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Turquie : Erdogan a annoncé l’état d’urgence et purges intensifiées
©Reuters

Représailles

Turquie : Erdogan a annoncé l’état d’urgence et purges intensifiées

Le 20 juillet, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'instauration de l'état d'urgence pour trois mois et a intensifié la purge en Turquie, cinq jours après l'échec d'un coup d'Etat militaire.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé dans une allocution dans la soirée de 20 juillet, "l'instauration de l'état d'urgence pour une durée de trois mois", en rappelant que la France était elle aussi sous le même régime. Cette décision a été annoncée à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité nationale et d'un conseil des ministres à Ankara où le président est retourné mardi soir pour la première fois depuis le putsch avorté. Le Conseil de l'enseignement supérieur (YÖK) a également  interdit, jusqu'à nouvel ordre, toutes les missions à l'étranger des universitaires, a rapporté Anadolu.

L'état d'urgence permet notamment de décréter le couvre-feu, de restreindre le droit de manifester ou la liberté de circulation dans certains secteurs identifiés. Le coup de balai touche 55.000 personnes, notamment dans l'enseignement, la police, la justice, l'armée et les médias.

La tentative de prise du pouvoir par des militaires, dans la nuit de vendredi à samedi, a fait plus de 300 morts et semé le chaos, notamment à Ankara, où le parlement et le siège de la police ont été bombardés par les mutins. Cinq jours après ce coup le plus dur porté au règne de 13 ans de M. Erdogan sur la vie politique turque, environ 55 000 personnes ont été suspendues de leurs fonctions ou limogées, ressort-il du comptage de l'AFP à partir des chiffres officiels et des médias turcs. Plus de 9.000 suspects ont été placés en garde à vue ou arrêtés, sans que l'on sache s'ils étaient comptabilisés parmi les quelque 55 000 cibles des purges. Selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu, 99 généraux et amiraux ont été placés en détention provisoire en attente de leur procès. L'aide de camp de M. Erdogan, Ali Yacizi, est lui aussi détenu. Un nouveau bilan officiel des événements sanglants du putsch a fait état de 312 morts, dont 145 civils, 60 policiers et trois soldats. 104 rebelles ont été tués.

"D'autres pays pourraient être impliqués"

Une mesure "nécessaire pour éradiquer rapidement tous les éléments de l'organisation terroriste impliquée dans la tentative de coup d'Etat", a ajouté  Erdogan dans une allusion au prédicateur vivant en exil aux Etats-Unis Fethullah Gülen dont il réclame l'extradition.

Le président turc s'est dit convaincu que "d'autres pays pourraient être impliqués" dans ce putsch qui "n'est peut-être pas fini".

Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, a déploré que "presque quotidiennement, de nouvelles mesures sont prises qui sont contraires à un mode d'action respectant l'Etat de droit".

Cette mise en garde fait écho à celle formulée dès dimanche par le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault à qui le président turc a demandé mercredi de "se mêler de ses affaires".

Toutefois, Erdogan a été soutenu par secrétaire d'Etat américain John Kerry qui a refusé de "commenter" les purges opérées par Ankara.

Lu sur RFI

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