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Areva, dans le nucléaire, dossier piloté depuis l’Elysée devait être un des grands succès industriels de l’Etat qui font la gloire de l’Etat stratège. Il va falloir remettre 5 Md€ dans la société après la très mauvaise gestion d’Anne Lauvergeon.
Areva, dans le nucléaire, dossier piloté depuis l’Elysée devait être un des grands succès industriels de l’Etat qui font la gloire de l’Etat stratège. Il va falloir remettre 5 Md€ dans la société après la très mauvaise gestion d’Anne Lauvergeon.
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Revue d'analyses financières

Les grands échecs de l’Etat français stratège industriel…

En France, l’incertitude grandissante pourrait stopper une reprise encore fragile (progression de 0,4% du PIB au T4 2015). En plus d'être le seul pays européen où le niveau de chômage ne baisse pas, la France est obligée d’étaler au grand jour les échecs de sa stratégie industrielle.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Le débouclage des positions de produits dérivés sur les matières premières est le vrai sujet du moment. Selon les quelques hedge funds qui suivent de près la situation le montant de l’encours serait de 4000 Md$ sur un encours total de 12 000 Md$. Pour bien comprendre l’importance de ces chiffres, il faut se rappeler qu’en 2008-2009 au moment de la crise des subprimes une perte nominale de 500 Md$ sur le marché des mortgages avait eu pour effet avec les produits dérivés de se traduire en 28 000 Md$ de perte sur le marché des actions !

Le pire n’est bien évidemment jamais certain mais cela constitue une incitation de plus à construire un « bar-bell portfolio » qui va en cas de forte dégradation de la croissance détiendra des Bons du Trésor à 30 ans en dollar, des  obligations d’Etat japonaises (JGB), du cash en dollar et de l’or ; et dans l’hypothèse où la croissance repart des actions européennes, japonaises, coréennes. Ceux qui souhaitent prendre plus de risques pourront commencer à acheter du pétrole ainsi que du Brésil, de la Chine, du High Yield et de la dette émergente….

Bercy défend « sa bonne gestion » alors que a France a de moins bons résultats que ses voisins européens.

En France, l’incertitude grandissante pourrait stopper une reprise encore fragile (progression de 0,4% du PIB  au T4 2015). En plus d'être le seul pays européen où le niveau de chômage ne baisse pas, la France est obligée d’étaler au grand jour les échecs de sa stratégie industrielle. 

Areva, dans le nucléaire, dossier piloté depuis l’Elysée devait être un des grands succès industriels de l’Etat qui font la gloire de l’Etat stratège. Il va falloir remettre 5 Md€ dans la société après la très mauvaise gestion d’Anne Lauvergeon. Cela n’empêche pas Philippe Varin d’être très satisfait alors que les actionnaires minoritaires ont perdu la quasi totalité de leur investissement.

Le sauvetage de Vallourec nécessitera également une augmentation de capital de 1 Md€. Curieusement on trouve dans les deux cas des conflits d’intérêt préoccupants.

Philippe Crouzet, le président de Vallourec est l’époux de Sylvie Hubac ancienne directrice du cabinet du Président de la République….

Olivier Fric, négociant, consultant et intermédiaire sur l’affaire Uramin est l’époux à la ville d’Anne Lauvergeon ancienne président d’Areva….

Air France qui devrait comme toutes les compagnies aériennes du monde,  profiter de la baisse du prix du pétrole et voir ses marges bénéficiaires augmenter ne sera pas en mesure de le faire. Les syndicats sont là pour l’en empêcher avec la complicité d’un Etat actionnaire qui n’a pas le courage de prendre les bonnes décisions.

En Italie, le chômage recule depuis un an. La récession est terminée. Rappelons une fois de plus que cela est le résultat de décisions courageuses prises et appliquées par Matteo Renzi le Président du Conseil.

L’Europe en général est prise dans un irrésistible processus de faiblesse et de lâcheté, pratiquement dans tous les domaines. Le denier indice PMI composite est en baisse pour janvier.

La situation des banques est contrastée

Les banques américaines l’air d’aller mieux. Des analystes comme Mike Mayo de CLSA commencent à redevenir positif sur le secteur. Les grandes banques et les banques régionales ont beaucoup baissé de puis le début de l’année : Citigroup -22%, Bank of America -19,6%, JPMorgan Chase -13,3%. Comme elles ont désormais des bilans solides, ces valeurs pourraient remonter d’environ 20%...

Les banques européennes sont en recul de 17% depuis le début de l’année. Celles qui ont particulièrement souffert sont les banques italiennes car elles portent encore 350Md€ de créances douteuses ce qui représente 22% du PIB italien. Le plan de sauvetage mis en place par le gouvernement a été difficile à mettre en place car l’Europe a refusé à l’Italie ce qu’elle avait accordé à l’Espagne et à l’Irlande. Il s’agit d’un exemple de plus du dysfonctionnement de la machine européenne…

Parmi les banques italiennes concernées figurent : Banca Monte dei Paschi di Siena, Unicredit, Intesa San Paolo, Banco Popolare Emilia Romagnia, UBI Banca, Banca Popolare di Milano, Banco Popolare Emilia Romagna, Banca Carige, Banca Popolare di Vicenza…

Les banques chinoises seraient aussi selon certains hedge funds à la veille d’une crise. Le niveau de créances douteuses serait astronomique alors que les banques chinoises sont massivement sous capitalisées. Compte tenu des montants très importants empruntés en dollar, une poursuite de la dévaluation du Yuan les mettrait dans une situation intenable. Parmi les banques chinoises concernées figurent : ICBC, Bank of China, Agricultural Bank of China, Bank of Communications, Citic Bank, China Minsheng Banking Group.

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