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James Foley : les ravisseurs du journaliste réclamaient une rançon de 100 millions d'euros, Washington a refusé
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Controverse

James Foley : les ravisseurs du journaliste réclamaient une rançon de 100 millions d'euros, Washington a refusé

Le Global Post a publié un email envoyé par les membres de l'Etat islamique à la famille de James Foley. Dans ce message, les djihadistes expliquent notamment que "d'autres gouvernements" ont accepté "des transactions en liquide" pour obtenir la libération d'otages.

Les ravisseurs de James Foley réclamaient 100 millions d'euros pour sa libération. Par ailleurs, une semaine avant de diffuser la vidéo de l'exécution du journaliste, ils ont envoyé un email à sa famille dans lequel ils menaçaient de le tuer. C'est ce qu'a annoncé jeudi 21 août le Global Post, l'un des employeurs de la victime. Le journal a publié l'email en question dans son intégralité. Dans ce message, les djihadistes de l'Etat islamique expliquent que "d'autres gouvernements" ont accepté "des transactions en liquide" pour obtenir la libération d'otages. Ils affirment aussi avoir proposé d'échanger James Foley contre Aafia Siddiqui, une Pakistanaise emprisonnée aux Etats-Unis pour avoir tenté de tirer sur des soldats américains en 2008 en Afghanistan, alors qu'elle était détenue pour ses liens présumés avec al-Qaïda. Par ailleurs, le PDG du GlobalPost, Philip Balboni a confirmé que "que la première rançon exigée par les ravisseurs de Jim Foley était de 100 millions d'euros".

Jim Foley travaillait pour le GlobalPost quand il a été enlevé en novembre 2012 en Syrie. Mercredi 20 août, Philip Balboni avait déclaré avoir été en contact, ainsi que la famille Foley, avec les djihadistes de l'Etat islamique qui, selon lui, avaient "exprimé au départ le désir de négocier" la libération du journaliste. Interrogé par CNN, Balboni a expliqué que "les ravisseurs n'ont jamais réellement négocié" sur la somme demandée. Ils ont simplement fait part de leurs exigences au cours d'une dizaine de contacts. "Nous n'avons jamais pris cette somme de 100 millions d'euros au sérieux", a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé qu'il avait essayé, avec la famille du journaliste, de réunir les fonds équivalent aux montants qui auraient été versés pour obtenir la libération de plusieurs otages européens plus tôt cette année. Or les sommes évoquées (aucun gouvernement n'a reconnu le paiement de rançons) étaient "très inférieures" à ce que réclamaient les djihadistes en échange de James Foley. Les négociations ont donc stagné et les ravisseurs se sont tus jusqu'à ce message envoyé à la famille la prévenant que leur fils allait être tué. Puis, le 13 août, ils ont diffusé cette vidéo montrant l'exécution du journaliste de 40 ans.

A cette occasion, la porte-parole du département d'Etat Marie Harf a rappelé que le gouvernement américain "ne faisait pas de concessions aux terroristes"."Nous ne payons pas de rançons" afin de ne "pas financer le terrorisme", a insisté la responsable américaine, évaluant à "des millions de dollars" la manne des rapts perçue en 2014 par les djihadistes de l'EI. "Nous appliquons cette politique depuis très longtemps. Pour protéger nos ressortissants à l'étranger et aussi pour ne pas fournir aux terroristes les financements dont ils ont besoin pour perpétrer leurs actes odieux", a expliqué Marie Harf.

Fin juillet, le New York Times dénonçait cette politique, révélant que la France avait donné des millions d'euros à Al-Qaïda pour libérer ses otages. Mais comme l'a expliqué jeudi 21 août le journaliste et ex-otage Nicolas Hénin, les journalistes américains "vivent la détention de façon différente. Pour eux, la crainte est beaucoup plus forte. Ils savent que contrairement à nous leur gouvernement ne négocie pas".

Lu sur Le Nouvel Observateur

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