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Printemps républicain : la laïcité peut-elle redevenir une valeur de gauche ?
©Reuters

Temps des cerises, le retour

Printemps républicain : la laïcité peut-elle redevenir une valeur de gauche ?

Le "Printemps républicain" est la dernière tentative en date de repeindre la laïcité en rouge. Bel effort mais il faudra sans doute passer plusieurs couches.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Bon, pour le drapeau tricolore, voire même pour La Marseillaise, pas de doute, c'est mort. Hollande avait bien tenté de reprendre l'usufruit du fanion national à l'extrême droite lors de l'hommage aux victimes du Bataclan, mais il serait difficile de parler de franc succès. Quant au tube révolutionnaire de Rouget de Lisle, c'est tout juste s'il n'est pas désormais dénoncé comme hymne au fascisme, avec son couplet sur le "sang impur" que les mal-comprenants traduisent volontiers par Frankreich über Alles.

Mais voici qu'un groupe d'intellectuels de gauche (statut généralement conféré par leur hostilité à la loi El Khomri mais c'est un raccourci facile, je suis bien placé pour le savoir), se mêle de reprendre le contrôle d'une laïcité à la dérive, nouvel avatar du racisme institutionnel et de "l'islamophobie" selon les Tartuffes censés en être les gardiens.

Baptisé "Printemps républicain", ce collectif animé par le politologue Laurent Bouvet et dont le lancement officiel est prévu pour aujourd'hui dimanche 20 mars (La Bellevilloise, 19 rue Boyer Paris 20e, à partir de 14h30 – venez nombreux ! ), peut-il réussir là où tant de valeureux soldats de la raison progressiste, du team de Charlie-Hebdo à Élisabeth Badinter, sont déjà tombés ?

Et est-il encore envisageable, quand les grands prêtres du sinistrime ultra-orthodoxe prennent le thé avec Tariq Ramadan ou débattent des vertus civilisatrices du salafisme, de remettre les pendules de la République à l'heure ? Rien n'est moins sûr, à en juger par le peu d'intérêt des médias de gauche pour une initiative résolument installée sur la voie étroite entre tenants de la "diabolisation des arabo-musulmans" et de l' "islamo-gauchisme", seuls Marianne et Causeur semblant souhaiter s'impliquer (mais ces deux-là sentent le souffre et le finkielkrautisme, comme chacun sait).

On ne peut pourtant que souhaiter à ces activistes printaniers de, au minimum, parvenir à réveiller les apathiques et les pusillanimes. Le drapeau, après tout, on peut vivre sans. Et même de La Marseillaise, on pourrait se passer. Mais si la laïcité devait prendre le même chemin, il ne resterait vraiment plus grand chose à défendre.

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