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Les investisseurs ignorent l'orage qui gronde sur les taux d'intérêt.
Les investisseurs ignorent l'orage qui gronde sur les taux d'intérêt.
©Pixabay

Revue d'analyse financière

Les investisseurs demeurent sur un petit nuage en ignorant l'orage qui gronde sur les taux d'intérêt

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Les banques centrales savent très bien empêcher les marchés actions de baisser mais ne savent pas encore relancer les économies. C’est très exactement ce qui se passe au Japon depuis vingt ans, ce qui s’est produit aux Etats-Unis depuis six ans et ce que nous voyons aujourd’hui en Europe.

On a toujours le droit de danser sur un volcan, mais autour du cratère, il faut regarder les fumerolles qui se produisent. Les marchés des changes sont affectés par très une forte volatilité qui montre bien qu’il y a des problèmes de liquidité dans le système.

Les marchés obligataires savent très bien que les taux devront remonter, mais en attendant ils sont confrontés aux taux d’intérêt négatifs. La Suisse vient d’emprunter à dix ans au taux négatif de -0,05%, du jamais vu. L’Allemagne et même la France devraient suivre. Le pétrole Brent est remonté de plus de 5% dans la semaine à 57,87$, ce qui montre que le baril à 25$ n’est pas encore une certitude.

Les marchés actions en profitent. Le CAC 40 en hausse de 22% depuis le début de l’année n’a pas encore retrouvé son plus haut de septembre 2000 à 6944. Le Dax a pulvérisé depuis longtemps son record historique.

Tout investisseur devrait maintenant se poser la question : "comment préserver le capital que je détiens ?"

En France, la communication ne peut remplacer les réformes nécessaires

Par rapport à la situation de décrochage de l’économie française, ce qui reste de la loi Macron, c’est du bricolage. Quant aux dernières mesures en faveur de l’investissement de Manuel Valls, elles vont également dans la bonne direction. Malheureusement, ce n’est pas l’Etat qui décide. Pour relancer la croissance en France, il faut comprendre que les entrepreneurs du privé doivent avoir suffisamment confiance dans leurs perspectives pour prendre le risque d’investir.

Le bon exemple est celui du PEA-PME, qui était une bonne idée. Elle n’a pas rencontré le succès escompté pour une raison simple. Tout investisseur en France est sceptique compte-tenu de la complication des règles fiscales qui ont été érigées en méthode de gouvernement. Quant à l’Etat actionnaire, il n’hésite pas pour préserver ses actions à droit de vote double à se comporter comme un vulgaire Hedge Fund. Pour ne pas avoir à acheter des actions Renault dans le marché, l’Etat a emprunté des actions Renault à la Deutsche Bank. "Mon ennemi, c’est la finance" disait le candidat François Hollande au Bourget…

La France devient année après année plus socialiste, comme le montre toute une série de chiffres. Les dépenses publiques représentent 57,3% du PIB, soit dix points de plus que l’Allemagne ; elle est aussi championne de l’impôt juste derrière le Danemark ; les dépenses sociales pèsent 32% du PIB ; les Français sont enfin ceux qui ont la retraite la plus longue avec une moyenne de 24 ans soit 4 ans de plus que la moyenne de l’Union Européenne ; enfin les syndicats font la triste démonstration qu’ils sont incapables d’accompagner le très timide réformisme social démocrate proposé par Manuel Valls. Pour éviter de traiter ces sujets importants, le gouvernement va occuper le terrain avec les candidatures de Paris et de la France pour l’Exposition Universelle et les Jeux Olympiques. Il faut faire du "consensuel trans courant" recommandent les communicants. Cela fait monter la popularité du président.

En Grèce, le gouvernement d’Alexis Tsipras est en train de montrer que les fantasmes populistes n’existent pas. L’idée qu’il y a une autre politique est une illusion. Il faudra peut-être lui rendre hommage un jour pour son exercice pédagogique en vraie grandeur.

Aux Etats-Unis, la hausse du dollar, au plus haut depuis douze ans, commence à ralentir l’économie. Plus de 85 sociétés de l’Indice S&P 500 ont annoncé une baisse de leurs perspectives de résultats. Les derniers chiffres sur la création d’emplois ont été peu encourageants. Cela est peut-être du à la difficulté pour les sociétés de trouver des candidats correspondant à leurs besoins de recrutement.

La sortie de General Electric des activités financières a une double signification :

1/ Les perspectives dans la finance sont nettement moins intéressantes ;

2/ Le montant dégagé de la vente, soit 90Md$, servira à racheter des titres GE en bourse. Au lieu d’avoir une progression des dépenses d’investissement, nous avons une explosion des rachats d’actions !

Au Japon, l’indice Nikkei 225 a dépassé un moment les 20 000 points. A Hong Kong, l’indice Hang Seng,en hausse de 7,9% en trois jours, a franchi un plus haut de sept ans grâce au succès du dispositif "Stock Connect"

La sécurité est un marché mondial très porteur

La sécurité est un des quatre secteurs de l’économie qui permet de profiter dans la durée d’une croissance supérieure à celle de l’économie globale. Cela permet avec l’économie de la démographie, l’économie de la connaissance et l’économie verte de construire un portefeuille qui a plus de chances de résister aux turbulences boursières.

En France, le marché de la sécurité par activité se décompose, selon les derniers chiffres disponibles de l’  "Atlas de la sécurité" de la façon suivante :  21,9Md€ pour sécurité intérieure de l'Etat,  3,3Md€ pour le  gardiennage, 3Md€ pour la sécurité incendie, 2,8Md€ pour les équipements de protection individuels, 2,2 Md€ pour le contrôle d'accès électroniques, 1,3Md€ pour la sécurité des réseaux informatiques et des télécoms, 1,3Md€ pour les équipements blindés et les coffres, 1,1Md€ pour les alarmes, 1,1Md€ pour la vidéosurveillance, 1Md€ pour la sécurité aéroportuaire.

Malheureusement, les grands acteurs du secteur ne sont pas français.

Safran, parmi les sociétés importantes, réalise une partie de ses activités dans la sécurité. Amarante est spécialisé dans la sécurité des sites industriels. Elle a pour clients Alstom, Sanofi, GDF Suez, Total, CNES… Gallice  a été fondé par Frédéric Gallois, un ancien du GIGN. Ces deux dernières sociétés ne sont pas cotées.

En Grande-Bretagne, on trouve G4S, qui est la première société mondiale du secteur à être intégrée, ainsi que Serco et Ultra Electronics.

L’Allemagne offre Basler AG, spécialisée dans les caméras digitales pour le contrôle du trafic, la vidéo surveillance et aussi la médecine.

En Suède, on trouve Securitas, Loomis, Gunnebo AB et Precise Biometrics, société spécialisée dans la reconnaissance des empreintes digitales. Son concurrent norvégien est Next Biometrics

En Espagne on trouve Prosegur Compania de Seguridad.

En Suisse, Kaba Holding AG, qui produit des équipements de contrôle des accès.

Aux Etats-Unis, les grandes sociétés du secteur sont : Stanley Black & Decker, qui réalise 30% de son chiffre d’affaires dans la sécurité, Honeywell et L-3 Communications,  Synaptics dans la reconnaissance des visages etTaser International. Dans le domaine des caméras, on trouve Digital Ally ainsi que Image Sensing Systems.

Le Japon est un marché qui est en retard dans son taux d’équipement. Les grands acteurs sont Secom, Sogho, Central Security Patrols (gestion de gardes), Aeon Delight (facilities management), Zuken Elmic (communications, hardware and middleware pour la  surveillance), Hitachi Kokusai (lutte anti incendie), Canon Marketing Japan (images pour la sécurité et la surveillance).

La Chine dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres monte en puissance, avec notamment Hikvision, le numéro un des caméras de surveillance.

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