Quand l’heure passe par un exosquelette archéologique, quand le rock se décline en tatouages tropéziens et quand le temps s’emballe dans une bulle transparente : c’est l’actualité des montres | Atlantico.fr
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Les pierres de couleur sont sélectionnées une à une pour respecter l’esprit des gouaches dessinées comme les robes d’un défilé de haute couture.
Les pierres de couleur sont sélectionnées une à une pour respecter l’esprit des gouaches dessinées comme les robes d’un défilé de haute couture.
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Quand l’heure passe par un exosquelette archéologique, quand le rock se décline en tatouages tropéziens et quand le temps s’emballe dans une bulle transparente : c’est l’actualité des montres

Et aussi le retour d’une horlogerie américaine qui a marché sur la Lune, l’art du papier plié comme discipline horlogère et l’élégance britannique en deux heures bicolores…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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DIOR : Une précieuse et subtile dialectique entre l’élégance et la géométrie…

La science de l’origami (art du pliage du papier) est plusieurs fois millénaire au Japon. On en retrouve les échos européens dans cette Dior Grand Soir qui s’inspire autant de l’habileté des couturières de la maison quand elles plissent les étoffes que de l’esthétique des papiers pliés – sauf qu’on a « plié » ici de la nacre en gardant l’esprit des formes et des angles de l’art japonais. Les cinq pièces de cette collection Dior Grand Soir « Origami » (33 mm de diamètre) sont uniques, avec des variations dans le choix des pierres taillées dans des formes (triangle, trapèze, baguette) qui soulignent l’effet géométrique de la nacre disposée en marqueterie légèrement translucide. Au dos de la montre, la masse oscillante du mouvement reprend les nuances du cadran. La touche de haute joaillerie sait parfaitement évoquer la touche de haute couture, avec des lignes épurées qui rendent hommage à la haute horlogerie : c’est un des chefs-d’œuvre de l’année pour les montres Dior.

TECHNOMARINE : Des tatouages tribaux sur un crâne signé Franck Bouroullec…

La nouvelle Blackreef Vanity de TechnoMarine affiche l’heure sur un cadran créé par Franck Bouroullec, le plus rock’n’roll des artistes du street art mondain. Il n’y aura que vingt exemplaires de cette montre hypissime, trendyssime et pepsyssime, qui sera uniquement vendue à l’Eden Beach de Saint-Tropez (c’est l’ex-Voile rouge, la plage privée de Pampelonne) où il faudra être vu cette année. On en trouvera tout de même quelques autres exemplaires à la nouvelle boutique TechnoMarine du centre ville de Saint-Tropez, juste derrière Sénéquier. Boîtier de 45 mm, mouvement à quartz et qualité Swiss Made pour 2 000 euros, avec une lithographie de Franck Bouroullec en prime. Et ce sera tout pour cet été. L’idée de TechnoMarine est de développer cet esprit de collection « capsule » en liaison avec des créateurs contemporains.

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WALTHAM : Le retour d’une grande légende américaine de l’horlogerie…

À la fin du XIXe siècle, la maison Waltham avait appris aux Suisses la production des montres modernes sur une base industrielle. Au XXe siècle, la marque équipera les armées américaines, sur terre, dans l’air ou à la mer, au point, dit-on, d’avoir été jusque sur la Lune au poignet de David Scott (Appolo 15), septième homme à avoir marché sur la Lune et premier humain à y avoir piloté une « voiture ». L’épisode est d’autant plus méconnu et controversé que David Scott avait expliqué, à l’époque, que son Omega Speedmaster réglementaire (la fameuse Moonwatch) était en panne : dans les archives de la Nasa, les retranscriptions officielles des dialogues échangés sont formelles à ce sujet. L’heure de la renaissance a sonné pour Waltham, qui fête ses 160 ans et qui se relance avec un actionnaire italien, mais sur la base d’un concept Swiss Made parfaitement maîtrisé. Le design de cette première collection Aeronaval est inspiré des instruments de bord, comme ceux qui ont guidé Charles Lindbergh dans sa première traversée de l’Atlantique à bord du Spirit of St. Louis. Notez, en particulier, la petite seconde déportée à 12 h. Le boîtier dodécagonal de 47 mm (lunette en céramique) est une savante réflexion esthétique sur les angles, qui permettent d’alléger les volumes, de souligner les lignes de force de la montre et d’en travailler les jeux de lumière. Le style des cadrans est tout aussi suisse, avec plusieurs niveaux qui apportent une profondeur à l’affichage des heures et un guillochage qui allège le parti-pris noir. Au poignet, cette montre relativement volumineuse – mais sans rien de massif – reste légère (titane) et compacte, avec un confort réel pour le bracelet en caoutchouc vulcanisé et un non-conformisme non moins évident. C’est une des bonnes surprises de ce début d’été…

