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L'étrange destin du modeste soldat tchétchène devenu le chef de guerre le plus redouté de l'Etat islamique
©Capture d'écran du site du Seattle Times

Sombre histoire

L'étrange destin du modeste soldat tchétchène devenu le chef de guerre le plus redouté de l'Etat islamique

Tarkhan Batirashvilin était un soldat de l'armée géorgienne, entraîné par les Américains. Désormais connu sous le nom d'Abu Omar al-Shishani, il est devenu l'un des principaux leaders de l'EI.

Comment passer du statut de rejeton des classes modestes géorgiennes à celui de combattant le plus redouté de l'Etat islamique? C'est l'étrange destin de Tarkhan Batirashvilin, plus connu aujourd'hui sous le nom d'Abu Omar al-Shishani, devenu le non-arabe le plus important de groupe djihadiste.

Né  dans un village de la communauté tchétchène, dans un pays à grande majorité orthodoxe, Tarkhan Batirashvilin s'est très vite tourné vers le métier de soldat. Formé par l'armée géorgienne, il a rapidement démontré des capacités extraordinaires. "Nous l'avons bien entraîné, et nous avons eu beaucoup d'aide de la part des Américains", a confié un responsable militaire géorgien. "Les forces spéciales américaines nous ont entraînées de la meilleure façon possible et lui était déjà une star", renchérit un de ses anciens camarades. "C'était le combattant parfait."

A l'époque, personne autour de lui ne remarque des tendances extrémistes. Mais une nouvelle mosquée financée par l'Arabie Saoudite dans sa région natale aurait commencé à propager un islam de plus en plus radical. De plus en plus de jeunes Tchétchènes auraient alors souhaité partir faire le djihad.

La légende de Tarkhan Batirashvilin s'est abord construite lors de la guerre avec la Russie en 2008. Si Moscou a écrasé la rébellion en quelques jours, les exploits du combattant sont devenus légendaire.

Après avoir été accusé de possessions d'armes, il disparaît de Géorgie en 2012. On le retrouvé alors en Syrie, émir d'un groupe de combattants lié à Al-Qaïda. "Il était très au point sur les tactiques militaire", raconte un combattant. "Il disait que nous ne devions pas avoir peur de mourir, que nous irions au paradis, que nous nous marierons à des vierges aux yeux noirs, et mangerions en compagnie du Prophète."

Ce ne serait que vers 2013 qu'il aurait rejoint l'Etat islamique.  Ce dernier a utilisé des méthodes de storytelling à l'américaine pour faire la promotion de son combattant, venu d'un milieu modeste de Géorgie, devenu l'un des personnages clés de l'EI et un de ses commandants les plus redoutés.

Son influence serait très importante. Depuis son allégeance à l'Etat islamique, des milliers de Caucasiens seraient partis en Syrie pour rejoindre la cause extrémiste. "Amplifiée par la propagande de Daesh, l'histoire de Batirashvili a légitimé la cause de l'EI dans le Caucase grâce à ses exploits militaires. Beaucoup de jeunes veulent servir dans son escouaden explique un analyste."

Les Tchétchènes seraient d'ailleurs le principal groupe d'étrangers à se battre dans les rangs de l'EI.

Lu sur The Seattle Times

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