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Royaume-Uni : une djihadiste de l'EI ne regrette rien mais veut rentrer pour élever "tranquillement" son enfant
©FADEL SENNA / AFP

Sans gêne

Royaume-Uni : une djihadiste de l'EI ne regrette rien mais veut rentrer pour élever "tranquillement" son enfant

Le Royaume-Uni fait face à un cas de conscience, alors que la jeune femme possède un passeport britannique et a donc légalement le droit de rentrer.

La France n'est pas le seul pays occidental où le sujet du retour des djihadistes de l'Etat islamique et de leur famille fait débat. Au Royaume-Uni, cette problématique a pris le visage d'une jeune femme en particulier : Shamima Begum. Agée de 19 ans, cette jeune femme d'origine bangladaise née à Londres, avait rejoint l'Etat islamique en décembre 2014, alors qu'elle était âgée de 15 ans. Problème : maintenant que la fin du califat n'est plus qu'une question de jours, et puisqu'elle est cantonnée dans un camp de réfugiés du nord-est de la Syrie, elle souhaite désormais rentrer au Royaume-Uni.

Enceinte de neuf mois de son troisième enfant - les deux premiers sont morts pendant sa présence dans le Califat -, elle a confié au quotidien The Times vouloir "rentrer et vivre tranquillement avec (s)on enfant".  Dans la même interview, elle explique ne rien regretter de son engagement dans l'organisation djihadiste et ne pas avoir été "du tout troublée" par la vision d'une "tête coupée" d'un combattant ennemi dans une poubelle.  

Dans le Times, sa famille réclame de la "compassion" de la part des autorités. D'autres personnes sont sur la même longueur d'onde, à l'instar d'un éditorialiste du Times qui écrit que "l'envie de bannir la femme d'un djihadiste qui n'exprime aucun remord est compréhensible, mais le Royaume-Uni vaut mieux que ça".

Le responsable du MI6, le service de renseignement extérieur britannique, Alex Younger, rappelle que les djihadistes ont "le droit" de rentrer dans leur pays mais met en garde contre le fait que es personnes ayant rejoint l'EI "ont probablement acquis des compétences et des relations qui les rendent potentiellement très dangereux".

Le gouvernement, par contre, veut faire preuve de fermeté : "Nous devons nous rappeler que ceux qui ont quitté le Royaume-Uni pour rejoindre Daech étaient pleins de haine pour leur pays. Mon message est clair: si vous avez soutenu des organisations terroristes à l'étranger, je n'hésiterai pas à empêcher votre retour. Si vous parvenez à revenir, vous devez vous attendre à être interrogé, à faire l'objet d'une enquête et à être éventuellement poursuivi", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid.  

Selon une estimation des autorités britanniques datant de juin 2018, sur les 900 personnes ayant rejoint l'Etat islamique, environ 400 sont revenues au Royaume-Uni et seulement une quarantaine ont été poursuivies. 200 djihadistes partis de Grande-Bretagne se trouvent actuellement toujours dans la région.

L'Express

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