BURBERRY : L’heure des autres s’invite avec les couleurs de l’élégance…

Le double fuseau horaire est une des fonctions horlogères les plus utiles pour les nomades contemporains : on peut visualiser, d’un seul coup d’œil, deux heures différentes, qui correspondent à deux villes différentes (par exemple, celle où vous vous trouvez et celle de son votre domicile. Cette Burberry The Britain Dual Time a choisi d’afficher cette seconde heure, sur vingt-quatre heures (pour ne réveiller personne par un appel à trois heures du matin), grâce à une aiguille de couleur qui contraste bien avec le noir velouté du cadran. Beaucoup d’élégance dans ce boîtier de 47 mm, doté d’un mouvement automatique suisse et d’une lunette en tungstène : décidément, cette The Britain est une des montres les plus réussies des années 2010…

HUBLOT : Un exosquelette pour tenter de retrouver une autre machine d’Anticythère…

Retrouvée au large de la Grèce par 90 m de fond, la Machine d’Anticythère est un des plus précieux témoignages du génie des mécaniciens de l’Antiquité grecque, puisqu’il ne s’agit pas moins que du premier « ordinateur » de l’histoire de l’humanité, conçu et réalisé il y a 2 200 ans. Les fragments retrouvés ont permis d’en reconstituer l’extraordinaire complexité mécanique, mais les archéologues pensent qu’on peut en retrouver d’autres éléments. Ils rêvent même d’en retrouver une seconde version, à laquelle les textes antiques font allusion et ils vont retourner sur le site où avait été retrouvée la cargaison de ce navire coulé en 87 avant notre ère. Problème : le site de ce naufrage a été déplacé trente à quarante mètres plus bas par un séisme. Pour plonger à cette profondeur et y travailler, on va donc expérimenter une sorte de combinaison rigide qui mettra le plongeur à l’abri de la pression : dotée de technologies d’avant-garde, cet exosquelette est une grande première dans l’exploration des océans. La maison Hublot, qui a reconstitué au format d’une montre-bracelet la Machine d’Anticythère, parraine cette expédition, dont les plongeurs seront équipés de montres Hublot Oceanographic 4000 – éprouvées à 4 000 m de profondeur, ce qui sera largement suffisant pour procéder à des fouilles entre 120 et 130 m de fond, au large de l’île d’Anticythère…

NOUVELLES MARQUES : De la canette en alu à la bulle transparente en PPMA…

Alors que les ventes de montres tendent à se tasser partout dans le monde (sauf au Proche-Orient), des nouvelles marques n’en continuent à se bousculer pour entrer sur le marché. Avec des arguments plus ou moins convaincants. En souscription collaborative sur Kickstarter, Can Watch propose des boîtiers réalisés dans des canettes de soda recyclées (aluminium), les montres étant assemblées dans des « ateliers protégés » en Asie : on additionne ainsi l’écologie et la compassion, avec cette légère concession à la mode que représente un boîtier hyperdimensionné à 54 mm. Outsider français promu cette fois sur la plate-forme de co-financement (crowdfunding) Indiegogo, la jeune marque O1, avec un O comme oxygène, est un concept de boîtier-« bulle » en PPMA (polyméthacrylate de méthyle), un thermoplastique totalement transparente plus lumineux que le verre et très résistant aux rayures : l’idée est de produire cette « sphère » en Suisse,  avec un mouvement dont les rondeurs et les aiguilles apparaissent en toute transparence (image ci-dessous) pour encapsuler les heures…

Kickstarter

Indiegogo

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Plus sur Business montre

Lien : http://www.businessmontres.com

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