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La quintessence des codes de l’âge d’or des montres mécaniques, réinterprétés sans trahison dans une taille plus contemporaine et avec un design qui prouve que tout hommage sensible à la tradition passe par l’intelligence profonde de cette tradition (Jung
La quintessence des codes de l’âge d’or des montres mécaniques, réinterprétés sans trahison dans une taille plus contemporaine et avec un design qui prouve que tout hommage sensible à la tradition passe par l’intelligence profonde de cette tradition (Jung
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L’extase devient micro-mécanique, on a apprivoisé les guerrières d’argent et l’eau s’infiltre sous le cadran des nouvelles plongeuses : c’est l’actualité des montres

Et aussi des phases de lune comme on n’en faisait plus depuis un demi-siècle, des bracelets patinés à l’ancienne et la grande vague de la rétro-nostalgie horlogère…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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JUNGHANS : La nostalgie des grandes mécaniques de l’âge d’or…

On ne sait pas si c’est la demande des Asiatiques, dont le compteur esthétique s’est arrêté dans les années 1960, ou si c’est l’habituel jeu de bascule de la mode, mais la rentrée s’annonce plus classique que classique dans le retour des codes horlogers. Témoin, cette Meister Kalendar proposée par Junghans, qui a repris l’esthétique des montres à triple calendrier (jour et mois par guichet, date circulaire) et phases de lune telles qu’on les adorait après la Seconde Guerre mondiale : signée Patel Philippe ou Rolex, cette montre vaudrait trente à cent fois ce qu’on demande aujourd’hui Junghans (environ 2 000 euros), manufacture allemande qui a eu l’intelligence d’augmenter la taille (un peu plus de 40 mm) sans casser le style et de converser, en plus d’un cadran légèrement opalin et convexe, un magnifique verre saphir bombé qui ressemble aux verres en plexiglas qui étaient autrefois le comble de la modernité. Plusieurs finitions sont disponibles (acier, or rose, or jaune, bracelet cuir ou métallique, le tout avec un mouvement automatique certifié chronomètre), mais le plaisir de cette approche intemporelle du temps demeure intact.

TF Est. 1968 : Une passion extatique pour les rouages d’écriture…

La marque (suisse, de Genève) d’accessoires masculins a imaginé un « stylo horloger », qui ne donne pas l’heure, mais dont l’animation mécanique réjouira les amateurs de montres : les rouages de ce mouvement « en ligne » (les initiés parlent de mouvement « baguette ») se mettent en mouvement – on peut le vérifier à travers les glaces transparentes du corps du stylo – dès qu’on commence à écrire, au moindre geste. Un spectacle permanent destiné, nous assure-t-on, à « titiller les extases micro-mécaniques des amoureux de l’écrit ».Au choix, stylo à bille ou mine de crayon papier…

FOSSIL : Les aventuriers du néo-classique urbain…

Les marques accessibles n’auront pas mis longtemps à réinterpréter à leur manière – sinon à détourner – la partition néo-classique rejouée et même surjouée par les grandes marques de référence. Rien ne manque à la nouvelle Compass proposée par Fossil avec trois bracelets (métal, nylon de type Nato comme sur cette image et cuir, le tout pour 299 euros) : le cadran a le style militaire qu’il faut et les couleurs qui conviennent, la rondeur du boîtier est rassurante et même sa taille (38 mm) est reposante – tout comme le mouvement à quartz, qui garantit que la montre sera à l’heure exacte quand on la repassera au poignet après l’avoir abandonnée quelques jours. N’importe quelle marque aurait facturé ce modèle dix foi plus cher : à ce prix, avec une telle réussite dans le mariage des traditions vintage et du style contemporain, ça va faire un malheur.

ICE-WATCH : Une compilation rétro chic des tendances de la rentrée…

L’angoisse contemporaine du temps pousse à gagner du temps sur le temps et à valoriser la patine que ce temps peut apporter aux objets du quotidien : la nouvelle ligne Ice-Vintage de la maison Ice-Watch réinvente ainsi l’esprit vintage – bracelet en cuir usé cousu main, métal aux reflets de bronze mat et style classique de la montre – pour en faire un des attributs fétiches de la rentrée. Les traces du temps y sont, même si on n’a pas pris le temps de les attendre : le vrai luxe, c’est la durée et cette montre – qui ne négocie autour de 140 euros – semblera avoir toujours été portée au poignet de son propriétaire, qui n’en paraîtra que plus facilement un homme de goût…

 

ORIS : La montre étanche qui prend l’eau (volontairement)…

Simple et astucieux, mais il fallait y penser : alors que toutes les montres de plongée font tout pour opposer une barrière infranchissable à l’eau, la nouvelle Aquis Deepth Gauge d’Oris a décidé de laisser l’eau pénétrer dans la montre pour transformer son verre saphir en indicateur de profondeur. Un trou percé dans ce verre (12 H) permet à l’eau de pénétrer dans un capillaire logé autour de la lunette pour indiquer la profondeur en fonction de la presse (affichage jaune). C’est donc une vraie montre de plongée (46 mm, avec un mouvement automatique suisse) qui est vendue à un prix accessible avec deux bracelets dans une jolie boîte étanche, mais cette fonction profondimètre simplifiée ravira les amateurs…

 

BELL & ROSS : Un style militaire adouci et apprivoisé…

En mélangeant avec beaucoup de subtilité les codes des montres de poche du XIXe siècle (la rondeur, la couronne boule, les anses du bracelet) et les codes militaires traditionnels (les grands chiffres, la lisibilité) du XXe siècle, Bell & Ross a réussi à poser la légitimité d’un style néo-contemporain qui joue simultanément sur plusieurs nostalgies : celle des boîtiers en argent (ici, un nouvel alliage, l’argentium, qui a l’éclat de l’argent sans s’oxyder comme lui), celle d’une taille plus accessible (41 mm, ce qui permet aux femmes d’apprivoiser ces montres), de mouvements mécaniques qu’on doit remonter manuellement (rien que pour le bruit), celle des cadrans gris argenté ou celles de verres saphirs dont le « dôme » confirme l’aspect sensuel et tactile d’une montre qui évoque un galet et dont les « cornes » elles-mêmes rappellent les premières montres-bracelets, qui n’étaient autre que des montres de poche adaptées au poignet. Pour décaler un peu plus le regard, quelques bracelets de couleur confirment cet apaisement stylistique, à la fois pour un public féminin avide de sensations fortes et pour un public masculin en quêtes d’émotions plus discrètes…

 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

 

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