat d’art et des métiers d’art. Artistes du temps est une sympathique initiative française de l’équipe de l’équipe du site Passion horlogère : intéressant à suivre alors que de plus en plus de collectionneurs de montres avouent leur penchant secret pour les sortilèges de l’art contemporain, qui leur procurent des émotions comparables à celles que génèrent encore les belles mécaniques… ••• Une bonne affaire pour les collectionneurs : ils ne doivent pas manquer la nouvelle montre lancée en souscription par le Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds (Suisse). Cette montre MIH « Gaïa » totalement « Made in La Chaux-de-Fonds » (ci-dessous) est proposée au prix très intéressant de 2 400 francs suisses (environ 2 200 euros), soit 500 CHF au-dessous de son futur prix public – ce qui en fait un futur collector à succès. Les heures et les minutes sont affichées par des disques, les lignes de cette montre automatique témoignant d’un hommage à l’architecture très contemporaine du musée. Une partie des fonds ainsi récoltés servira à la restauration du Grand Magicien, une des pendules à automates mécaniques qui font la fierté du musée… ••• L’été en pente douce : plus les mois passent et moins l’horlogerie suisse parvient à exporter de montres, même si l’augmentation parfois sidérante de ses prix de vente permet de maintenir un semblant de croissance du chiffre d’affaires global de la branche (un peu moins de 2 % depuis le début de l’année). En cause : la conjoncture économique internationale, bien sûr (faiblesse de l’économie chinoise, crise à Hong Kong, instabilité au Proche-Orient, incertitudes pré-récession aux Etats-Unis, dépression en Europe, etc.), mais surtout l’impact considérable et désastreux des montres connectées de type Apple Watch, qui sont en train de pulvériser les montres à quartz de l’entrée de gamme suisse. Il n’est pas certain que le transfert massif de la demande sur le haut de gamme soit plus intelligent : la dizaine de marques qui cartellisent le marché en captant 90 % du chiffre d’affaires alors qu’elles représentent à peine 10 % des volumes vendus (Rolex, Patek Philippe, Richard Mille, Omega, Audemars Piguet, etc.) sont devenus si hautement spéculatives que leurs montres constituent une sorte de monnaie-refuge parallèle qui rebute les vrais amateurs en attisant la convoitise des seuls agioteurs…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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