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"Le savoir-faire de François Hollande fut toujours de duper en créant l’illusion du mouvement."
"Le savoir-faire de François Hollande fut toujours de duper en créant l’illusion du mouvement."
©Reuters

Chroniques du pot aux roses

François Hollande, le révolutionnaire immobile qui ne cessait de défaire ce qu'il venait de faire

Notre gouvernement a profité du dérivatif belliciste syrien pour abandonner en une seule semaine les projets de fiscalité anti-diesel et de loi sur la procréation médicalement assistée.

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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1 - Les facéties du sapeur Flamby

" C'est beaucoup, donc ça devient trop ! " énonce à la France entière le sapeur Flamby en parlant des impôts.

Ce soldat en partance annulée pour l'Orient compliqué s'inscrit ainsi dans la filiation du sapeur Camember qui, rencontrant un conscrit dont l'arme lui semblait dangereuse, le mit en garde. Ce qui donna le dialogue suivant :

 « - Partir ?… mon fusil ?… Pas de danger, sapeur, il n'est pas chargé !

- Que voilà, conscrit, une raison itérative, mais qu'elle n'est pas subséquente de la chose et que positivement elle me stupéfactionne de renversement ! »

2 - Alerte enlèvement sur le chemin de Damas

Notre leader a en effet tenté à toute force de figurer sur la martiale photographie des foudres de guerre qui allaient corriger sévèrement Bachar el-Assad. Las ! Il a disparu du casting. Nulle trace de sa présence ou de celle d’un quelconque de ses ministres dans les discussions avec les Russes pour enterrer les projets de sanction contre le dictateur syrien. Pour ne pas perdre la face, il faut d’abord conserver un visage, ce qui n’est manifestement pas le cas : la France figure aux abonnées absentes du règlement hypocrite de la crise syrienne.

On ne verra donc pas Mou-Président porter beau dans la rubrique militaro-diplomatique. Au moins est-il parvenu à se faire parachuter sur le plateau de TF1. C’est bien pratique les médias de proximité ... et une apparition en prime time, une ! Décidément, la présidence normale se transforme en omniprésence médiatique à défaut de parvenir à l’omniprésidence si décriée chez son prédécesseur.

Rien n'y fait, ce fut un nouveau chou blanc, une audience réduite de 25 % par rapport au même exercice le même mois de l'année précédente. Terne, ennuyeux, soporifique, technocratique à l'excès : tous les observateurs, du moins ceux qui sont parvenus à s'infliger ce languissant spectacle, sont d'accord sur le constat. Il valait mieux déserter TF1 ce soir là.

Le chemin présidentiel de Damas fut en tout cas propice à toutes les conversions et les diversions. Notre gouvernement a en effet profité de ce dérivatif belliciste pour abandonner en rase campagne en une seule semaine les projets de fiscalité anti-diesel et de loi sur la procréation médicalement assistée ; il s’est mis à vanter la modération budgétaire, regrette les heures supplémentaires exonérées d’impôt qu'il remplacera par une décote, accorde en douce toutes sortes de permis d’explorer les gisements de gaz de schiste et a fait passer à la trappe l’acte 2 de l’exception culturelle qui, il est vrai, n’était que l’acte énième de l’exception fiscale française, laquelle consiste à taxer tout, mais vraiment tout ce qui bouge.

Le premier bilan du hollandisme devrait rassurer Mélenchon : le pouvoir issu des urnes de 2012 est révolutionnaire au sens où, tout ce qu’il fait, très vite il le défait. Il revient à la case départ dans tous les domaines, non sans avoir fait perdre à la France un temps précieux sur le chemin du redressement.

Le savoir-faire de François Hollande fut toujours de duper en créant l’illusion du mouvement. Le changement c’est maintenant, proclamait-il en mai 2012. Il fallait comprendre : maintenant mais pas plus longtemps. Ôtez l’agitation et les impôts, ne reste que l’immobilité. Notre président est en voie de disparition.

3 - Gamelles municipales

Les derniers apparatchiks communistes encore en circulation, notamment à Paris, sont prêts à tout pour conserver les quelques postes et prébendes dont ils jouissent et, pour cela, préfèrent s’allier à Hidalgo qu’aux troupes de Mélenchon. Ils veulent continuer à manger dans la gamelle socialiste. Ils risquent surtout de partager une magnifique gamelle aux municipales.

4 - L’UMP face à la vague bleu marine ? Une histoire de digue !

Un peu comme feu François Ier de Jarnac, François II de Tulle ne connaîtra peut-être qu’un seul succès politique : la montée du Front national, dernier espoir pour lui d’être réélu.

A tous ceux de l’UMP qui tombent dans ce piège, nous ne pouvons que rappeler la fameuse formule de Gambetta au sujet de l’Alsace-Lorraine : «Y penser toujours, n’en parler jamais». Toute phrase sur le sujet n’est que poudre versée dans la machine infernale.

4 - The show must go on

Les footballeurs échapperont au taux d’imposition à 75 %. Les cinémas échapperont au taux de TVA à 10 %. Moins de pain, plus de jeux.

5 - Taubira au Far West

La réforme Taubira sera examinée au parlement après les élections municipales, prudence gouvernementale oblige. En attendant, les premières peines capitales prononcées par des juges uniques sont tombées. Nul doute que les jurys populaires ne les valident bientôt, sur le fondement de la légitime défense. Chassez les peines planchers, les peines sous le plancher reviennent au galop.

A lire du même auteur :  "L'enfumeur", de Serge Federbusch, (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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