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Jean-Luc Mélenchon la France Insoumise
Jean-Luc Mélenchon la France Insoumise
©LUDOVIC MARIN / AFP

La triangulation est un sport de combat

Contorsionnisme : à trop trianguler, Mélenchon perd (littéralement) la Baraka

Le leader de la France insoumise est un acrobate de talent, mais même les meilleurs finissent par se casser la figure lorsqu’ils travaillent sans filet.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Jean-Luc Mélenchon poursuit sa croisade anti-Tchétchènes, entamée cet été (à moins qu’il ne faille déjà parler de « deuxième croisade » ?), qu’il désigne en substance comme collectivement responsables de la décapitation de Samuel Paty.

Je comprends la stratégie tortueuse, à base de russophilie et de gages offerts aux bons islamistes bien de chez nous, mais je ne suis pas sûr qu'il reste lisible chez ses amis du CCIF. 

Et franchement, le discours qu'il développe au sujet de cette communauté spécifique —assassins, fanatiques, fauteurs de guerre civile— n'est pas très différent de celui de Zemmour avec ses « migrants faux mineurs et vrais voleurs » (lui au moins, lorsqu’il est poussé dans ses retranchements, consent tout de même à ajouter « pas tous »).

C’est que sa position est délicate : ce n’est plus de la triangulation, c’est carrément de la radiogoniométrie sportive. D’abord, il y a des profs à la France insoumise et, s’il y a un truc que ces derniers n’aiment pas, mais alors pas du tout, c’est qu’on leur coupe la tête à la sortie des cours. Ensuite, il y aussi pas mal de laïques, voire d’athées, dans ses rangs, et ceux-là sont très à cheval sur la possibilité de dessiner des petits Mickey irrévérencieux dans les journaux. 

Mais il doit également rester dans les bonnes grâces des obono-traoristes, SJW et autres pourfendeurs du racisme systémique qui traquent l’islamophobie néo-coloniale jusque dans « l’impensé » de leurs adversaires et prennent Charb pour le pseudonyme de Renaud Camus. C’est pas fastoche, avouez-le. Pas aussi compliqué que de gérer une pandémie, d’accord, mais pas loin.

Alors on louvoie. On manifeste un jour avec le ban et l’arrière-ban de l’islamisme politique, frères musulmans en tête, en hurlant contre les « lois liberticides » anti-burka ; et on se rassemble une autre fois avec les « Je suis Charlie » en imaginant naïvement ne pas se faire repérer dans la foule

Bon, il faut l’admettre, ça « eu marché », comme disait Fernand Raynaud. Mais juste un « certain temps », comme il disait aussi. Là, la position devient tellement intenable que même l’islamo-gauchismosphère finit par s’en rendre compte et lui fait sa fête sur les réseaux sociaux. On constate ainsi qu’il se fait désormais dessouder sur Twitter par Idriss Sihamedi, le patron « néo-salafiste » d’une ONG un peu trouble, notoirement rétif aux serrements de mains mixtes, à la fornication et aux condamnations du djihadisme, mais tout aussi hostile à l’anti-tchétchéchnisme primaire :

Pas sûr, pour autant, que Mélenchon ait complètement perdu son mojo. En quelques centaines d’années de mandats cumulés, il s’est sorti de bien des mauvaises passes. Mais l’ONG du gaillard sus-cité s’appelant Baraka, la chance risque peut-être de tourner pour de bon.

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