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Retraite chapeau de 21 millions d'euros : Philippe Varin y renonce
©REUTERS/Benoit Tessier

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Retraite chapeau de 21 millions d'euros : Philippe Varin y renonce

La polémique qui a duré toute la journée concernant la retraite chapeau du PDG de PSA vient de prendre fin.

Philippe Varin va quitter PSA, remplacé le 1er janvier prochain par Carlos Tavares. Ce mercredi, c'est la révélation du montant de la retraite chapeau qu'est censé toucher le futur ex-patron qui fait polémique. Philippe Varin devait, en effet, percevoir 21 millions d'euros sous forme de rente annuelle. Mais cette polémique est désormais terminée puisque Philippe Varin vient d'annoncer par le biais d'un communiqué qu'il renonçait à toucher une telle somme. 

"Je vous ai réunis ce soir pour vous faire part de ma décision concernant les conditions de ma retraite. J'ai indiqué ce matin que je ne toucherai pas un centime qui ne soit conforme aux recommandations du Haut Comité de Gouvernement d'Entreprise. Compte-tenu de la polémique que ce sujet a suscité, de l'émotion dans notre pays (...) J'ai décidé de renoncer aux dispositions actuelles de mes droits à retraite" a notamment écrit Philippe VarinCe n'est pas le premier dirigeant à agir de la sorte. En effet, auparavant d'autres grands patrons avaient opté pour la même solution. C'est le cas entre autres de Henri Proglio qui avait renoncé à toucher ses indemnités pour son activité de PDG de Veolia au titre de l'année 2010. 

Philippe Varin met donc un terme à la polémique qui a secoué toute la journée de mercredi la classe politique.  "Il faut évidemment tenir compte de la situation de l'entreprise, des sacrifices qui ont été faits par les salariés, tenir compte aussi du fait que l'Etat a accordé une garantie de 7 milliards d'euros pour la banque PSA finance" avait par exemple expliqué Pierre Moscovici, en sortant du conseil des ministres.

Le Medef, de son côté, dit saluer "le sens de la responsabilité et la décision courageuse de Philippe Varin" :

"C'est irresponsable et c'est une folie. Dans les circonstances actuelles et dans la situation dans laquelle se trouve Peugeot, si cela était confirmé, ce serait scandaleux et il faut immédiatement mener les procédures pour bloquer une telle affaire", estime Jean-Michel Baylet, président du PRG.

Même son de cloche chez Jean-Louis Borloo (UDI) : "Ça me parait un petit peu excessif. Le plus important pour moi, c'est de sauver PSA. C'est aux actionnaires d'en décider (...) c'est déjà arrivé que des dirigeants y renoncent, c'est arrivé en Suisse, en Allemagne, en France. Je n'ai pas à lui donner de leçon mais ça me parait excessif". L'ancien ministre Bruno Le Maire (UMP), qui se dit "choqué" par cette somme, estime que "Philippe Varin doit faire un geste significatif" envers les salariés du groupe PSA, à la tête duquel il a "échoué". Une idée partagée par Bernard Accoyer, l'ancien président UMP de l'Assemblée nationale : "Je pense qu'il serait bienvenu que les plus hauts dirigeants, lorsque les résultats ne sont pas satisfaisants, ne sont pas bons, et ils sont en passe de s'améliorer chez PSA mais ils n'ont pas été très brillants ces derniers temps, qu'il y ait en quelque sorte une diminution ou un renoncement de ces avantages. Je ne me permettrais pas d'intervenir dans ce domaine, c'est à lui d'y réfléchir".

S'il n'a rien contre le fait de voir un patron encaisser 21 millions d'euros, Malek Boutih (PS) pense que PSA ne peut pas se le permettre. "Si PSA était un groupe qui, sur ses propres émoluments, voulait donner 21 millions à quelqu'un qui part, il aurait la liberté, mais ce groupe vient de demander des aides extrêmement importantes à l'Etat, rappelle-t-il. Pourquoi on ferait souffrir les petits vieux, les anciens combattants, les associations, tout un petit peuple français qui se serre la ceinture et on offrirait 21 millions à ce Monsieur ? On pourrait lui offrir un pot de retraite, avec quelques cacahuètes".

Ce mercredi midi, Philippe Varin a réagi sur France Info et a dit "comprendre" l'émoi suscité par la somme allouée par son départ à la retraite. "A mon départ du groupe, le moment venu, je ne toucherai aucune indemnité de départ". Il a reconnu qu'il "bénéficiera d'une retraite complémentaire d'environ 300 000 euros nets annuel". 

Lu sur L'Expansion

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