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Une journaliste française expulsée de Chine pour un article sur la région autonome ouïgour
©Reuters

Mauvais noël...

Une journaliste française expulsée de Chine pour un article sur la région autonome ouïgour

Ursula Gauthier, la correspondante de L’Obs à Pékin, doit désormais quitter le pays le 31 décembre.

Finalement, Ursula Gauthier devra quitter la Chine. Après un mois de campagne à son encontre par la presse officielle chinoise, la correspondante de L'Obs n'a pas vu sa carte de presse renouvelée dans le pays et doit désormais quitter la Chine le 21 décembre, comme elle l'a annoncée ce 25 décembre. "On m’a confirmé que si je ne faisais pas publiquement amende honorable (…) tout en me désolidarisant des ONG dénonçant à travers mon cas les atteintes à la liberté d’expression en Chine, ma carte de presse ne serait pas renouvelée et je devrais partir le 31 décembre."

Ce qui a provoqué la colère des autorités chinoises, c'est la publication d'un article dans la magazine français, le 18 novembre dernier, sur la lutte antiterroriste dans la région autonome ouïgour Xinjiang, dont la population est turcophone et musulmane. Le gouvernement chinois s'est toujours montré intraitable face aux minorités, notamment dans cette région où les attentats sont souvent aussi sanglants que la répression. Ainsi, la journaliste évoquait une opération dans la région juste après les attentats de Paris. 28 "terroristes"avaient alors été tués mais les autorités chinoises avaient exigé le black-out totale sur cet événement, jugé par de nombreux médias étrangers comme un "massacre." La correspondante a ainsi été accusée par les organes de presse officiels de "soutenir les terroristes."

Depuis la publication, Ursula Gauthier, tout comme l'ambassadeur de France ont eu des entretiens à plusieurs reprises pour tenter de dénouer la situation. Pour la journaliste, "il est légitime et crucial de raconter ce qui se passe au Xinjiang, comme on l’a fait pour la Tchétchénie et la Russie." Elle a donc refuser les excuses réclamées. "L’enjeu, ce n’est pas seulement moi. Si on cède sur mon cas, on trace un trait sur la possibilité pour les journalistes étrangers d’écrire librement sur ce qui se passe au Xinjiang aujourd’hui, et Dieu sait sur quoi demain."

Lu sur Le Monde

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