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Paris Plages.
Paris Plages.
©Reuters

Chronique du pot aux roses

Bon sang... mais c'est bien sûr ! Pourquoi la gauche parisienne n'ouvrirait-elle pas "Paris Plages" aux migrants ?

Les arrivées incessantes de migrants ont fini par déranger les bobos parisiens dans leurs lieux de villégiatures préférés et mettent Anne Hidalgo dans une bien mauvaise posture : de Paris à Calais, force est de constater que son discours de gauche bien pensante ne résout en rien le problème.

Google et Yahoo, internet

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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1 - Anne Hidalgo, encore un effort pour être socialiste !

Anne Hidalgo et ses petits soldats de l'Hôtel de ville, au premier rang desquels figure le toujours souriant Bruno Julliard, ancien combattant des campagnes de l'Unef, sont de plus en plus embêtés par cet afflux de migrants qui viennent s'installer comme une carie dans l'émail de leurs bons sentiments, qu'on ne qualifiera pas de postures hypocrites puisqu'il faut croire sur parole les articles de Libération ou du Monde et les communiqués de presse de la mairie.

Les migrants, dits avant le triomphe de la novlangue "clandestins" ou "immigrés en situation irrégulière", ont le défaut de gêner riverains et fêtards, deux catégories chéries de la municipalité dès lors qu'on n'est pas dans un arrondissement de droite. Hidalgo se débarrasserait volontiers de ces gêneurs mais il lui faut être de gauche car elle se positionne sur cette case dans le jeu d'échecs socialiste. Elle a pesé de tout son poids (politique) pour qu'on leur trouve des hébergements coûteux et elle a retenu la leçon de Mou-Président : ce n'est pas grave, c'est pour l'essentiel l'Etat qui paie.

Las ! la pompe aspirante, dont n'importe quel esprit censé pouvait craindre la mise en route, commence à agir : aussitôt vidés, les squats se remplissent de nouveaux arrivants ou se reforment ailleurs. Après avoir occupé, entre autres lieux, une ancienne caserne de pompiers du 10ème arrondissement rue du Château Landon, les abords de la halle Pajol, l'espace situé sous le métro aérien boulevard de la Chapelle, les clandestins, souvent déboutés d'une demande d'asile politique ou dont les chances de l'obtenir sont quasi nulles, se sont désormais installés dans les locaux d'un ancien lycée hôtelier rue Jean-Quarré ou sur les quais proches de la gare d'Austerlitz.. "On s’attend à un arrivage de Calais, où la situation est devenue très difficile, mais aussi de Vintimille", assure Hervé Ouzzane, membre du collectif "La Chapelle en lutte" et, selon le Monde, ancien... tenancier de boîte de nuit !

Face à ces "arrivages" dignes de Rungis, Julliard tient la solution ... pour un mois : "Nous avons choisi le dialogue et notre méthode porte ses fruits : d’abord recenser les personnes, puis leur proposer un hébergement d’un mois, quelle que soit leur situation. Pas dans des hôtels mais dans des centres où ils peuvent dormir, se nourrir, accomplir leurs démarches administratives."

Sachant que beaucoup sont sur les routes d'Afrique et d'Europe depuis des mois voire des années et qu'aucun ou presque ne trouvera de solution à son problème dans pareil délai on voit quel pistolet à eau Julliard compte utiliser pour éteindre l'incendie. Les socialistes parisiens, comme leurs collègues du gouvernement, sont de plus en plus tiraillés entre leurs pratiques clientélistes, leur discours droits-de-l'hommiste, le coût en hausse vertigineuse d'une politique d'aides sociales et sanitaires qui incite les clandestins à tenter leur chance et l'incapacité à mettre en place de vraies mesures de refoulement.

L'affaire est plus grave qu'elle n'y paraît pour ces belles âmes. La multiplication des campements et squats finira par irriter les bobos les plus bêlants.

Dans les systèmes politiquement verrouillés comme peut l'être celui de la municipalité parisienne, qui dispose encore de pas mal d'argent pour amuser le peuple et s'acheter des faveurs électorales, la pichenette susceptible de mettre à bas l'édifice de la corruption institutionnalisée est souvent donnée de l'extérieur, par une population que la bureaucratie ne parvient pas à canaliser et juguler. Les "migrants" sont de bons candidats à ce rôle déstabilisateur.

Aussi, jamais avare d'un conseil désintéressé, nous suggèrerons à notre maire/mairesse de montrer à la face du monde qu'elle croit vraiment aux vertus de la cohabitation, du vivre-ensemble et du caractère éducatif de la fête citado-balnéaire.

Pour cela, une solution : installer les migrants à Paris Plages, sur les quais de Seine ou les bords du canal de la Villette, ils sont vastes, un peu à l'écart des habitations et capables d'héberger les dizaines de milliers de pauvres hères dont la mairie prétend qu'elle comprend si bien le triste sort. De gadgets ces animations municipales pérennisées se transformeraient en lieux de fraternité susceptibles de valoir à Hidalgo un quelconque prix Nobel. Et que d'émulations en perspective, de fertilisations culturelles croisées par la cohabitation des ensablés et des déracinés ! Puisque Hidalgo entend de toute manière chasser définitivement les affreuses automobiles des quais de Seine, autant prendre de l'avance et que ce soit pour la bonne cause. Sûr que le Comité international olympique sera lui aussi sensible à ce geste de commisération planétaire excellent pour l'image de la capitale ...

2 - Pour inverser la courbe du chômage, il suffit de lui tourner le dos !

C'était simple, mais il fallait y penser. Les quelque 5,7 millions de chômeurs sont, chacun devrait l'avoir à l'esprit, bien plus nombreux que cela. Il faut en effet y ajouter 450 000 emplois aidés, que le gouvernement espère du reste accroître de 100 000 unités supplémentaires, de dizaines de milliers de jeunes en "service civique" et de 120 000 chômeurs licenciés pour raisons économiques et bénéficiant de "contrats de sécurisation professionnelle" qui ne sont pas comptabilisés par Pôle emploi. C'est évidemment sur ces astuces que François Hollande comptait, le moment venu, pour annoncer sa fameuse inversion, tablant sur le fait que la presse socialisante et subventionnée n'irait pas trop regarder dans les détails.

Mais cela ne suffit toujours pas ! Nous avons donc eu droit, cette dernière semaine, à une énième "modification des méthodes de classement" des chômeurs qui a consisté à faire passer certains demandeurs d'emploi des catégories A, B ou C vers les catégories D et E (demandeurs dispensés de "faire des actes positifs de recherche d'emploi") exclus du douloureux dénombrement. Cet escamotage a permis d'annoncer en juin une réduction du chômage de 0,3  % dans les catégories A, B et C, alors qu'ils étaient en réalité 25 000 de plus, dont 10 000 dans la catégorie A.

L'imagination de Pôle emploi n'est décidément jamais au chômage.

3 - Profond est le mal français

Selon un sondage en ligne du Point, près de 60 % des "répondants" sont favorables à un régime d'encadrement des loyers. Sachant que ce type de mesures bureaucratiques ne provoque au mieux que pénurie et conduit, au pire, à un délabrement lent du bâti que les propriétaires n'ont plus envie d'entretenir, on mesure à nouveau les ravages de l'inculture économique en France.

A lire, du même auteur : "La marche des lemmings… ou la 2e mort de Charlie - Le pouvoir de la manipulation et la manipulation au pouvoir", publié chez Ixelles Editions, 2015. Pour acheter ce livre,cliquez ici.

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