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Des cartes comprises entre 30 et 70 euros : faites votre choix !
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Le coup de fourchette : les Verts polluent la couche d'ozone

Retrouvez cette semaine, comme chaque dernier mercredi du mois, la chronique culinaire du journal mensuel Service Littéraire. Les restaurants "Béatrice Héritier", "Mini Palais" et "Chaméléon" sont passés au grill.

Jules  Magret

Jules Magret

Jules Magret écrit pour Servicelitteraire.fr.

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La déco cinoche de cet estanco paumé dans un chef-lieu de canton du Brionnais nous file les croissants. Ça tombe bien, juste à côté, il y a un kebab craspec, tortore à la noix, vapeur de pois chiche, qui vous graisse les babouches. Béatrice Héritier, elle, c’est son blaze, bosse en ermite du Hoggar, seulabre, genre « I am a poor lonesome cowgirl… » La réception, c’est elle, la commande, c’est elle, la cuisine, c’est elle. L’ubiquité de cette nonnette du pralin qui pourrait être une rescapée du premier cloître de bonnes soeurs en France au Moyen-Age (authentique), vous argourgne la chaudière en un poil de cul. Avec la rouillarde de Beaune 1er cru et les kirs au cassis, on dégage la caisse d’épargne. C’est du rouleau. Deux kirs pour 12 euros, ce qui fait une moyenne avec deux kirs pour 30 euros, à Paris, dans ce Mini Palais où n’importe quel gazier se bourre le manezingue à la berlure, c’est douceur. On poireaute, certes, bicause la mouquère a le champ d’action en carafe. Mais côté crochets, on biche. Le velouté de courge ravit le toboggan, l’imposant filet de sandre est cuit à merveille, le foie gras vous pelote la brioche. Du chocknosof pour Ribouldingue et Croquignol. Bessif on attaque le dessert, une meringue pralinée fatiguée du choco, médiocre, du coup on s’étrangle un glass de mazout, et là, tic-tac les aminches, on reprend du tube, bravo la régalade, direction le pucier, miss Héritier a blanchi le couvercle !

Pratique : restaurant Béatrice Héritier, 29 place du Cours, 71110 Marcigny, 03 85 25 23 65. Carte : 40 euros

On en causait plus haut, rapport au kir royal à 15 euros, le Mini Palais n’est ni des découvertes ni des mille et une nuits. On croise ici des people à la jambe Praxitèle, au regard Modi, à la jactance énarchique. Ça ne les empêche pas, ces manches à goguenot, de morfiler jusqu’à plus soif, de jacter en prétentieux, de se remplir la bassine jusqu’à ras bord, tout en évoquant ce pauvre M. Normal qui, entre ses bévues et le 11 novembre, finit par claquer du bec, ainsi que ce film primé à Cannes, “La vie d’Adèle”, assez bléchard, où les gousses ne doivent rien à l’ail. Icicaille, c’est pas si mauvais, c’est leaubé, c’est babylonien, ça sent Courbet, Ingres, Braque (en ce moment, Valotton), les serveuses chaloupent du cristallin, l’oeuf mollet frit a de la cuisse, le merlan en croûte d’amande a l’oeil concupiscent, le tartare s’avale dare-dare. Par contre, le moulin à vent à 48 euros qui vous corrode le Midas en hypocrite, ça refile le digdig, on fuit du caisson, de quoi piquer sa carpe dans les escaliers de l’entrée. Bref, salut les gravosses, on a le bène en tuyau de Butagaz. Moralité à la San Antonio : suce la bouteille et t’auras le goulot dans le figne ! Mais nous, on refuse le vulgaire, on plébiscite la poésie. Ce Tivoli vaut l’oeillade. Théâtre, cinoche, bectance : c’est du nougat. Good morning, Babylone !

Pratique : Mini Palais, Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris, 01 42 56 42 42. Carte : 70 euros.

Le Chaméléon, qui n’a rien d’un saurien, est un caméléon de bobos en pleine République. L’abominable Duflot y trouverait tong à son pied-bot, entre Mamère Noël est une ordure et ce gros plissé de Placé. Les Verts n’aiment pas les verres, ils sont fachos, ils polluent la couche d’ozone. Je dis tout ça, je ne devrais pas, j’exhorte au contraire, mais c’est exactement les propos que tenait un barbenzinc à côté de moi, jeunot, chevelu, tout juste sorti d’un spectacle intitulé “Ring”, qui était en carante contre les bios de Raspail, le quinquet en crosse, la bouche en escabeau. En revanche, le pétardeur, il se colbaquait un oeuf bio aux cèpes quelque chose de maousse, tandis que sa meuf, rouge comme un cul de babouin, morfalait des coquilles saint Jacques de Chausey, grosses comme les burnes à Dudule. En plein rébecca, les deux infects jouissaient du panier à frire, à l’idée de dézinguer deux côtes de veau XXL aux pieds de mouton, ces champignons qui n’empêchent pas un Vert de marcher. Tout ça avec une pinte de macadam, celle du père Chirac, le truc rouspéteur, même très péteur, qui expédie l’âme d’un haricot au ciel. Dieu merci, l’horrible Duflot n’était pas là, c’était misto, bono bézef, tout le monde a chanté du trouduc, c’était les jeux de l’amour et du falzar.

Pratique : Chaméléon, 70 rue René Boulanger, 75010 Paris, 01 42 08 99 41. Carte : 30 euros.

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.


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