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La blague de Macron sur les "kwassa-kwassa": les Comores exigent des excuses
©SEBASTIEN BOZON / AFP

Bêtise

La blague de Macron sur les "kwassa-kwassa": les Comores exigent des excuses

Selon le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, la plaisanterie du président français était "choquante et méprisante".

Décidément la blague d'Emmanuel Macron sur les kwassa-kwassa n'est pas passée inaperçue. Jeudi 1er juin, à l'occasion d'un déplacement en Bretagne, le président de la République avait en effet plaisanté au sujet de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens essayant de rejoindre le département français, Mayotte. "Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c'est différent", avait lancé Emmanuel Macron lors d'un échange avec des responsables d'un centre régional d'observation et de sauvetage. Cette séquence, diffusée vendredi soir par Quotidien, a fait polémique et pas qu'en France…

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"On attend une mise au point sérieuse de l'Élysée"

En effet, ce lundi 5 juin, le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, a exigé des excuses du président français. "Ce sont des propos choquants et méprisants. Le peuple comorien a droit à la dignité et des excuses sont nécessaires. L'emploi du mot 'du' est méprisant. Nous sommes choqués. On attend une mise au point sérieuse de l'Élysée. J'ai convoqué l'ambassadeur de France pour lui faire part de notre indignation", a fait savoir le chef de la diplomatie comorienne à l'AFP.

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Pour lui, "il y a un contexte douloureux lié aux kwassa-kwassa que Macron ne peut ignorer". "Il y a de nombreuses pertes en mer entre Anjouan et Mayotte, (...) des familles perdent des proches, des fils, des enfants... Ce n'est pas un sujet qui se prête à l'humour... c'est cela qui a choqué les Comoriens", a-t-il insisté. En effet, les migrants, qui empruntent les "kwassa-kwassa" pour rallier les côtes de Mayotte, mettent souvent leurs vies en péril. Ces traversées ont causé "entre 7 000 et 10 000 morts depuis 1995", selon un rapport du Sénat français de 2012.

Une "déclaration inconsidérée" à mettre "sur le compte de la jeunesse"

De son côté, la présidence comorienne a estimé que cette "déclaration inconsidérée" était à mettre "sur le compte de la jeunesse" du président français. "Les traversées périlleuses des Comoriens entre Anjouan et Mayotte est un sujet qui mérite plus que la plaisanterie ou le sarcasme", a déclaré à l'AFP, Said Ali Said Ahmed, le conseiller chargé de la communication du président Azali Assoumani. "Mais maintenant que le Président Macron a mis le sujet sur la place publique d'une façon inappropriée, il convient de trouver une solution à ce drame", a-t-il ajouté.

 

Lu sur franceinfo

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