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Petite sociologie de la primaire de droite : dis-moi qui tu es, je te dirai quel candidat tu préfères probablement
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Petite sociologie de la primaire de droite : dis-moi qui tu es, je te dirai quel candidat tu préfères probablement

Selon un sondage Ifop réalisé au mois de mars, si la sensibilité politique détermine fortement le choix du candidat à la primaire de la droite et du centre, le duel entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy fait apparaître un nouveau clivage. Retraités et CSP+ tendent ainsi à voter pour le premier, tandis que les jeunes et les ouvriers plébiscitent le second.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : vous avez réalisé un baromètre des intentions de vote à la primaire de la droite et du centre. Quels profils sociologiques peut-on établir en fonction du choix des candidats ?

Jérôme Fourquet : La première chose qu'il convient de rappeler c'est que nous travaillons là à partir d'un sous-échantillon, lui même tiré d'un échantillon très représentatif de la population française de 8 000 personnes interrogées. Mais ce sous-échantillon n'est composé que de personnes nous ayant déclarées être sûre d'aller voter à la primaire de la droite et du centre en novembre prochain. Très logiquement, ce sont les électeurs de droite qui sont sur-représentés.

L'un des premiers enseignements c'est que de la même façon que nous voyons de vrais écarts en termes de préférences en fonction de la sensibilité politique, si l'on ne prend en compte que les électeurs de droite, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé font jeu égal ce qui est de nature à rassurer les sarkozystes. Les électeurs centristes et de gauche voteraient eux plus majoritairement pour Alain Juppé.

Mais bien sûr cette segmentation n'est pas la seule ligne de clivage : il y a des différences générationnelles et sociologiques. C'est ainsi que plus les sondés montent en âge, et plus Alain Juppé fait des scores importants (28% chez les -35 ans et + de 40% chez les plus de 50 ans). Nicolas Sarkozy lui, bénéficie d'abord du soutien des plus jeunes (37% chez les moins de 35 ans soit 9 point devant Alain Juppé ; et un peu plus que 20% chez les plus âgés soit deux fois moins).

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La sensibilité politique est donc un marqueur aussi fort que le critère générationnel. Les sarkozystes ont tendance à penser que plus le corps électoral sera serré, à droite, et plus leur champions aura ses chances. Mais on serait à la lecture de ce sondage aussi tentés de dire que plus il serait jeune, et plus il aurait ses chances aussi. Inversement plus l'électorat qui se déplacera pour voter à la primaire sera âgé, correspondant à une droite plus classique, civique et participative, plus ce sera une bonne chose pour Alain Juppé.

Chez Bruno Le Maire on sera sur un électorat plus masculin, tout comme Alain Juppé, alors que Nicolas Sarkozy fait de bons scores chez les femmes.

En termes de catégories socio-professionnelles (CSP), les choses sont assez intéressantes : sur les CSP+ et les professions intermédiaires, Alain Juppé fait de meilleur scores (+ de 40%) alors que Nicolas Sarkozy est à 20%. A l'inverse chez les ouvriers et les employés, Alain Juppé est à 26% alors que Nicolas Sarkozy est à 34%. Quelque part on peut dire que la droite d'en haut, âgée et aisée vote donc Alain Juppé alors que la droite d'en bas, plus jeune et plus modeste vote davantage pour l'ancien Président.

Bruno Le Maire est plébiscité surtout chez les personnes âgées malgré un score non-négligeable chez les 18-24 ans. Ce n'est pas forcément l'image attendue quand on sait qu'il a principalement axé sa campagne sur le renouvellement de la classe politique. De même il fait des scores intéressants chez les CSP+ et les professions intermédiaires.

Pour François Fillon, les scores sont assez étalés, les différentes catégories sociologiques sont plutôt uniformément représentées.

L'idée des sarkozystes est de donner vie au remake de l'élection présidentielle de 1995 entre Edouard Balladur et Jacques Chirac. Pour eux, Alain Juppé jouerait le rôle du premier et Nicolas Sarkozy celui du deuxième, soutenu par la droite d'en bas, populaire. C'est une réalité que l'on constate enquête après enquête.

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