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France : les jeunes sont la génération la plus sacrifiée selon une étude
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France : les jeunes sont la génération la plus sacrifiée selon une étude

Selon une nouvelle étude parue en juin dans la revue Social Forces, la France arrive en tête du classement des inégalités entre les différentes générations.

A en croire la dernière thèse de Louis Chauvel, sociologue à l'université du Luxembourg, notre pays possède une nouvelle spécificité peu flatteuse. Sur 17 pays occidentaux, c'est la jeunesse française qui serait la plus sacrifiée. Louis Chauvel explique que, si les jeunes nés autour de 1975 avaient pu suivre la tendance de "croissance exceptionnelle" des niveaux de vie dont ont bénéficié les personnes nées entre 1929 et 1950, leur niveau de vie serait, selon lui, 30% plus élevé qu'il ne l'est actuellement.  L'Espagne, quant à elle, arrive juste après la France sur le podium et mesure son fossé générationnel à 24%.

"Depuis 1984 en France, par rapport à celui des sexagénaires, le niveau de vie relatif des trentenaires a perdu 17%", précise-t-il. Ce constat, lié à un effet de génération, s'explique aussi par le taux de chômage record chez les jeunes, mais pas seulement. "Nous voyons surtout la baisse des salaires nets subie par les nouveaux entrants, dont l'ancienneté future ne permettra jamais de remédier au choc initial", indique le sociologue. Les jeunes qui entrent sur le marché du travail ont beau être plus diplômés que leurs parents, ils sont moins bien rémunérés. C'est "l'effet cicatrice".

L'Etat français aurait, par ailleurs, écarté sa jeunesse du travail valorisant.  A l'inverse, les pays nordiques et anglo-saxons auraient optimisé sur le travail et l'avenir plutôt que sur les droits liés à la séniorité, l'intangibilité des retraites et la protection des inclus. L'Allemagne, qui dispose à priori du même système que le notre, a, elle aussi, mis la priorité sur sa jeunesse.

Cette étude ne fait néanmoins pas l'unanimité chez les sociologues. Pour Olivier Galland notamment, sociologue de la jeunesse et directeur de recherche au CNRS, les conclusions de Louis Chauvel sont "très excessives". Il rappelle qu'une étude de l'Insee sur le niveau de vie par âge a déjà avancé d'autres résultats. Celle-ci "montre que, de la fin des années 1980 aux années 2000, la croissance a permis à chaque génération de disposer d'un niveau de vie supérieur à la précédente". 

Lu sur lemonde.fr

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