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QI et petites roulettes : les trottinettes électriques rendent-elles con ?
©François NASCIMBENI / AFP

Mon « grand débat » à moi

QI et petites roulettes : les trottinettes électriques rendent-elles con ?

La trottinette électrique en libre accès est-elle une magnifique invention tombée entre les mains de primates ou plutôt la toute dernière création du diable ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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J’en suis déjà à mon troisième changement d’avis sur la trottinette électrique en libre accès mais je ne suis pas encore certain d’en être au bout de ma réflexion.

D’abord, j’ai commencé par les trouver complètement débiles, ces adultes qui se rendaient au boulot perchés sur le cadeau de Noël de leurs rejetons. Et pourquoi pas en petite voiture à pédales ? Ou même en boule sauteuse ? Non, vraiment, moi-même, je ne me voyais vraiment pas troquer mon Décathlon vingt-quatre vitesses à freins à disques de grande personne pour un mode de transport aussi grotesque.

Puis, parce qu’il n’y a que les imbéciles qui n’acceptent pas de voir le réel chambouler leurs préjugés, j’en suis venu à me dire qu’il n’avait pas que de mauvais côtés, ce machin-là. Il ne prend pas beaucoup de place parce qu’il est tout petit, il ne pollue pas parce qu’il est électrique (du moins tant qu’on n’a pas besoin de recycler sa batterie), il est conçu pour être partagé, ce qui permet d’en réduire le nombre et d’en optimiser l’utilisation et, surtout, il permet d’éliminer au moins une partie des trajets en bagnole de ces urbains qui ne savent plus faire 500 mètres à pied.

C’est sûr, il risque aussi d’accélérer la transformation de l’humanité en une bande de gros patapoufs motorisés comme dans Wall-E mais, à tout prendre, ce serait presque un moindre mal...

Mais maintenant que les trottinettes sont aussi répandues dans nos villes que les crottes de chiens sur les trottoirs de Marseille, voici que mon nouveau point de vue émerge. Enfin, davantage une interrogation qu’une opinion, en réalité : la trottinette électrique rend-elle con ? Circuler sur ce petit engin ferait-il perdre tout sens commun à son utilisateur ?

Le type qui déboule à toute berzingue au milieu des passants dans une zone piétonne était-il déjà crétin avant de monter sur la trottinette ou l’est-il devenu en téléchargeant son appli Lime ? Et lorsqu’il en a terminé avec son jouet et qu’il l’abandonne en plein milieu du passage, le fait-il par incivisme, innocente inadvertance, ou réelle volonté de nuire à autrui ? Big mystère.

Mais je suis bien déterminé à le lever, ce mystère, et à me forger une opinion définitive sur la trottinette comme vecteur de progrès ou, au contraire, nouvelle nuisance urbaine à combattre. Le prochain trottinettiste qui explose une vieille dame en ma présence ou abandonne sa monture pile sur mon chemin au lieu de la déposer gentiment là où elle ne gêne personne, je le capture, je le transporte dans ma cave et je le torture jusqu’à ce qu’il me livre son secret. Dès que je suis fixé, promis, je reviens vers vous (à vélo).

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