Revivez Mélenchon dans Des paroles et des actes : "je suis candidat à Matignon"<!-- --> | Atlantico.fr
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Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission de France 2 "Des Paroles et des Actes"
Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission de France 2 "Des Paroles et des Actes"
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Le coprésident du Parti de gauche a débattu avec Jacques Attali et Benoist Apparu. Et expliqué ce qu'il ferait s'il était premier ministre

Le direct est terminé. Retrouvez ci-dessous les éléments les plus importants qui ont été évoqués durant l'entretien de Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon est l'invité jeudi soir de l'émission de France 2 "Des paroles et des actes". Le coprésident du Parti de gauche répond aux questions des journalistes Nathalie Saint-Cricq, François Lenglet et Jeff Wittenberg. Dans une deuxième partie de l'émission, il fait face à Jacques Attali et au député UMP de la 4e circonscription de la Marne Benoist Apparu.

A quelques jours du premier anniversaire de l'arrivée au pouvoir de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon a appelé, au nom du Front de gauche, à une grande manifestation le 5 mai "pour une VIe République" et pour donner "un grand coup de balai" après l'affaire Cahuzac. Le leader du Front de Gauche se dit également prêt à prendre la place de Jean-Marc Ayrault et de devenir premier ministre.

Avant de commencer l'entretien avec les 3 journalistes, David Pujadas pose quelques questions d'actualité : il évoque en premier lieu la proposition de loi du Front de gauche sur l'amnistie syndicale à laquelle les socialistes sont opposés "Je suis consterné, et comme beaucoup blessé" explique Jean-Luc Mélenchon. Il juge "irrecevable" que le gouvernement mette sur le même plan "quelqu'un à qui l'on prend son outil de travail et quelqu'un à qui l'on ne prend rien" (en référence aux manifestants de la Manif pour Tous). "Les peines sont disproportionnées". Il commence en tout cas déjà à attaquer le gouvernement en place avec des petites phrases comme  "Valls le nouveau "scrogneugneu" de service". Il explique également que François Hollande lui avait "promis les yeux dans les yeux" qu'il appliquerait l'amnistie.

La seconde question : la "candidature" de M. Mélenchon pour devenir premier ministre à la place de Jean-Marc Ayrault. Il explique sa première décision : "il faut avancer sur 3 fronts : rassurer ; créer un moratoire sur la dette. Après on va parler à l'Allemagne, car nous sommes la 2e puissance de la zone euro." "Ensuite on redonne de la respiration au pays, des sous de la thune". pas plus de 5% de précaires dans les grandes entreprises et pas plus de 10% dans les petites".

Vocabulaire et éléments de langage : Interrogé par Nathalie Saint-Cricq sur son vocabulaire, Jean-Luc Mélenchon revendique de parler "cru et dru". Interrogé sur la violence de ses propos, il rétorque : "La violence est dans les rapports sociaux. (...) Quand un Moscovici décide qu'on va taxer tous les comptes en-dessous de 100 000 euros, il sait qu'il y a tous les petits. Moi je dis que c'est un comportement immoral." Après la révélation de l'affaire Cahuzac, il avait appelé à passer "un coup de balai". Selon lui "les institutions de notre pays doivent être remises en cause de fond en comble" pour mettre fin à “l’esprit de caste”.

Chômage : Interrogé sur PSA par François Lenglet, "tout part des emplois et du chômage de masse : tant que l'on ne règle pas ça, on fait du bricolage." "Je commence par ne pas me laisser intimidé par un patron qui a été le plus dur du pays." Il précise que s'il était à Matignon, il serait contre le fait que PSA rachète ses propres actions.

Economie : Il continue ensuite son explication : "Il y a récession, parce qu'il y a des politiques d'austérité. Les ouvriers de PSA ne peuvent pas s'acheter de voiture. La racine du problème est dans l'économie et les politiques d'austérité." Continuant son propos sur la crise de l'automobile en France et en Europe, il propose de réinventer la voiture pour qu'elle fonctionne avec d'autres types de carburant. 

 Austérité et relance de l'économie : Comment relancer l'économie ?  "D'abord nous allons voir nos 27 collègues : la BCE doit prêter directement aux Etats." Et si la BCE refuse, Mélenchon propose tout simplement d'arrêter de rembourser la dette. "Tout s'effondre". La France emprunte 8 milliards par semaine, si vous arrêtez de rembourse la dette comment allez vous continuer à emprunter ? Mélenchon estime qu'il pourrait se servir à la puissance du pays et au poids de la dette pour convaincre.  Pour relancer l'économie M. Mélenchon juge qu'il y a deux méthodes : "La méthode Hollande, "je vous donne 20 milliards et vous produisez n'importe quoi" et il y a la deuxième méthode [...] L'économie de la mer, l'aquaculture, la construction des bateaux [...] 50% de la population vit à moins de 100 km des côtes. La mer est l'avenir de l'humanité."

Allocations familiales : Sur la remise en cause des allocations familiales pour les familles les plus aisées, M. Mélenchon s'est montrée très opposé. Il ne veut pas que la discussion sur la politique familiale se résume à cette coupe dans les allocations familiales. "L'universalité des droits, c'est l'objectif que l'on se donne".

Retraites : Questionné sur le rapport entre cotisants et retraités (grâce à un des célèbres graphiques de François Lenglet) M. Mélenchon répond : "Depuis les années 80 la richesse du pays a doublé alors que la population n'a pas doublé [...]". Selon lui, la solution aux problèmes des retraites ne passe pas par le temps de cotisation mais par l'emploi.

Zone euro : M. Mélenchon, à présent interviewé par Jacques Attali, revient sur la thématique de la zone euro. "Le réel c'est que nous sommes au bord du gouffre et que la crise est réglée n'importe comment" au niveau européen. "Cette dette ne sera jamais payée" rajoute-t-il quelques minutes plus tard. Comme l'explique M. Attali, il y a quatre façons de régler ce problème : l'austérité, la guerre, l'inflation ou la mort. "C'est l'inflation qui m'intéresse" dit M. Mélenchon, qui propose de l'augmenter de 4 à 5 points. Une stratégie possible à l'échelle européenne selon Jacques Attali, mais pas à l'échelle nationale.

Interrogé par Benoist Apparu - député UMP de la 4e circonscription - M. Mélenchon a tenu à le féliciter d'avoir voté avec la gauche pour le mariage homosexuel. Après ses amabilités, le député explique que le problème de la France est le coût du travail, ce à quoi M. Mélenchon rétorque : "Nous avons une lourde et grave divergence. Vous pensez qu'il faut alléger le coût du travail. Je pense qu'il faut alléger le coût du capital".

Familier des petites phrases, Jean-Luc Mélenchon ne peut se priver de déclarer :  "Je ne dis pas que vous êtes un négrier, même si je le pense". Le député Apparu compare alors Jean-Luc Mélenchon à Beppe Grillo, l'italien ex-comique dont le parti a eu un résultat exceptionnel aux dernières élections législatives.

Pour M. Mélenchon, la solution à la crise est celle-ci : quand les travailleurs sont mieux payés, ils dépensent plus ce qui relance l'économie. Avant d'ajouter : "C'est nous qui avons les patrons les mieux payés d'Europe". Sortant ses notes, le leader du Front de Gauche explique : "Le coût du capital progresse deux fois plus vite que le coût du travail". Le problème selon lui est donc à chercher du côté des plus riches. Pour éviter la fuite de ces fameux plus riches, M. Mélenchon repropose d'appliquer "l'exit tax", principe qui existe aux Etats-Unis. (relire notre article sur l'exit taxe ici).

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