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Les jeunes, génération totalement pigeonnée ; le FN à l'offensive sur les milieux enseignants 
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Revue de presse des hebdos

Les jeunes, génération totalement pigeonnée ; le FN à l'offensive sur les milieux enseignants 

Et aussi : "Quand la révolte gronde". Et pour nous, à quand la prochaine insurrection ? ; Nina Simone "voix de la revanche", célébrée ; l’alignement des planètes fait s’envoler les marchés boursiers : comment en profiter M. Warren Buffett ?... C'est la revue de presse des hebdos, par Sandra Freeman.

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Sandra Freeman est journaliste et productrice.

 

Voir la bio »

- Nina Simone, « voix de la revanche », célébrée.

- « Quand la révolte gronde ». Et pour nous, à quand la prochaine insurrection ?

- Pouvoir, argent, empli : la guerre des générations - les jeunes, des « pigeons ».

- Sortie de crise : pourquoi on peut y croire ?

- L’alignement des planètes fait s’envoler les marchés boursiers : comment en profiter M. Warren Buffet ?

- Apple croque : 34 000 iPhone vendus par heure ! Et la Watch : un nouveau besoin ? Une « révolution » ?

- Bruxelles rugit, Google trinque : il détient 90% du marché européen et abuse de sa position dominante.

- La lepénisation des esprits enseignants : « Des idées portées par l’effervescence soixante-huitarde sont passées du rouge au brun via le républicanisme ».

 - L’Institut Pasteur et un drôle de labo pour la mecque.

 

Nina Simone, "voix de la revanche », célébrée.

Qui bénéficie d’une nouvelle aura auprès des jeunes musiciens et qui donne la parole aux jeunes pour l’évoquer :

 

Yael Naïm : « Nina Simone a amené la richesse de sa formation classique dans la chanson, le blues et le jazz. »

 

Elle était une « artiste libre, pas lisse dont on a particulièrement besoin en cette période où la musique est si souvent commerciale et où les chanteurs sont politiquement corrects ». Voilà comment Yaelle Naim rend hommage dans Télérama à la « pasionaria de la cause afro américaine ». Le magazine saisit l’occasion qu’un hommage lui soit rendu au Printemps de Bourges dans quelques jours pour la mettre à l’honneur, en Une, clamant être « fous de Nina Simone ». Nina Simone, reine du blues, déesse du jazz qui a subi la ségrégation pendant son enfance, a incarné la « voix de la revanche », de la liberté et a montré tout au long de sa vie qu’un avenir meilleur était possible.

 

« Quand la révolte gronde ». Et pour nous, à quand la prochaine insurrection ?

Télérama, toujours, propose un dossier autour des insurrections. Prise de la Bastille, commune, mai 68, émeutes de 2005 : l’historien Jean-Claude Caron analyse trois siècles d’insurrections populaires, qui généralement « commencent en manifestation, et dégénèrent en émeutes ou révolutions contre la restauration monarchique ou la République ».

 

On y retrace quelques petits éléments philosophico-historiques intéressants, question de savoir si l’insurrection a plutôt été plébiscitée ou rejetée par les intellectuels : avant le 18ème siècle, « le principe qui domine est la respublica, "la chose publique" censée satisfaire au bien être de la majorité. L’insurrection ne peut donc être envisagée avec beaucoup de réticence, qu’en dérive du pouvoir personnel, et ne remet jamais en question le respect dû aux institutions existantes ». Mais avec les Lumières, on voit les choses sous un autre jour : « Pour Rousseau et Voltaire, le peuple reste une entité dangereuse » trop « d’émotions populaires »… en gros, le danger, c’est le peuple qui manque d’esprit pour comprendre son monde.

 

On apprend aussi en passant que l’insurrection populaire était un droit inaliénable dans l’article 35 de la déclaration de 1793 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »… Mais que ce droit ensuite disparaît de la Constitution en 1946… Le « mot était porteur de désorganisation sociale et politique ». Mais quand la société perd son cap, sans insurrection, le peuple a-t-il du coup le droit de réagir ou faut-il courber l’échine ? A quand la prochaine insurrection ?

 

Pouvoir, argent, empli : la guerre des générations - les jeunes, des « pigeons ».

