"L’Homme Idéal" de Guerlain : la vraie force tranquille | Atlantico.fr
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L’Homme Idéal est une grande réussite.
L’Homme Idéal est une grande réussite.
©Le Noeud Papillon Sydney

Atlantico Chic

"L’Homme Idéal" de Guerlain : la vraie force tranquille

La maison Guerlain s’apprête à lancer le 24 Juin "L’Homme Idéal", la nouvelle création masculine de Thierry Wasser, le parfumeur maison. Un nom en forme de clin d’oeil pour un parfum qui risque de faire date. Impressions olfactives et décodage par Greg Jacomet pour Parisian Gentleman et Atlantico Chic.

Greg Jacomet

Greg Jacomet

Greg Jacomet, 24 ans, est éditeur du magazine Parisian Gentleman, éditorialiste pour le magazine "The Rake" et un expert aujourd’hui très réputé en matière de parfumerie, notamment masculine. 
 
Il est également un grand spécialiste du monde des jeux vidéo et l’animateur de la rubrique "Atlantico Games" consacrée à l’actualité internationale du secteur.
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L’arrivée d’un nouveau parfum chez Guerlain est toujours un événement. Pour son premier masculin en six ans, la maison Parisienne a décidé de frapper fort, alors allons droit au but : L’Homme Idéal est une grande réussite.

Pourtant l’emballage est à mon sens franchement discutable, et la boite affublée d’un slogan arrangé à la manière d’un code QR détonne quelque peu par son modernisme finalement assez forcé.

Heureusement alors que le flacon est absolument somptueux ; compact, épuré, élégant, un classic with a twist dont la forme n’est pas sans rappeler le flacon historique du mythique Habit Rouge créé par Jean Paul Guerlain en 1965. Le slogan "No need to be L’Homme Idéal anymore, you have your fragrance" apparaît au verso de l’autocollant, discrètement visible à travers le jus, en simple clin d’oeil cette fois ci plutôt bien vu.

Mais venons en à l’essentiel, le parfum lui-même.

Les notes de têtes de L’Homme Idéal font dans l’agrume acidulé, frais et agréable, accompagné d’un romarin sec et aromatique qui arrondit le tout pour une ouverture flatteuse et tout en équilibre. Après évaporation des notes les plus volatiles arrive la magnifique alliance amande/tonka qui contraste avec les notes de têtes par son incroyable profondeur.

L’amande est sombre, légèrement amère et presque alcoolisée, sans jamais être écoeurante. On croirait parfois sentir le souffle d’un Amaretto Sour parfaitement dosé, servi dans l’un de ces speakeasy contemporains, la vanille en plus, qui se fait poudrée et d’une grande douceur.

Les notes les plus boisées se révèlent dans un bouquet final d’une discrétion presque paradoxale, et L’Homme Idéal vieillit avec grâce : l’amande se caramélise et gagne en amertume tandis que la vanille gagne en rondeur et que le bois doucement fumé enveloppe le tout.


L’Homme Idéal, malgré son nom, ne pêche ainsi jamais par excès de notes « masculines ». L’on pourrait même dire de L’Homme Idéal qu’il est aussi masculin que le légendaire Jicky est féminin, c’est à dire qu’il est de ces parfums qui déplacent la frontière entre les genres, en se jouant des stéréotypes et des attentes.

Point d’agressivité ici donc : nous sommes en présence d’une fragrance puissante mais d’une grande retenue. Le sillage est bien présent sans être entêtant, et le parfum est d’une persistance très appréciable, particulièrement sur tissu.

L’Homme Idéal me fait d’ailleurs penser à un costume parfaitement coupé. Il communique en effet à la fois quelque chose d’évident, mais aussi d’imperceptible aux yeux (et au nez) du profane. Les amateurs éclairés sauront cependant reconnaître le savoir-faire indéniable de la maison derrière ce jus très sophistiqué.

Une âme ancienne et une sensibilité contemporaine font de L’Homme Idéal un classique moderne, qui, je l’espère, fera date dans le superbe catalogue olfactif de Guerlain. Une fragrance raffinée et parfaitement maîtrisée, d’un charme rare et discret.

Célébrons donc dignement un parfum composé pour plaire, mais qui, en définitive, s’avère être bien plus que la somme de ses parties.

Chapeau bas à M. Wasser, la famille Guerlain a bel et bien trouvé son digne héritier.

Greg Jacomet.

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