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Le plan de Jean-Pierre Chevènement pour réformer l'islam de France
©Reuters

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Le plan de Jean-Pierre Chevènement pour réformer l'islam de France

L'ancien ministre, qui va prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, est déjà la cible des critiques à gauche.

La fracture s'annonce béante dans les mois à venir à gauche. Lorsque l'on parle d'islam, deux visions s'affrontent : la laïcité stricte et celle qui se veut plus "réaliste". A l'instar de Manuel Valls, Jean-Pierre Chevènement a rejoint le premier mouvement et n'échappe pas aux critiques, alors qu'il s'apprête à prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France. Dans une interview au Figaro, il annonce les grandes lignes de son plan de réforme et répond "aux procès d'intention fielleux" qui lui sont faits "par quelques snipers de plume et de micro" dont il serait "la cible depuis très longtemps." Voici les points à retenir de l'interview :

Les 135 nationalités à Saint-Denis : sur France Inter, l'ancien ministre affirmait qu'il y avait 135 nationalités à Saint-Denis dont "une qui a quasiment disparu", sous-entendu la nationalité française. Une sortie maladroite, puisque 70% des habitants sont français dans cette commune, qu'a tenté de rattraper l'intéressé. "Je parlais évidemment de la classe ouvrière française" clame-t-il. "J'ai pris l'exemple de Saint-Denis, j'aurai pu en prendre d'autres. C'est un fait qu'il y a 135 nationalités à Saint-Denis mais dans mon esprit c'est le communautarisme qui pose problème et j'ai évoqué très clairement la disparition de la classe ouvrière française traditionnelle qui constituait un puissant facteur d'intégration."

La demande "discrétion" : autre point de tension, la demande de "discrétion" des musulmans de France. "Je n'ai recommandé «la discrétion» que dans l'espace public de débat qui est un espace commun à tous les citoyens où j'incite non seulement les musulmans mais toutes les religions à s'exprimer de manière argumentée plutôt que par la proclamation de leur Révélation" souligne Jean-Pierre Chevènement. "Je ne suis pas naïf. Les théoriciens et les stratèges de Daech ne se cachent pas de vouloir jeter notre pays dans la guerre civile. Les tenants du communautarisme leur apportent leur aide, inconsciemment, je veux le croire."

Le financement de l'islam de France : "Premièrement, il y a tout ce qui n'est pas cultuel pour lequel le financement public est autorisé. Par exemple, la formation civique, juridique, linguistique des imams. Les recherches en islamologie. L'action éducative et sociale en direction des organismes de jeunesse. Rien de tout cela n'est cultuel et, par conséquent, l'État doit pouvoir y contribuer mais aussi des donateurs publics ou privés ainsi que l'immense masse des fidèles (…) Le ministre de l'Intérieur a aussi évoqué une redevance sur le halal. Un tel financement n'ira pas à la fondation mais à l'association cultuelle. L'origine exclusivement française des fonds constitue une des conditions pour que l'islam de France s'autonomise par rapport à des influences dont toutes d'ailleurs ne sont pas mal intentionnées."

La formation des imams : "Il y a eu des négociations entre le ministère des Affaires religieuses de l'Algérie ou encore avec le Maroc pour établir les conditions selon lesquelles les imams peuvent être religieusement formés dans ces pays qui combattent comme nous le terrorisme djihadiste. Toutefois, ces imams devront être francophones et astreints à passer, en France, le diplôme universitaire de formation juridique et civique qui existe dans une douzaine d'universités. Par la suite, on leur demandera d'être titulaires d'un diplôme d'islamologie."

Lu sur Le Figaro

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