Vous vous rappelez de ce fameux discours du candidat Hollande le 22 janvier 2012 ? Petit flash back : « Si je reçois le mandat d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est ce que mes jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse »… Hollande avait bien mis les jeunes au cœur de sa campagne présidentielle. Depuis, c’est une autre histoire, semble-t-il.

 

Imaginez donc qu’aujourd’hui, avec une dette publique dépassant les 2 000 milliards d’euros, chaque petit français commence désormais sa vie lesté d’une dette de plus de 30700 euros. Et ça, c’est que le début.

 

François Lenglet signe cette semaine dans le Point un long article - qui fait la une d’ailleurs -  au sujet du « pire scandale français » : la Génération pigeon !!! Selon lui, la guerre des générations n’aura pas lieu. « Pour les uns tout a été confisqué par les aînés – ces baby boomers voraces qui, tel un Johnny Hallyday, refusent de quitter la scène alternant tournée d’adieux et chirurgie esthétique ». Et « pour les autres, les jeunes n’ont qu’à travailler d’avantage : plus de ténacité et moins de RTT, voilà le viatique que les vieillards adressent aux geignards ».

 

Mais le peuvent-ils ?

 

A nous de prouver que non, chiffres à l’appui. « Voilà une vingtaine d’années que le taux de pauvreté des jeunes (revenus inférieurs à 60% de la médiane française) est plus élevé que celui de toutes les autres classes d’âge ». La faute à quoi ? A « un marché du travail sélectif » (parmi les 15-24 ans entrés dans la vie active, un sur quatre pointe à Pôle emploi, soit plus du double de la moyenne française), à l’immobilier devenu inaccessible (« Depuis 1996, le prix des logements anciens en France Métropolitaine a progressé de 147 % et de 223% à Paris », alors que le revenu moyen par ménage a augmenté de 15,6% seulement), le tout qu’il faut ajouter à un écosystème favorable aux possédants, à l’héritage qui passe désormais des très vieux… aux vieux. Et en plus des choix politiques, économiques ou des évolutions biologiques comme la durée de vie, il y a aussi changements sociologiques, avec l’explosion des familles. Mais peut-on attendre des lendemains meilleurs ?

 

Sortie de crise : pourquoi peut-on y croire ?

« L’Express » propose une « Une » fleurie et ensoleillée, évoquant le trio « croissance, bourse, confiance »… « ça repart. L’analyse de Daniel Cohen ». Voilà qu’est ce qui est écrit sur le magazine en couverture quand on l’achète (et qu’on a envie d’y croire un peu). Puis on l’ouvre. Et là ce n’est plus la même prairie quand on lit en détail le point de vue de l’économiste : « croire à la fin de crise non. A une reprise, oui » ! Ah c’est plus mitigé, mais ça va quand même aller mieux ? « Pour prendre une image, on remonte une marche d’escalier, ça ne veut pas dire que l’Escalator repart »… et plus loin encore : « il ne s’agit pas d’un retour de la croissance durable. Nous n’avons réglé en fait aucun problème de fond de la zone euro », dixit Daniel Cohen.

 

Mais alors pourquoi fleurir le magazine ? Et bien parce que, tout de même, les signes d’une amélioration de la situation économique se multiplient en France. Les ménages reprennent espoir (le moral en hausse même si on ne voit pas encore la vie en rose), l’automobile redémarre, l’intérim recrute, le Rafale s’exporte et même si les entreprises hésitent encore à investir, les grandes entreprises - elles -  profitent (d’ailleurs LVMH, Axa, ou l’Oréal… les ténors affichent plus de 64 milliards d’euros de bénéfices cumulés en 2014).

 

Alors oui, il y a eu le 8 avril et Manuel Valls qui a présenté une série de mesures destinées à inciter les entreprises à investir… Mais quand on pose la question : d’où provient cette embellie ? La réponse de l’Express est claire : « Le gouvernement, à dire vrai, n’y est pas pour grand chose »… Elle s’explique principalement par une conjonction de phénomènes extérieurs bienvenus… « Le fameux alignement des planètes ». Et d’ailleurs, « le gouvernement est engagé dans une course contre la montre, une course qui devrait le pousser à agir plutôt qu’à temporiser ». Car le retour pérenne de la croissance réclame surtout un élément qui fait défaut : « la confiance ».

