En quête de raisons d'espérer pour 2016 : il fait un temps splendide... mais même ça, c'est une mauvaise nouvelle | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Style de vie
En quête de raisons d'espérer pour 2016 : il fait un temps splendide... mais même ça, c'est une mauvaise nouvelle
©Reuters

Noir c'est noir

En quête de raisons d'espérer pour 2016 : il fait un temps splendide... mais même ça, c'est une mauvaise nouvelle

2015 était une année pourrie mais 2016 sera pire.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

Voir la bio »

J'avais très envie de finir l'année sur une note positive, de parler d'un truc un peu sympa, d'encourager le lecteur à un poil d'optimisme pour changer, quoi, mais je n'ai rien trouvé dans l'actu qui fasse l'affaire.

Sirotant un café en terrasse (et en T-shirt), j'avais d'abord pensé évoquer ce temps particulièrement clément, ce soleil radieux et ces températures printanières en plein mois de décembre, puis je me suis souvenu que c'était mauvais pour le chiffre d'affaires des stations de ski et que ça annonçait surtout la transformation de l'ensemble de la planète en Sahara à moyen terme alors je me suis ravisé.

J'ai ensuite envisagé de me réjouir parce que le tunnel Noël-jour de l'an, c'est tout de même une chouette période de fiesta, le moment où les petits enfants sont couverts de cadeaux et leurs parents s'empiffrent de foie gras et de saumon fumé. Mais là encore, je me suis vite rendu compte qu'avec la baisse du pouvoir d'achat et la montée du chômage, on aurait pu me reprocher de manquer d'empathie façon Marie-Antoinette. Pour ne rien dire d'une insupportable promotion de ces jouets fabriqués en Chine dans des conditions médiévales, de ce pâté de luxe élaboré en torturant des oies et des canards et de ce saumon bourré de mercure qui file le cancer.

On m'a alors proposé de me pencher sur ces formidables exemples de solidarité interreligieuse, ces musulmans prenant sur eux de protéger les églises de leurs frères chrétiens d'éventuelles attaques de fanatiques à passeports multiples, mais l'ex-patron de Reporters Sans Frontières recyclé dans le djihad anti-kebab est venu clamer qu'il s'agissait d'un avant-goût de la libanisation de la France, me coupant l'angélisme sous le pied.

Restait, bien sûr, une célébration de la Corse et de son art du vivre ensemble, une ode à la région métropolitaine la plus réfractaire au vote FN après la Bretagne, mais c'était juste avant d'apprendre que des bataillons de bas-du-front antagonistes y prenaient des pompiers en embuscade ou y brûlaient des mosquées entre deux réveillons.

2015 s'achève donc, pour tous mes efforts de propagation d'un peu de bonne humeur au pays de la surconsommation d'antidépresseurs, comme elle a commencé : en un gros n'importe quoi bien flippant. Et je ne peux même pas suggérer que 2016 rattrapera le coup, qu'après la pluie viendra nécessairement le beau temps, les prévisions récemment publiées sur son blog par Jacques « Cassandre » Attali pour l'année nouvelle ressemblant à un plagiat des dix plaies d’Égypte : attentats bien sanglants, extension des conflits en cours et déclenchement de guerres toutes neuves, crise financière majeure, épizooties, catastrophes naturelles et aggravation du chômage...

Mais bon, heureuse fin d'année tout de même. Et méfiez-vous parce qu'il paraît que la gastro et la méningite se répandent à toute allure depuis quelques semaines.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !