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Le logo de l'application Waze.
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La révolution Waze : circuler mieux et faire des économies d’infrastructures grâce au data et à l’intelligence collective

La dernière mise à jour de Waze, une application smartphone revendiquant 1,2 million d'utilisateurs en région parisienne, permet de donner des indications précises sur le trafic. Des informations qui permettent de fluidifier les axes de communications routiers.

Alain Bonnafous

Alain Bonnafous

Alain Bonnafous est Professeur honoraire à l’Université de Lyon et chercheur au Laboratoire d’Economie des Transports dont il a été le premier directeur. Auteur de nombreuses publications, il a été lauréat du « Jules Dupuit Award » de la World Conference on Transport Research (Lisbonne 2010, décerné tous les trois ans).

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Atlantico : L'application Waze, qui apporte à ses utilisateurs de nombreuses informations sur leur trajets en voiture telles que le trafic en temps réel, a récemment proposé une mise à jour permettant de savoir précisément le temps que les conducteurs passeront dans les embouteillages. Les informations sont recueillies auprès des utilisateurs, qui seraient 1.2 millions uniquement en région parisienne. En quoi est-ce que ces nouveaux comportements peuvent-ils modifier la façon dont les autorités élaborent les axes de communications ?

Alain Bonnafous : La première modification de la politique de transport qui peut résulter de cette évolution concerne la nature même des investissements qui vont s’orienter vers la gestion du trafic. Pour qu’un tel système fonctionne efficacement, il est nécessaire de disposer d’une information en temps réel sur l’état de la circulation et on peut comprendre que cette information doit être relativement fine. On sait que cela exige, d’une part, une grande densité de "capteurs" qui enregistrent les débits et les vitesses sur un grand nombre de points et, d’autre part, un système relativement lourd de traitement de ces données afin de les traduire en préconisations individuelles sur l’itinéraire optimal.

L’autre changement significatif de la politique de transport peut consister à utiliser ces dispositifs pour favoriser un transfert modal. C’est l’objectif du système Optimod’Lyon qui, à l’initiative du Grand Lyon, est développé par un consortium qui réunit des opérateurs privés comme IBM ou Orange et des organes de recherche, comme le CNRS et l’un de ses laboratoires le LET (Laboratoire d’Economie des Transports).

Il s’agit de fournir des informations sur la circulation du même type que celle de l’application Waze, mais des informations comparées avec les possibilités offertes par la marche à pied et les transports collectifs ou même par une combinaison de modes.

Comment ce type d'outil pourrait-il permettre de faire des économies d'infrastructures ? Et comment des flux de voitures qui choisissent des itinéraires intelligents, pourraient-ils y contribuer ?

Il est vrai que les heures de pointe sont aussi appelées "heures dimensionnantes" car le jeu consiste à garantir de la fluidité sur les axes les plus fréquentés à ce moment là. Si le système d’information permet de réduire cette fréquentation, le besoin de capacités nouvelles s’en trouve lui aussi réduit.

Cette application pour smartphones fait partie des multiples tentatives de traitement de la congestion routière par une meilleure information des usagers. Elle va dans le même sens que les panneaux d’information alimentés en temps réel sur les grands axes pénétrants ou encore que la radio FM 107.7 qui informe les usagers des autoroutes concédées des ralentissements dus à l’intensité du trafic ou à des incidents divers.

Dans le cas de Waze, on est plus précisément dans la famille des applications avec une localisation de l’appareil et une fonction GPS. La puissance du dispositif tient à cette individualisation de l’information qui identifie l’itinéraire et est enrichie d’une information sur les conditions de circulation transmises en temps réel. Cela permet théoriquement aux automobilistes concernés de choisir un itinéraire moins encombré.

De quelles natures ces économies pourraient-elles être ?

Elles peuvent porter sur ces investissements éludés mais, s’agissant des axes les plus fréquentés, il y a peu d’investissements de capacité aujourd’hui. En fait, lorsque les encombrements sont réduits, les vraies économies sont au bénéfice des usagers : économie de temps, de carburant et de stress.

On peut également évoquer tous les avantages liés à une ville plus fluide, c'est-à-dire moins polluée, mais aussi dont le fonctionnement économique est moins coûteux, ne serait-ce que dans les activités de livraison et de logistique urbaine.

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