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Manuel Valls à Matignon : "se rocardiser" ou "faire de l'ombre au président", un quitte ou double selon la presse
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Manuel Valls à Matignon : "se rocardiser" ou "faire de l'ombre au président", un quitte ou double selon la presse

La nomination de l'ex-ministre de l'Intérieur au poste de Premier ministre a été décortiquée par les éditorialistes ce mardi.

François Hollande l'a dit lui-même, la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre est une "nouvelle étape" de son quinquennat. Le président de la République "joue son va-tout" comme le dit la une du Figaro de ce mardi mais il va devoir aussi lutter en interne pour garder son leadership en vue de 2017. Car pour bon nombre d'éditorialistes, le deuxième enjeu, plus politique, est là. Qui sortira grandi de cette période ? Manuel Valls va soit se "rocardiser", soit faire de "l'ombre au président".

Patrice Chabanet du journal de la Haute-Marne émet en effet cette hypothèse, posant la question directement :"Valls risque-t-il d'être rocardisé?". Il note aussi que "c'est le prix à payer pour ne pas attendre l'échéance présidentielle de 2022". Même analyse pour Yves Marec du Midi Libre qui écrit que "François Hollande vient de tuer son meilleur ennemi" et "nous repasse le film de Mitterrand qui étouffe le populaire Rocard à partir de 1988". Idem pour Cécile Cornudet des Echos. "Manuel Valls est un risque parce qu'il n'est pas certain qu'il réussisse à redresser le pays", "le pire, c'est qu'il est aussi un risque s'il réussit trop bien" souligne-t-elle. 

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Bruno Dive dans Sud-Ouest trouve aussi que le chef de l'Etat s'est "inspiré de son mentor socialiste, François Mitterrand". Pour Raymond Couraud de l'Alsace, la stratégie présidentielle est finement pensée car "en cas de réussite, le chef de l'État tirera les marrons du feu en 2017. En cas d'échec, il aura éliminé son principal concurrent à gauche, immolé comme son prédécesseur". "Valls se souvient que Mitterrand nomma, en 1988, son rival, Rocard, à Matignon pour "lever l'hypothèque Rocard". Mais il se croit plus malin", affirme Christine Clerc dans Le Télégramme.

"D'autres socialistes s'inquiètent surtout de la popularité arrogante de l'ancien ministre de l?Intérieur qui pourrait rapidement faire beaucoup d'ombre au président" estime Christophe Hérigault de La Nouvelle République du Centre-ouest. Pour Le Croix, le président "a donné une réponse nette" en nommant Manuel Valls". Dans L'Humanité, Patrick Apel-Muller regrette que l'arrivée de Valls "confirme que François Hollande est malentendant, voire sourd au pays" et prévient que "le choix de Manuel Valls rassure la droite, inquiète la gauche et froisse des écologistes"; Bref, les éditorialistes ne sont pas vraiment certains que la choix de Valls soit vraiment un bien pour le pays. Mais peut-être plus pour François Hollande lui-même.

 

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