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Le procès des prothèses mammaires frauduleuses PIP s'ouvre mercredi à Marseille.
Le procès des prothèses mammaires frauduleuses PIP s'ouvre mercredi à Marseille.
©Reuters

Scandale

Prothèses PIP : un procès déjà remis en cause par certains avocats

Des victimes et les prévenus souhaitent l'annulation ou le report de l'audience qui commence ce mercredi.

Que le grand procès commence… Un procès hors norme s'ouvre mercredi au tribunal correctionnel de Marseille : celui du scandale des prothèses mammaires PIP. Mais alors même qu'il reste encore un jour avant l'ouverture du procès, les avocats de certaines victimes le remettent déjà en cause.

Certains s'en prennent en effet à la juridiction marseillaise l'accusant notamment de partialité. Beaucoup reprochent également le choix du parquet d'avoir dissocié les différentes procédures pour avoir un premier procès le plus rapidement possible. La demande de dépaysement formulée par un avocat de la défense sera ainsi examinée dès mercredi deux heures avant l'ouverture des débats. Quant à Me Yves Haddad, avocat du fondateur de la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP) Jean-Claude Mas, il plaidera le renvoi car la citation à comparaître de son client n'est pas datée.

Beaucoup estiment également que tous les prévenus ne sont pas présents, et notamment TÜV (partie civile) ou encore l'ANSM.

Cinq dirigeants de l'ex-société PIP comparaîtront donc jusqu'au 17 mai pour tromperie aggravée et escroquerie. Ils sont en effet accusés d'avoir rempli des implants d'un gel de silicone "maison", non conforme qui ont fait près de 30 000 victimes en France et des milliers à l'étranger. L'usine de La Seyne-sur-Mer exportait en effet 80% de sa production en Amérique latine et en Europe de l'Ouest avant le scandale. L'entreprise était même le troisième fournisseur mondial au début des années 2000.

L'affaire avait commencé en mars de l'année 2010 en France lors d'une inspection de l'Afssaps, désormais ANSM, après que des chirurgiens aient fait état de ruptures de prothèses trop fréquentes. Les employés de La Seyne-sur-Mer avaient alors évoqué le gel fabriqué en interne. Peu de temps après, les implants étaient retirés du marché et la justice saisie.

Le gel frauduleux coûtait dix fois moins cher que le gel déclaré Nusil. Et le produit maison de se retrouver dans près de 75% des prothèses de la société.

Si Jean-Claude Mas assure que le gel PIP n'est pas nocif, le dernier bilan sur les explantations révèle pourtant plus de 4 100 cas de rupture d'implant et de réactions inflammatoires chez près de 2 700 femmes. Si rien n'indique pour le moment un risque accru de cancer selon les pouvoirs publics, une étude épidémiologique sur dix ans devrait toutefois être lancée par l'Inserm.

Lu sur Le Point

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