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Kobané en proie aux affrontements depuis plusieurs semaines
Kobané en proie aux affrontements depuis plusieurs semaines
©Reuters

Barbarie

Kobané : les survivants racontent l'horreur du massacre

Les combats se poursuivent dans la ville située à la frontière entre la Syrie et la Turquie entre l'Etat islamique et les combattants kurdes.

Kobané, ville située à la frontière entre la Syrie et la Turquie, est devenue le symbole de la lutte contre l'Etat islamique. Vendredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les combattants de l'EI contrôlaient désormais 40% de la ville, prenant même le quartier général des forces kurdes. Selon des journalistes, le drapeau noir de l'Etat islamique flotte sur les bâtiments pris par les djihadistes, alors que des tirs de mitrailleuses se font entendre dans toute la zone. Des colonnes de fumée grise s'échappent de la ville. Dimanche, pourtant, face à la résistance des combattants kurdes, Daesh envoyait des renforts militaires venus d'al-Raqqa, fief des djihadistes, situé à plus de 100 kilomètres de Kobané. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon redoutant alors un véritable "massacre".

Les premiers témoignages confirment cette crainte. "J'ai vu des centaines de corps sans tête dans les rues, parfois il leur manque une main ou une jambe. Certains ont eu la langue ou les yeux arrachés. Les têtes sont exposées dans les rues de la ville pour effrayer la population", raconte Amin Fajar. Ce maçon de Kobané s'est enfui avec sa femme et ses quatre enfants, âgés de trois à douze ans. "Mes enfants ont vu des corps sans tête", raconte-t-il calmement dans une tente du camp de réfugiés de Suruc, localité turque située à quelques kilomètres de la frontière avec la Syrie.  

Dillyar, 13 ans, a vu son cousin de 20 ans se faire tuer sous ses yeux, alors qu'ils tentaient de s'enfuir de Kobané avant d'être interceptés par des djihadistes. "Mohammed a été mis à terre puis les combattants vêtus de noir l'ont décapité à la scie en hurlant 'Allah Akbar'", raconte l'adolescent. Le cousin d'Ahmed Bakkhi, un autre réfugié, a également été décapité. "Nous avons appelé à sa ferme, ce sont les combattants de l'Etat islamique qui ont répondu, raconte l'homme. Ils nous ont dit qu'ils avaient sa tête…"

Le récit d'Ahmed Bakkhi ne s'arrête pas là : "Mon voisin a été décapité car il livrait des légumes aux non-croyants. Ils ont brûlé sa ferme, son bétail et même ses abeilles, ils ont tout détruit." Selon les réfugiés, ces pratiquants de la politique de la "terre brûlée", serait des djihadistes étrangers. "Ce sont des Tchétchènes, des Britanniques, ils viennent de toute l'Europe. Nous les reconnaissons car nous entendons leurs accents", poursuit Ahmed Bakkhi.

Selon l'ONU, il reste encore 700 civils à Kobané, principalement des personnes âgées. Ils seraient 13 000 dans la zone contrôlée par l'Etat islamique. Un représentant de l'ONU a brandi le spectre d'un nouveau Srebrenica, où 8000 musulmans avaient été massacrés lors de la guerre de Bosnie. Ce week-end, les forces de la coalition ont sommé la Turquie à intervenir dans ce combat. Les Etats-Unis exprimaient leur frustration devant les réticences d'Ankara à s'engager militairement en Syrie. La Turquie a alors décidé dimanche d'autoriser l'armée américaine à utiliser ses bases militaires. 

lu sur le Daily Mail

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