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Le Cevipof dénonce un renouveau limité d'En Marche !
©Capture d'écran Dailymotion

Malaise…

Le Cevipof dénonce un renouveau limité d'En Marche !

"La plupart de ces candidats ont eu dans le passé un engagement de type politique assez diversifié et leurs origines socioprofessionnelles sont particulièrement étroites", indique Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS qui a mené une enquête sur le mouvement d'Emmanuel Macron.

Dès son lancement, La République en Marche a affiché sa volonté d'engager un renouveau politique. Selon une étude du Cevipof, le centre d'études politiques de Sciences Po, cette mission ne serait qu'en partie remplie.

Des candidats pas si novices en politique

Tout d'abord, Cevipof, qui a analysé le profil des candidats issus de la société civile du mouvement d'Emmanuel Macron, indique que 222 candidats ont exercé ou exercent un mandat. Parmi eux, on trouve notamment 25 députés, 32 conseillers régionaux et 76 maires. L'étude explique alors que seulement 35,5% des candidats n'ont jamais été politisés. "On prend en compte ici le fait d’avoir détenu au moins une fois un mandat électif, d’avoir été candidat à une élection, même sans être encarté, ou d’avoir participé à des appareils politiques comme conseiller, d’avoir été membre de cabinets ministériels, d’avoir été nommé au Conseil économique, social et environnemental ou d’avoir des responsabilités dans des établissements publics locaux", précise l'étude, pour expliquer sa méthode de calcul.

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En outre, Cevipof précise que même si un tiers des novices n'a jamais été élus, ils ont été socialisés politiquement au cours de leur parcours. Des membres de la société civile, comme par exemple des chefs d'entreprises, s'avèrent être anciens assistants parlementaires. "Un certain nombre de gérants ou de directeurs d’entreprises privées sont également membres des organismes consulaires tels que les chambres de commerce ou d’industrie, des médecins sont les responsables du Samu départemental, des agriculteurs sont des dirigeants d’associations professionnelles et les cadres territoriaux, du fait de leurs fonctions, par exemple, de directeurs des services municipaux, sont en contact étroit avec les autorités politiques", précise Luc Rouban, l'auteur de cette enquête.

68,6% des candidats issus des classes supérieures

Concernant le profil professionnel et social des candidats LREM, l'étude pointe l'absence d'ouverture ou de réelle "diversification". "Le renouvellement du personnel politique ne passe pas seulement par le recrutement de candidats qui n’ont pas d’expérience électorale. Il implique également une ouverture et une diversification de leur recrutement social afin que les élus ne puissent plus être considérés comme les représentants d’une oligarchie qui s’auto-reproduit", explique l'étude, avant de préciser que "sur ce terrain, le renouvellement n’a pas eu lieu, bien au contraire". 

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En effet, selon Cevipof, parmi les futurs députés d'Emmanuel Macron, on retrouve plus de 17% de chefs d'entreprise (de PME et TPE principalement), 20% de cadres supérieurs ou dirigeants d'entreprises, 12% de personnes issues de professions libérales. Ainsi, les candidats issus de classes supérieures (68,6%) seraient plus nombreux que ceux issus des classes moyennes (23%) et des classes populaires (8,5%). La situation serait encore plus contrastée chez les novices.

Les effets secondaires

"La recherche de nouveaux profils a renforcé une fermeture sociale que les partis politiques traditionnels avaient pu compenser par l'organisation de carrières au sein de leurs appareils qui permettaient à des candidats d’origine modeste de progresser sur le plan social", conclut Luc Rouban. 

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"Cette fonction de mobilité sociale ascendante par la politique pourrait être remise en cause par la généralisation d’un recrutement direct ne profitant qu’à des personnes déjà suffisamment dotées en ressources sociales pour tenter l’aventure électorale", prévient-il. 

Lu sur BFMTV

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