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Montebourg plus fort que Sarkozy ; 49-3 : quand l'article le plus antidémocratique de la Constitution est le garant le plus efficace de la volonté populaire
©Reuters

Zone franche

Montebourg plus fort que Sarkozy ; 49-3 : quand l'article le plus antidémocratique de la Constitution est le garant le plus efficace de la volonté populaire

Montebourg en Superdupont, l'Europe en Mamie Bettencourt, le 49-3 en sauveur de la démocratie... C'est la semaine des analogies qui tuent.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Montebourg en Superdupont

Arnaud Montebourg est un type extraordinaire. Littéralement. Un véritable super héros. Ce n'est pas moi qui le dit c'est un quotidien new-yorkais qui, racontant comment l'ancien ministre français a sauvé la vie des clients d'une brasserie à la mode en retenant un miroir de plus de 100 kilos qui venait de se décrocher du mur, s'extasie sur son courage et sa présence d'esprit.

Bon, en vérité, nous, on le savait déjà, que le bonhomme n'était pas tout à fait comme tout le monde. Avant de jouer des muscles entre une salade périgourdine et un coq au vin, il s'était déjà débrouillé pour ramener 91 entreprises et 11 250 salariés à la vie, assimiler les grands principes du capitanat d'entreprise en quatre semaines chrono et mettre la France en position de remporter une médaille d'or aux prochains JO de l'exportation avec sa nouvelle société par actions simplifiées « Les équipes du Made in France »...

Mais là où il fait encore plus fort, notre Superdupont, c'est lorsqu'il se met à faire des tournées de conférences rémunérées à travers le mondeavant même d'avoir été président de la République, un exploit que même Hyper Sarko n'avait pas été fichu d'accomplir. A Princeton pour quelques semaines, il éclairera en effet les futurs leaders du business yankee sur les subtilités de la macro-économie, ce qui est tout de même plus chic que d'évoquer ses souvenirs de l’Élysée devant des princes du pétrole à Abou-Dhabi entre les deux tours d'une élection partielle, avouons-le.

Reste à savoir si, parmi les super-frondeurs socialistes rêvant d'un destin national, il ne laissera pas manger la laine sur le dos par Benoît « Brisefer » Hamon. Après tout, pendant que Montebourg épate les Américains, son ancien camarade de sédition occupe seul le terrain de l'anti-macronisme néo-libéral. Hé hé, à chaque Superman sa kryptonite...

Vive le 49-3 !

Franchement, la seule chose que je regrette au sujet du recours au fameux 49-3, c'est qu'il n'ait pas précédé le dépôt de tous les amendements à la gomme limant les dents de la très bienvenue loi Macron. Le barouf convenu n'aurait pas été moins grand et on aurait peut-être enfin mis les notaires au pas, entre autres joyeusetés...

J'écoutais d'ailleurs l'excellente historienne Mona Ozouf, l'autre matin sur France Inter, se désoler de la permanence du radicalisme politique gaulois qui conduit les partis à s'affronter jusqu'à la mort sur tout et n'importe quoi depuis deux siècles au nom de subtilités idéologiques dont tout le monde se contrefiche en dehors de leurs cénacles.

Les Français sans ambition élective particulière sont, semble-t-il, majoritairement favorables à tout ce qui peut relancer un peu la machine et les grotesqueries tactiques de la gauche du PS ou de la droite de l'UMP vont finir par les agacer sérieusement. Comme l'écrit l'économiste Robin Rivaton, aka « l'anti-Zemmour de Juppé », la France est prête à passer à autre chose depuis un moment déjà. Dommage que les élites censées être son avant-garde conceptuelle ne s'en soient toujours pas rendues compte. Et qu'il revienne à l'article le plus anti-démocratique de la constitution d'être le garant le plus efficace de la volonté populaire.

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La Grèce en Banier, l'Europe en Mamie Bettencourt...

Personne pour voir les analogies entre l'affaire Banier-Bettencourt et les aventures de la Grèce en Euroland ? Entre une vieille dame riche un peu gâteuse qui sert de distributeur automatique à un beau parleur qui n'aime pas que l'on confonde son côté artiste insouciant avec un bête goût pour l'escroquerie et un groupe de nations pusillanimes qui joue la corne d'abondance pour un petit pays vindicatif ?

Non, c'est vrai qu'il y a des différences. Banier peut bien délester l'héritière L'Oréal de quelques centaines de millions d'euros, le magot est à peine entamé et il n'y pas grand monde pour défendre un gigolo aussi arrogant que déplaisant. Les Grecs, en revanche, ont toute la sympathie de ceux qui ont choisi de penser qu'il était légitime de ne pas rembourser ses dettes tout en continuant à passer au guichet à intervalles réguliers. Si Athènes est dans la mouise, assurent-ils, c'est la faute d'affreux capitalistes néo-libéraux qui s'entêtent à lui réclamer des réformes indignes façon loi Macron.

Moi je n'ai rien contre les Grecs. J'en mange même à l'occasion avec de la sauce blanche et des frites au kebab du coin de la rue, mais à 1 000 euros le sandwich par contribuable, je comprends le point de vue de ceux qui se remettraient bien au jambon-beurre-cornichon.

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