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Puits sans fond

Consentement à l’impôt : mais où passe donc tout ce « pognon de dingue » ?

Les Français semblent de moins en moins disposés à payer les mêmes impôts que les Danois pour les mêmes prestations que les Britanniques. On peut les comprendre.

Si je n’ai pas spécialement d’empathie pour les gilets jaunes (ou du moins pour ceux d’entre eux qui jouent les auxiliaires de police, agressent des conductrices noires, pratiquent l’intimidation des usagers de la route et copinent avec Dieudonné…), je leur sais tout de même gré d’avoir provoqué un débat allant bien au-delà de la question d’une nouvelle taxe sur les carburants.

Qu’il faille payer des impôts pour qu’un pays fonctionne, c’est une évidence. Et à l’exception d’une poignées de libertariens farfelus partisans d’un « État minimal » qui se replierait sur ses fonctions régaliennes et abandonnerait tout le reste au privé, il ne se trouve pas grand monde, chez nous, pour en demander l’élimination pure et simple.

Mais qu’il faille payer des impôts pour qu’un pays ne fonctionne pas, ou fonctionne mal, doit pouvoir être contesté sans tomber dans ces excès. La France a en effet la particularité d’avoir une fiscalité de plus en plus déconnectée de la qualité des services effectivement rendus au public : une pression de niveau scandinave pour des prestations de niveau britannique, si on veut…

Lorsqu’un État en arrive à collecter 47 % du PIB (pour en redistribuer 57 % en s’endettant pour faire la soudure) pendant que ses réseaux routiers et ferroviaires se dégradent, que ses hôpitaux se tiers-mondisent, que ses écoles et ses universités chutent dans les classements internationaux et que le nombre de ses pauvres ne cesse d’augmenter, pour ne prendre que ces exemples, c’est manifestement qu’il manque d’efficacité.

Et lorsque le même État emploie proportionnellement deux fois plus de fonctionnaires que la plupart de ses voisins mais que toutes les structures qui dépendent directement ou indirectement de lui se plaignent d’être en sous-effectif, sa compétence en matière de gestion des ressources humaines peut légitimement être mise en cause.

Emmanuel Macron, en s’indignant de ce qu’un « pognon de dingue » soit dépensé sans amélioration des situations auxquelles il est affecté, est d'ailleurs paradoxalement sur la même longueur d’ondes que les colériques qui bloquent les carrefours en exigeant qu’on lui coupe la tête. A la différence près qu’il est aux manettes, et que sa capacité à faire les choix qui moderniseront vraiment le pays est tout de même plus notoire que la leur. Il aurait sans doute moins de mal à faire à passer sa taxe verte en démontrant qu'elle ne servira pas seulement, comme tant d'autres avant elle, à alimenter un trou noir...

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