 

L’alignement des planètes fait s’envoler les marchés boursiers : comment en profiter, M. Warren Buffett ?

Et même si l’offre peine à redémarrer et que le chômage ne devrait amorcer sa décrue que dans le courant 2016, il y a un indicateur au vert : le CAC 40 qui efface la crise. Il est au plus haut depuis 2008.

 

D’ailleurs, « Challenge » s’emballe un peu et nous propose de « faire fortune en bourse », et de surfer sur cette vague heureuse des baisses des taux, de l’euro et du prix du pétrole. Pour cela, ils sollicitent les conseils (avisés) du « plus grand gourou de la finance », le bien nommé Warren Buffett (président de Berkshire Hathaway Inc et deuxième homme le plus riche du monde après Bill Gates, avec une fortune estimée à 74 milliards de dollars… d’où le « avisés »). Sur les 50 dernières années, la valeur boursière de l’action Berkshire Hathaway a augmenté de 1826163% - soit 18 000 fois la mise pour une action qui est passée de 11,37 dollars à plus de 214000 dollars, rappelle-t-on dans l’hebdo. Parmi ses plus beaux coups boursiers, il y a par exemple en 2005, Goldman Sachs : en pleine crise des subprimes, alors que les banques sont au tapis, Berkshire investit 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs. Warren Buffett en reste aujourd’hui un des grands actionnaires, pour un gain potentiel de 2 milliards de dollars. Un exemple qui peut nous permettre de lui accorder quelque crédit en terme de stratégie boursière. Et que dit le financier de 84 ans ? C’est que « la conclusion, à tirer de ces 50 dernières années, c’est qu’il a été beaucoup plus sûr d’investir dans un porte feuille diversifié d’entreprises cotées que dans des titres dont la valeur est liée à l’Etat, comme les obligations au Trésor »… Bref, selon lui,« à long terme les actions sont moins risquées que les obligations » !

 

Apple croque : 34 000 iPhone vendus par heure ! Et la Watch, un nouveau besoin ? Une « révolution » ?

Ne vous inquiétez pas, niveau boursier, la pomme de l’informatique va aussi très bien ! Elle est la première société mondiale par sa valeur boursière (727 milliards de dollars). « L’Obs », qui se concentre sur ce géant et son nouveau mini produit connecté, la « Watch », recadre qu’au cours des trois derniers mois de 2014, Apple a vendu 34 000 iPhone par heure, nuit comprise dans les 130 pays où son produit vedette est en vente. Comprenez que ça va plutôt bien ! Mais l’hebdo est tenté d’enquêter du « coté obscur de la pomme ».

 

Imaginez ça : nous regardons notre mobile en moyenne 221 fois par jour ! Alors forcément, on complète l’offre du téléphone désormais par la montre connectée, qui sort ce 24 avril. Le pdg d’Apple, Tim Cook, a refait le coup de la « révolution ». Et au-delà de cet effet d’annonce prometteur, déjà pourquoi s’en procurer une ? Un nouveau  besoin ? « On n’en a pas besoin. C’est seulement un truc cool à avoir », répond un vendeur aux US au journaliste de l’Obs. Et c’est là que ça bloque : « Apple passe pour l’entreprise la plus cool du monde. Mais le géant de l’informatique a surtout pris le contrôle de nos vies, au point de nous faire désirer un nouvel objet dont nul ne perçoit encore l’utilité ».

 

Triomphe ou bide ? Nous verrons. Pour l’heure, les deux millions de commandes sont encourageantes, mais « les ados et jeunes adultes n’ont pas l’air emballés pour autant ». Ce sera sans doute testé à l’usage, pour accompagner la tendance grandissante aux applis basées sur la géolocalisation, comme TripAdvisor ou Meetic. Plus de « t’es où? » au téléphone, mais des montres qui se reniflent et décident de nous rapprocher, ou de remplacer nos clés… Bref d’entrouvrir une porte vers une nouvelle ère.

