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Un touriste en Grèce qui prend une douche sur la plage.
Un touriste en Grèce qui prend une douche sur la plage.
©Reuters

Revue de blogs

Grèce : la plage, la mer et la crise

La Grèce devrait pouvoir obtenir une nouvelle tranche d'aide après les élections en Allemagne. Les réseaux sociaux trahissent la schizophrénie de la crise de ce pays : tweets heureux de touristes sur les plages côtoient ceux dramatiques d'une vie quotidienne toujours plus difficile pour les habitants.

Sur Twitter, le mot diese Greece fait apparaître des photos paradisiaques de vacances et les désormais habituelles mauvaises nouvelles.

La saison touristique s'annonce très bonne cet été en Grèce. Mais rien n'a changé. Les élections en Allemagne, où la dette grecque est un sujet très sensible, vont relancer le débat sans fin des pro et anti austérité. "La Grèce gâche la fête des élections pour Merkel" : même si Angela Merkel jure que non, le magazine Der Spiegel assure que les bailleurs de fonds internationaux ont approuvé en juillet le versement d'une nouvelle tranche de 5.7 milliards d'euros à la Grèce. Au total, la Grèce a reçu à ce jour plus de deux cents milliards d'euros en aide financière, sans que cela ne produise des réformes satisfaisantes aux yeux du ministre allemand des Finances et des grands argentiers. Et sans que la misère ne se réduise pour les Grecs. Lors de la visite du Premier ministre grec Samaras à la Maison Blanche, Obama a lancé un avertissement (ou un vœux pieux) : "L'austérité ne peut être la seule réponse à la crise". Mais pour l'instant, elle l'est.

Okeanews, un site qui suit sur place l'actualité de la Grèce en français, a reproduit une lettre de Chryssoula de Patras, victime parmi d'autres des coupures d'électricité, le casse-tête le plus quotidien des Grecs. B.Jaimen a résumé dans son post une situation impossible (Traduction en français : Aleka) :

"Une mère, Chryssoula, unique sou­tien éco­no­mique de ses deux fils malades et qui vit au bord d’une auto­route dans un camion amé­nagé à l’arrière pour la vente de bois­son et de souv­la­kia, s’est fait cou­per le cou­rant par la com­pa­gnie d’électricité. Pourtant, la machine à oxygène de laquelle dépend le plus grand de ses fils ne peut pas fonc­tion­ner sans élec­tri­cité. Sans électricité, cette famille ne peut pas gagner non plus le mini­mum vital pour pou­voir encore à peu près man­ger. En dépit des récla­ma­tions qu’elle a faites, expo­sant la grave mala­die de ses fils à l’administration, la com­pa­gnie d’électricité est res­tée indifférente. En déses­poir de cause, elle est entrée en contact avec le mou­ve­ment « Je ne paye pas », un groupe d’action soli­daire qui s’occupe entre autres de réta­blir (par pira­tage) l’électricité ou l’eau des familles qui se trouvent dans une situa­tion désespérée. Tous les mois, la com­pa­gnie [d'électricité]  DEI cou­pe­rait l’électricité de 30000 per­sonnes en Grèce et la plu­part d’entre elles com­porte des enfants, des han­di­ca­pés, des chômeurs…"

Depuis 2011, explique l'article, l’électricité est le premier moyen de pression financière du gouvernement aux abois pour faire rentrer diverses taxes foncières pour toutes les propriétés raccordées au réseau électrique.

Greek Crisis Now poursuit depuis trois ans sa chronique des "temps mauvais" sur son blog en français depuis Athènes. Il relève que les touristes s'émerveillent devant l'Acropole tandis que les futurs et énièmes plans sociaux ont frappé jusqu'à l’île touristique d'Amorgos : 

''Depuis cette semaine, les listes contenant les noms des fonctionnaires qui seront licenciés circulent officiellement, entre les ministères et la sphère Internet. Donc c’est fait. Athènes se vide toutefois relativement, et quant à Amorgos, l’île du très grand bleu, elle plonge à sa manière depuis quelques jours dans la tristesse. L’archipel du pire, alors on y est. Un retraité, habitant d’Arkesini d’Amorgos, s’est en effet suicidé mardi 30 juillet au matin. Il n’aurait pas supporté le licenciement de son fils, musicien à l’orchestre symphonique de la radiotélévision publique ERT".  Il cite le journal local : "Le retraité, d'après les informations que nous avons pu recueillir et de sources fiables, n'a pas pu supporter le chômage de son fils, marié et père de deux enfants, alors que lui-même n’arrivait plus à les aider financièrement. Car le vieil homme assistait et soulageait déjà en permanence son autre fils, alors malade chronique. "

Le même blogueur, dans un billet d'invité sur le blog de Paul Jorion écrit, désabusé, sur la situation économique : "Peut-être que certains seront toujours « très impressionnés par ce que la Grèce a déjà réalisé en matière de rééquilibrage budgétaire et de modernisation de l’économie », car en effet et à part la suppression de toutes les polices municipales du pays, du corps des gardiens scolaires en entier, ainsi que d’une partie des postes d’enseignants dans le secondaire technique et professionnel - ce qui n’est qu’un début -, ce mémorandum va encore plus loin. Ce samedi, la presse prédit les fermetures prochaines d’un certain nombre d’hôpitaux, qui seraient alors programmées pour ce mois d’août. En cas de problème de santé, tant qu’à faire, autant demeurer alors sur une île et ne plus en sortir, même malade ! Après tout, la Grèce n’existant plus, l’Égée demeurera ! Nous voilà alors « îlotiers » d’un grand cimetière… marin. Nos touristes pourraient peut-être apprécier."

Okeanews signale une journée spéciale Grèce sur ARTE le 15 août prochain : "2 films et 17 docu­men­taires, dont 10 inédits, pour la plu­part réa­li­sés par des Grecs et copro­duits par des pro­duc­teurs locaux avec le sou­tien d’ARTE et de son par­te­naire inter­na­tio­nal, la télé­vi­sion publique grecque ERT outra­geu­se­ment fer­mée le 11 juin dernier."

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