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Revue d'analyses financières

Encore un petit effort et plus aucune société du CAC 40 n'installera ses dirigeants en France

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Les incertitudes économiques sont pourtant toujours là. Les derniers développements sur la Grèce entérinent le choix de la ligne inspirée par l’Allemagne qui ne donnait pas d’autres choix à Monsieur Tsipras que d’accepter les conditions des « institutions », nouveau nom donné à la « Troika ». Face à monsieur Varoufakis, il n’a pas été inutile de rappeler que l’entrée de la Grèce dans l’euro a été le résultat d’une comptabilité nationale de l’Etat grec totalement fausse et qu’aucun pays n’a autant bénéficié du soutien de l’Europe de la Grèce, pays où la fraude fiscale est une institution nationale complétée par la corruption.

La BCE de son côté, détient les clefs des liquidités d’urgence accordées aux banques grecques. Sans ce support les banques grecques seraient obligées de fermer demain matin. Ensuite devrait débuter le programme de rachat d’obligations par la BCE sur l’ensemble des pays de la zone euro. On peut déjà constater que le pourcentage de détention d’obligations gouvernementales par les banques européennes est déjà en pourcentage de leurs actifs de 10,7% en Italie, 10,5% en Espagne, 8,1% au Portugal et seulement 3,2% en Grèce. La France n’est curieusement pas mentionnée dans le récent tableau fourni par la Royal Bank of Scotland. C’est une phase particulièrement intéressante au moment où la Federal Reserve américaine s’apprêterait à considérer que deux grandes banques européennes, la Deutsche Bank et Banco Santander ne satisferaient pas à ses « stress tests » aux normes américaines…

Tout cela n’empêche pas les marchés d’actions européens de progresser d’environ 8% depuis le début de l’année. Cette progression s’explique par un début d’amélioration de l’environnement économique, la baisse de l’euro et surtout un flux d’investisseurs anglo-saxons qui ont procédé à des achats d’actions européennes.

Loi Macron, Sanofi, ecotaxe : festival de signaux négatifs en France

En France, l’indice CAC 40 a cassé le seuil symbolique de 4800. Même si François Hollande croit maintenant à l’alignement des trois astres (taux zéro, baisse du pétrole, baisse de l’euro), il devient fort probable après les péripéties de la loi Macron, que le quinquennat est terminé sur le plan des réformes. Après avoir cru à la baisse du chômage, le président de la République pourrait confondre la politique économique avec l’astrologie.

Au quotidien, les signaux restent extrêmement négatifs. On pouvait penser que le gouvernement de Manuel Valls avait enfin compris comment fonctionnait une entreprise. Ce n’est probablement pas le cas quand on voit les déclarations de ses ministres sur « la prime de bienvenue » d’Olivier Brandicourt, nouveau patron de Sanofi. Pour attirer un dirigeant correspondant au profil recherché pour diriger le premier laboratoire pharmaceutique français, il fallait le séduire dans un autre groupe, en l’occurrence Bayer, où il a particulièrement bien réussi. En France, c’est encore plus difficile qu’ailleurs de recruter de grands patrons, compte tenu du niveau de la fiscalité. Il est dommage que tous ceux qui s’expriment sur ce sujet ne fassent aucun commentaire sur Pierre Richard ex président de Dexia jusqu’en 2008. L’établissement a été nationalisé le 30 septembre 2008. Les gouvernement belge, français et luxembourgeois ont été obligés d’apporter 6,4Md€. Cela n’a pas empêché l’ex dirigeant de percevoir sa retraite chapeau…

De la même façon personne ne semble faire de commentaires sur Anne Lauvergeon ex patronne d’Areva jusqu’en 2011 au moment où Areva réalise des pertes record, conséquences de décisions très mauvaises…

Pour tous ceux qui ne comprennent pas la situation, il suffit de constater que les plus gros acheteurs d’immobilier à Londres en 2014 sont devenus les Français, dépassant ainsi tous les acheteurs du Moyen-Orient. Pourtant l’immobilier dans cette ville est 2,7 fois plus cher qu’à Paris. Encore un petit effort et plus aucune société du CAC 40 n’aura son état major basé en France. C’est un sujet sur lequel Bercy ne publie curieusement aucune statistique !

Il faut noter enfin cette semaine que l’écotaxe coûtera un milliard d’euros aux contribuables français. C’est un exemple pitoyable de la gestion des deniers publics.

Par ailleurs, les « partenaires sociaux » (= syndicats et patronat) ont quatre mois pour sauver de la faillite les caisses de retraite du privé. Rappelons une fois de plus que les retraites du secteur privé (calculées sur les 25 meilleures années) doivent faire l’objet de provisions mais pas celles du secteur public (calculées sur les six derniers mois où il est d’usage d’augmenter les fonctionnaires). Logique puisque c’est l’Etat qui paye…

En Grande Bretagne,  la reprise économique s’est accompagnée par une baisse des salaires réels et un déficit courant de 4,2% du PIB. Peu d’investisseurs ont anticipé l’arrivée d’un gouvernement travailliste. Dans cet environnement on devrait assister à une poursuite de la baisse de la Livre Sterling.

Aux Etats-Unis l’indice S&P 500 a dépassé son record historique de 2100 points. L’indice S&P 500 à plus de 17 fois les résultats des douze prochains mois. Il faut remonter quarante ans en arrière, la période 1997-2000 pendant la bulle de la technologie pour trouver de tels multiples. Le mouvement ne peut se poursuivre que si les résultats des entreprises progressent. Les dernières prévisions IBES montrent que la croissance prévue pour 2015 n’est plus que de 2,4% contre 12,5% en septembre dernier.

Au Japon, l’indice Nikkei a franchi la barre des 18000. Il est au plus haut depuis 15  ans. Les sociétés qui en profitent le plus sont les banques, les maisons de courtage, les sociétés liées à la consommation intérieure. Le pays semble être sorti de la récession au quatrième trimestre 2014, mais reprise de la croissance  est toujours faible.

Personne ne sait si en Chine nous sommes dans l’année de la chèvre ou du mouton

En Chine, le marché est en baisse depuis le début de l’année après une hausse de 50% en 2014. Le ralentissement de l’économie et l’avalanche d’introductions en bourse en sont l’explication principale. Le yuan est en baisse de 0,8% depuis le début de l’année après avoir baissé de 2,4% l’année dernière. La devise chinoise semble selon certains surévaluée. Le débat sur l’année du mouton ou l’année de la chèvre se poursuit car le chinois ne fait pas la différence…

Dans les pays émergents, les investisseurs s’éloignent des obligations en monnaie en locale pour se reporter le plus souvent sur les obligations américaines. Le prix des « Credit Defaul Swap » qui sont des contrats permettant à un investisseur de s’assurer contre le risque de défaut d’un pays emprunteur atteint plus de 500 points de base pour la Russie, 460 bp pour le Nigéria, plus de 200bp pour le Brésil et l’Afrique du Sud.

L’Ukraine coûte très cher. L’obligation Ukraine 2017 est à 54% contre 105% il y a un an.

Les banques de l’Europe du Nord sont attractives

Parmi les banques européennes qui ont le meilleur ratio de fonds propres, selon la définition Bâle III, avec un dividende élevé, figurent les banques de l’Europe du Nord comme Swedbank, Nordea, SEB Handelsbanken. Parmi les moins performantes figurent Commerzbank, Unicredit, Deutsche Bank, Santander et Barclays.

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