 

Bruxelles rugit, Google trinque : il détient 90% du marché européen et abuse de sa position dominante

Petit rappel dans l’article de Télérama : « Google pas chouchou de Bruxelles ». En mai 2014, alors qu’il occupait toujours un bureau à Bercy, Arnaud Montebourg s’était fâché tout bleu-blanc-rouge : « l’Europe et la France ne doivent pas devenir des colonies numériques des géants de l’Internet mondial ». Et bien aujourd’hui, le géant californien est accusé par les gendarmes de la concurrence d’abuser de sa position dominante - « ô surprise ».

 

Hégémonie sur le sol européen, vraiment ? Oui, on dirait bien tout de même, puisque Google détiendrait 90% du marché. Mais en plus, il profiterait de son leadership pour privilégier ses propres services et serait capable « d’anéantir ses rivaux d’un bruissement d’algorithme ».

 

Et face au géant américain, quelle petite voix a donc osé s’élever ? Celle de Margrethe Vestager. Voyez ? C’est la commissaire européenne à la concurrence, rappelle-t-on dans « Challenge »…« La commissaire aux 100 000 abonnés sur Twitter. Ex ministre de l’Economie et de l’Intérieur du Danemark, elle vient d’accélérer la procédure ouverte en 2010 contre Google et lui a donc adressé une « communication des griefs » le 15 avril. A 47 ans, cette fille de pasteur est une « fine négociatrice, a dirigé le Parti social-libéral danois »… mais surtout, c’est elle qui « a inspiré la série télévisée Borgen ». Forte femme, on comprend mieux. Surtout, en comparaison de son prédécesseur, qui avait semble-t-il voulu minimiser la position dominante de Google avant de « détourner l’attention vers un autre poids lourd américain Amazon, qu’il considère comme son plus gros concurrent ».

 

Google a maintenant 10 semaines pour faire opposition.

 

La lepénisation des esprits enseignants : « Des idées portées par l’effervescence soixante-huitarde sont passées du rouge au brun via le républicanisme. »

Dans sa chronique hebdomadaire dans L’Express, Emmanuel Davidenkoff remarque et fait remarquer que « des signaux que l’extrême-droite enseignante, regroupée sous l’égide du collectif Racine, appellent d’anciens intellectuels classés souvent à gauche à rejoindre ses rangs ».

 

Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut et Jean-Claude Michéa auraient d’ailleurs été invités à devenir « membres d’honneur » du collectif en 2013. Le collectif qui « revendiquait une « dette intellectuelle ». Brighelli releva lui-même la manœuvre : « C’est le Front National qui aujourd’hui reprend sans vergogne, avec un opportunisme impeccable, les thèses des Républicains. »

 

L’Institut Pasteur et un drôle de labo pour la Mecque : la France va-t-elle trop loin ?

Cette question est posée par l’Obs : « Pour faire plaisir aux pinces saoudiens qu’elle courtise assidument, la France va-t-elle trop loin ? ». En effet, l’information interpelle. L’institut Pasteur envisage d’aider Riyad à se doter d’un laboratoire biologique de haute sécurité. « Les labos en question ne sont pas des officines anodines. On y manipule, purifie et éventuellement modifie les agents mortels et souvent très contagieux, contre lesquels on ne connaît pas d’autres traitements comme l’anthrax, la peste, le sras et même le virus Ebola pour le P4 (niveau de sécurité le plus élevé) », écrit-on dans l’Obs, qui attire notre attention sur le danger d’un tel projet.

 

De hauts responsables redoutent que, pour faire plaisir à son nouvel ami saoudien, le gouvernement français ne prenne un risque inconsidéré. D’abord, il y a la question du terrorisme. Mais aussi, « un officiel français rappelle que l’Arabie est une dictature moyenâgeuse où la liberté d’expression n’existe pas (même pas dans les textes de loi) et où il est explicitement interdit de critiquer le gouvernement ». « Qui va oser donner l’alerte s’il y a un problème ? » demandent-ils. En France, les ultra-centrifugeuses et les autoclaves de ces labos sont vérifiés régulièrement par une autorité indépendante. « Pensez-vous qu’un tel organisme autonome puisse fonctionner librement en Arabie Saoudite ? ».

 

 

 

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