Majorité parlementaire : « trop », c’est à partir de combien ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Majorité parlementaire : « trop », c’est à partir de combien ?
©Reuters

Poids et mesures

Majorité parlementaire : « trop », c’est à partir de combien ?

Macron aura très précisément la majorité que les électeurs lui accordent. Tout le reste relève du baratin.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

Voir la bio »

Il semblerait que l’on s’inquiète, au PS ou chez LR, du moins dans ce qu’il reste des ces formations de rentiers du bi-partisme « de gouvernement », d’une possible hégémonie du macronisme à l’Assemblée. En réduisant son opposition à la portion congrue, En Marche menacerait le processus démocratique et se retrouverait libre de, littéralement en l’espèce, « faire la loi » avec son armée de godillots dociles.

 

Au-delà du petit côté désespéré de ces alertes, qui disent plutôt le désarroi de notables qui prévoyaient de voguer jusqu’à la retraite sur la mer d’huile de circonscriptions dont ils se croyaient les propriétaires, on a du mal à saisir à partir de combien de sièges une majorité devient « trop forte »…

 

Et l’on se demande comment la capacité d’un président à se doter d’un assez grand nombre de parlementaires pour soutenir son action est subitement devenue la marque de son ambition dictatoriale. Jusqu’à ce que les « observateurs » passent du « Macron, c’est une bulle, ça ne marchera jamais » au « Macron, c’est César », on se félicitait généralement, à gauche comme à droite, d’avoir troqué le chaos chronique des IIIe et IVe Républiques pour la stabilité d’un gouvernement ne risquant pas de tomber trois fois par semaine.

 

Les angoissés de juin 2017 l’étaient d’ailleurs nettement moins en juin 1988, lorsque c’était au tour du PS de faire du « manspreading » au Parlement, tout comme ils ne tremblaient pas tant que ça en 2007, lorsque c’est l’UMP qui contrôlait les travées. Et le raisonnement vaut pour à peu près chaque législature depuis 1958.

 

Jusqu’à plus ample informée, tous les candidats En Marche encore en lice aujourd’hui sont susceptibles d’être battus. Les Français auxquels le remplacement de tel ou tel ténor aguerri par la tripotée de ses mandats précédents par un petit nouveau (ou, le plus souvent, une petite nouvelle) sans expérience donnerait vraiment des sueurs froides ont donc toute latitude pour corriger le tir.

 

S’ils ne le font pas, et quelle que soit la teneur du baratin amer que fourbissent déjà les vaincus pour leur intervention de ce soir à la télé, ce sera sans doute qu’ils n’en n’avaient pas envie.

 

En tout état de cause, les minoritaires du palais Bourbon auront exactement les mêmes prérogatives d’opposants, qu’ils soient confrontés à 330, 350 ou 400 députés macroniens. Les appareils, en revanche, auront effectivement moins de fromage sur leur plateau mais ça ne fera pas pleurer grand monde.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !